Total : les raffineurs en lutte contre le greenwashing et la casse sociale

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Publié le 14 jan. 2021
Total a annoncé la conversion de son site historique de Grandpuits (Seine-et-Marne) en « plateforme zéro pétrole » dédiée à la production de biocarburant pour l’horizon 2024. Conséquences de cette reconversion : la destruction de 700 emplois. Depuis le 26 septembre 2020, les raffineurs de Grandpuits mènent la lutte contre ce projet.
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Les raffineurs du site de Grandpuits (Seine-et-Marne) sont en grève reconductible pour l’emploi

Depuis le 4 janvier, les raffineurs du site Granpuits sont en grève. Ils s’opposent au projet de Total de cesser le raffinage sur le site pour le reconvertir d’ici à 2024 en « plate-forme zéro pétrole » consacrée à la production d’agrocarburants.

Le mot d’ordre des raffineurs mobilisés est clair : zéro suppression d’emploi

Avec un projet d’ampleur pour la transition écologique, qui serait non pas destructeur mais créateur d’emplois. Car derrière les intentions « vertes » du géant pétrolier se cachent des motivations moins nobles : la casse sociale et la rentabilité, en témoigne le plan de licenciement qui, dès 2021, va détruire 200 emplois sur les 460 ,emplois du site et 500 emplois chez les sous-traitants qui dépendent de l’activité de raffinage (un emploi chez total représente 4 à 5 emplois chez un sous-traitant).

Le projet de réindustrialiation, baptisé projet Galaxy, n’est pas à la hauteur : les effectifs prévus dans les unités de production à venir sont largement insuffisants pour garantir les conditions de sécurité industrielles et de bonnes conditions de travail.

« Il faut réussir à contredire les propos de la direction de Total qui se présente comme championne de l’environnement. C’est d’abord de la communication, d’un groupe qui continue de privilégier les actionnaires au détriment de l’emploi. Il nous faut travailler sur un projet alternatif pour le site, qui conjugue au contraire l’industriel et le social », avait déclaré Philippe Martinez, lors d’une visite sur le site en novembre.

La décision de mettre fin aux activités de raffinage d’hydrocarbures n’a rien à voir avec la transition ni avec la préservation du climat. Elle est due à la vétusté du pipeline qui relie sur 260 km le port du Havre à Grandpuits et qui permet l’approvisionnement en brut de la raffinerie.

Cette dégradation de l’outil est du seul fait de la direction générale de Total qui privilégie les dividendes des actionnaires au détriment du matériel de production.

En parallèle, ils délocalisent les capacités de raffinage à l'étranger, là où les normes sociales et environnementales sont moins contraignantes.

La lutte des raffineurs est soutenue par plusieurs organisations syndicales et non gouvernementales (CGT Grandpuits, Les Amis de la Terre France, Greenpeace France, Attac France, Union syndicale Solidaires, FSU, Oxfam France, La CGT, Confédération paysanne), toutes signataires d’une tribune contre le greenwashing et la casse sociale organisée par Total.;

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