Violences faites aux femmes : un manque d’ambition et de moyens criant

Imagette
Publié le 9 mar 2020
Temps de lecture : 3 min.
Dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes ce dimanche 8 mars, la CGT se mobilise et met en avant ses propositions pour lutter contre les discriminations au travail et les violences faîtes aux femmes dans la société et pour l'égalité salariale.

Malgré une mobilisation record en 2019, les annonces gouvernementales une nouvelle fois décevantes et sont bien en deçà des attentes des acteurs de terrain. 

Après une mobilisation record : la colère

C’est le temps de la colère pour les associations et la CGT qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles en France. Après la marche historique du 23 novembre 2019, qui a rassemblé 150 000 personnes en France, notamment au cri de « on veut un milliard, pas un million », les arbitrages du gouvernement à l’issue de Grenelle des violences conjugales, ont sérieusement déçu.

Manifestation Nous Toutes
Manifestation Nous Toutes du 23 novembre 2019

 

L’enveloppe de 361,5 millions d’euros n’est qu’une simple reconduction de la somme déjà allouée l’an dernier, dénonce Sophie Binet, dirigeante confédérale de la CGT. Quant aux mesures annoncées, c’est pour beaucoup du recyclage.

Ainsi de la formation des enseignants à l’égalité hommes-femmes. Un dispositif qui existe déjà au moins depuis 2013 et a été limité lors de la remise en cause de « l’ABCD » de l’égalité.

1 000 nouvelles places d’hébergement seront également créés, le secret médical sera levé pour les médecins en cas d’urgence et les auteurs de violences seront équipés de 1 000 bracelets anti-rapprochement. Ils devraient également être pris en charge dans deux centres d’hébergement – par département – dédiés à leur suivi, qui ne seront pas cependant opérationnels avant la fin du quinquennat.

Une grille d’évaluation des risques sera également disponible dans les commissariats et 80 postes supplémentaires de travailleurs sociaux (271 actuellement) devraient être créés d’ici 2021 pour intervenir dans les commissariats…

Des mesures sans chiffrage précis et sans moyens humains supplémentaires pour former les professionnels, accueillir et accompagner les victimes.

Comment dès lors prévenir la récidive, se demande notre organisation ?

Surtout, rien n’est proposé pour assurer l’indépendance économique et le travail des femmes, afin de leur permettre d’échapper au phénomène d’emprise.

Une aberration pour la CGT, qui appelle depuis longtemps à la formation des policiers, gendarmes et magistrats (80 % des plaintes transmises au parquet sont classées sans suite) et à l’obtention de mesures concrètes au travail pour protéger les femmes.

À l’image de ces accords déjà signés par la CGT sur les lieux de travail pour protéger les victimes : 

  • à la CNAF, une procédure-type et des autorisations d’absences rémunérées ont été mises en place ;
  • à la Poste, les victimes ont droit à une mobilité géographique et fonctionnelle ;
  • chez Orange Monde, elles bénéficient d’horaires spéciaux, de relogement et d’une aide économique d'urgence.

Autant de modèles à dupliquer dans toutes les entreprises demande la CGT.

La CGT appelle à continuer la mobilisation  notamment pour défendre l’égalité salariale et professionnelle, indispensable pour garantir l’indépendance économique des femmes, dont 40 % touchent des pensions nette de moins de 900 euros. Une situation qui ne fera que s’aggraver avec le projet de réforme du gouvernement.

A voir aussi

Actualité

Investir dans le secteur des soins et du lien, revaloriser les métiers à prédominance féminine

La journée confédérale annuelle du collectif Femmes mixité est consacrée au lancement de la campagne confédérale « Investir dans le secteur des soins et du lien, revaloriser les métiers à…

Actualité

La CGT, une organisation féministe

Depuis des années, la CGT œuvre pour l'égalité hommes-femmes, aussi bien au sein même de l'organisation, qu'à l'extérieur. Depuis 1999, la parité a été instaurée à la direction confédérale et si le…

Communiqués de presse

Index égalité professionnelle, stop à l’hypocrisie !

Lundi 1er mars, toutes les entreprises devront avoir publié leur index égalité professionnelle. Rappelons que l’objectif initial de cet outil était de faire émerger les écarts de salaire entre femmes…

Nos repères CGT

La CGT propose un SMIC à 1 800 euros et des salaires minimums partout en Europe.