AESH : mobilisation pour une vraie reconnaissance

Temps de lecture : 3 min.
Publié le 3 oct. 2023
Malgré des évolutions sensibles de la rémunération des AESH et un passage en CDI au bout de 3 ans à la rentrée, la CGT poursuit sa bataille pour une véritable reconnaissance de cette profession extrêmement féminisée et plus largement pour l’ensemble des métiers du soin et du lien, un enjeu pour l’égalité femmes-hommes et plus largement pour l’ensemble de la société.  
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AESH ©BRUNO LEVY divergences images

Mardi 3 octobre, un mois après la rentrée des classes, la CGT Éduc’action appelle à une journée de mobilisation des AESH - Accompagnant·e des Elèves en Situation de Handicap- Ces professionnel·les (plus de 92% sont des femmes) exigent une vraie reconnaissance. 

La CGT exige une vraie reconnaissance du métier d’AESH

Le plan de « revalorisation » pour les personnels de l’Éducation nationale et la révision de la grille de salaire est simplement « inacceptable » pour la CGT Éduc’action. 

Pour le syndicat qui a lancé l'appel à la grève le 3 octobre, « Tout cela reste encore très loin de la promesse des 10% d’augmentation et ne répond toujours pas aux revendications d’un statut, d’un temps complet à 24H d’accompagnement élève et de l’abandon des PIAL. Le gouvernement est plus déterminé que jamais dans la recherche du complément d’activité pour assurer « un temps complet ». Deux pistes se dessinent clairement : le contrat « bifaces » Éducation nationale et collectivités territoriales et la fusion de 2 métiers, AESH et AEd ( Assistant·e D’Education). »

[lire aussi l'interview dans Libération du 3 octobre d'Anne Falciola, AESH en collège dans l’académie de Lyon et membre du pôle AESH Educ’action de la CGT]

« Mon métier le vaut bien »

Cette bataille pour la reconnaissance des AESH s’inscrit dans la campagne CGT « investir dans les secteurs du soin et du lien, revaloriser les métiers à prédominance féminine ». 

Lancée en 2021 dans le cadre de la mobilisation syndicale mondiale de la CSI ( Confédération Syndicale Internationale), la campagne de la CGT s’appuie sur les mobilisations des salarié·es dans le secteur de la santé, de la petite enfance, du grand âge ou encore dans l’action sociale. C’est dans ce cadre que la CGT a lancé l’année suivante, une grande enquête « mon métier le vaut bien » auprès de 15 professions du soin et du lien aux autres. 

La revalorisation des métiers du soin et du lien est estimée à 35 milliards d'euros... soit 1,4% du PIB !

Les résultats de cette enquête a servi à l’étude de l’IRES lancée par la CGT. Celle-ci a chiffré le cout que représenterait pour l’Etat une augmentation des salaires et des recrutements dans le secteur. Cette étude sera présentée et discutée lors d’une journée d’étude au CESE le 9 novembre 2023.

Ouvert à tou·tes( voir programme et s’inscrire ici), cette journée sera un point d’appui pour poursuivre le travail engagé sur le terrain pour garantir une véritable égalité professionnelles femmes-hommes et plus largement pour garantir à l'ensemble de la population l'accès aux services publics et aux soins.  

L'engagement de la CGT pour la reconnaissance du métier d'AESH

Interview d’Elena Blond, secrétaire nationale CGT Educ’action, animatrice du pole AESH.

AESH ? Une grande majorité de la population ne connaît pas ce métier…

Si le terme AESH est récent, le métier d’accompagnant·e des élèves en situation de handicap a été créé avec l’ambition de développer l’inclusion en milieu scolaire. Les postes sont apparus petit à petit, mais c’est à partir de 2010 que la demande est montée en puissance. Aujourd’hui, avec plus de 132 000 agent·es, les AESH représentent le deuxième corps de l’Éducation nationale.

Plus de 93% des emplois d’AESH sont occupés par des femmes. Leur contrat est précaire, les 24H d’accompagnement·e ne sont pas reconnu·es à temps complet ce qui entraine un salaire en moyenne de 870€ nets. Enfin, la formation est quasi-inexistante (60 heures la première année, dont une partie en distanciel). Pour autant, le métier demande une haute technicité. D’ailleurs, plus de 85% des professionnel·les qui occupent cet emploi ont au minimum BAC à Bac + 4.

La CGT Educ’action est-elle s’implantée chez les AESH ?

Depuis sept ans maintenant, la CGT Educ’action a développé son activité dans ce champ. Le premier combat que nous menons, avec les autres organisations syndicales, c’est sur la reconnaissance statutaire de fonctionnaire de catégorie B. Ce sont des emplois pérennes qui contribuent à la réussite de l’inclusion des élèves en situation de handicap. Notre engagement auprès des précaires n’est plus à démontrer, c’est pourquoi très vite, nous nous sommes développés auprès des AESH. Depuis, notre implantation auprès de ces personnels ne cesse de croître, lors de notre dernier congrès nous avons voté un pôle AESH. Le choix de la CGT de créer un pôle national AESH est unique dans le paysage syndical et cela se ressent dans notre activité.

Concrètement, comment s’organise la lutte pour la reconnaissance de ce métier ?

De tous les métiers du soin et du lien, le métier d’AESH est le plus emblématique. Aussi, l’an dernier, nous avons relayé le questionnaire de la CGT « mon métier le vaut bien ». Mais il a été compliqué de « capter » suffisamment de retours. Car les AESH sont isolé·es et nous avons des difficultés à les toucher même par le numérique.

Nous avons fait le choix de construire une lutte dans le temps et de créer un rapport de forces. Nous outillons les camarades dans les départements pour porter les arguments et les revendications dans les inspections académiques. Localement, nous obtenons des avancées qui malheureusement restent souvent l’application stricte du droit (respect des missions, jours de fractionnement, temps de travail…). Mais il est certain que ces mobilisations, qui ne faiblissent pas, contribuent à installer un rapport de force obligeant le ministère à faire des propositions notamment sur les questions salariales. 

 

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