Grève numérique chez IBM France contre le PSE

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Publié le 26 avr 2021
Temps de lecture : 2 min.
Alors que 90% des salariés sont en télétravail, le syndicat CGT appelait, vendredi 16 avril, à une journée de grève et de mobilisation pour s’opposer au plan de suppressions d’emplois et de réorganisation des activités.

L’inventeur de l’ordinateur personnel, il y a 40 ans, le groupe IBM a présenté, en novembre dernier, pour « s’adapter» au marché, un plan de 1251 suppressions de poste accompagné d’une scission de la branche infogérance dont les marges ( de 40%) ne sont pas suffisantes pour la direction. L’ampleur du plan est incompréhensible pour la CGT alors que l’entreprise se porte bien.

Une stratégie au service des actionnaires

Les différents travaux de l’expertise confirment l’appréciation syndicale. En conservant l’activité autour de l’intelligence artificielle, très rentable, et en se séparant du secteur aux entreprises, moins rentable, la direction répond d’abord aux exigences des actionnaires.

Pour la CGT, ce plan est non seulement injustifié mais il va fragiliser l’avenir de l’entreprise. En effet, outre la perte de compétences même pour le développement du Cloud, le plan prévoit de nombreuses suppressions d’emplois chez les commerciaux.

De plus, l’abandon de la branche infogérance est aussi une aberration pour la CGT car cette activité est une porte d’entrée pour aller chercher les clients. Cette décision est d’autant plus aberrante que de nombreux clients d’infogérance souhaitent rester chez IBM.

Une activité syndicale confinée mais pas muselée

Malgré la situation sanitaire, avec une large majorité de salariés en télétravail, la CGT est restée à l’offensive. Le défi est majeur alors que la direction interdit aux syndicats l’utilisation du courrier électronique de l’entreprise.

Mais le syndicat CGT avait anticipé en recueillant les courriels personnels des salariés sympathisants qui souhaitaient être informés des négociations. En proposant d’élargir à leurs collègues, le cercle s’agrandit au fur et à mesure.

Aussi, depuis plusieurs mois, après chaque CSE, la CGT organise une assemblée générale virtuelle pour présenter les échanges avec la direction et les démarches de la CGT. Regroupant une petite trentaine de salariés au départ, les AG virtuelles ont réunis jusqu’à 300 participants.

Télé-grève

Cette forme d’activité syndicale a pris un nouveau tournant, le 16 avril dernier. Lors du CSE, pour une consultation finale, la CGT a lancé un appel à la grève et à l’envahir virtuellement.

Cette démonstration de rapport de forces appuyait la démarche syndicale au sein du CSE alors que la DRIEETS ( ex DIRECCTE) demande des modifications du PSE.

Après cette mobilisation qui a redonné confiance, l’intersyndicale a organisé, dans la foulée, une première AG ouverte à l’ensemble des salariés pour proposer de nouvelles actions pour obtenir des réponses de la direction et des ministères de l’économie et du travail.

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