La CGT obtient la régularisation de 12 travailleurs sans papiers

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Publié le 17 mai. 2022
Victoire ! Après plusieurs semaines de combat, les 12 travailleurs sans papiers du chantier du Village des Athlètes des JO 2024 – l’un des cinq principaux chantiers - sont en voie de régularisation.
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code du travail

Fin janvier, ces ouvriers ont contacté la permanence de la CGT, à Bobigny, pour dénoncer leur situation irrégulière et demander à l’organisation de soutenir leur combat.

L’inspection du travail, contactée par la CGT, a organisé une visite surprise fin mars. Un système de sous-traitance complexe a été mis à jour, brouillant les pistes. Ces entreprises sont sous-traitantes du donneur d’ordre, le Groupe GCC, un acteur important du BTP. 

L’enquête a montré que, si certains travailleurs sans papiers avaient des feuilles de paie, le paiement des primes et des heures supplémentaires n’avait pas été honoré.

Être sans papiers les rend expulsables à tout moment, et – double peine – les prive d’allocations et de cotisation retraite. C’est la responsabilité du donneur d’ordre de regarder la viabilité et le sérieux financier de ses sous-traitants.

Aujourd’hui, la plupart des travailleurs ont reçu une convocation de la préfecture pour aller chercher leur carte de travail. Et la CGT a fait une demande officielle au DRH de GCC pour qu’ils soient embauchés en CDI, ce qui semble en bonne voie.

« L’exposition médiatique et politique est importante sur les JO et elle a servi notre combat. Elle a agi comme un accélérateur dans le règlement de ces dossiers » se félicite Hervé Ossent, Secrétaire à l’URIF CGT, en charge pour la confédération du dossier JO 2024. 

Alors que le chantier est dans le gros œuvre (fondations, murs…) il va, d’ici quelques mois, passer au second œuvre (électricité, peinture…) accroissant le nombre d’entreprises sous-traitantes, multipliant le risque de travail illégal.

La CGT se réjouit de sa visibilité acquise à l’heure où la multiplication de la sous-traitance risque de diminuer la visibilité des organisations syndicales.

Cet été, le chantier accueillera près de 3000 ouvriers.

L’enjeu désormais est que le Comité JO 2024,- qui réunit les professions les plus impactées par les Jeux Olympiques -  à l’initiative d’une charte sociale de 16 engagements, signée par les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, CPME, FO), par le MEDEF, l’UP2P, et Paris 2024, puisse avoir des permanences sur les chantiers, avec l’affichage d’informations concernant les salariés.

« C’est une réelle innovation sociale, d’autant plus importante qu’elle crée un précédent, reproductible dans les pays, y compris ceux où le droit social est moindre que chez nous » constate Hervé Ossent.

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