Centrale de Cordemais : du charbon aux pellets

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Publié le 23 mar 2022
Temps de lecture : 3 min.
Depuis 2015, les salariés de la centrale à charbon de Cordemais en Loire-Atlantique se mobilisent pour la reconversion du site avec le projet ecocombust. Enterré en juillet dernier, la ministre de la transition écologique a relancé le projet.

« Tout a commencé au moment de la COP de Paris, en décembre 2015 » se souvient Gwenaël Plagne pour la CGT d'EDF Cordemais. 

Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, la conférence des Nations Unies prônait la fin du charbon (dont la combustion est très émettrice de CO2) alors qu’EDF venait d’investir 350 millions d’euros pour moderniser la centrale de Cordemais en vue de son exploitation jusqu’en 2035.

Sans attendre la date fatidique de fermeture, les organisations syndicales du site de Cordemais ont travaillé un projet de reconversion du site.

Avec les salariés, les syndicats planchent sur une proposition alternative avec l’objectif de réduire la pollution et de donner une seconde vie à leur outil de travail. Ils proposent de poursuivre la production d’électricité à partir de pellets issus de rebuts de bois, collectés localement en déchetterie ou amenés par bateau. 

Fruit d’un travail collectif s’appuyant sur des études fiables et des essais, le projet ecocombust permettrait de poursuivre l’activité et donc de pérenniser les emplois sans passer par une friche industrielle.

Dès le départ, un véritable bras de fer s’installe entre la direction d’EDF et les salariés.

Si localement, le projet de reconversion porté par les salariés trouve un bon écho, la direction semblait condamner le site. À plusieurs reprises, ses sept dernières années, les salariés se sont mis en grève pour s’opposer aux projets de fermeture. 

Avec un projet “clé en main” et rentable à moyen terme, ils ne vont rien lâcher pour convaincre décideurs politiques et investisseurs alors que la direction semblait porter un intérêt avant de l’écarter en juillet dernier. 

EDF et Suez, son partenaire industriel jugent l’opération pas assez rentable. Le sort de la centrale semblait définitivement ficelé laissant un goût amer aux salariés qui ont continué de mettre la pression. 

Après 11 jours de grève à l’automne dernier, ils obtiennent non seulement une revalorisation salariale, mais aussi la garantie d’aucun départ contraint avant 2026.

En janvier dernier, alors que la crise du secteur de l'énergie bat son plein en Europe avec une hausse du prix de l'électricité et la fragilisation de l'approvisionnement électrique français, le gouvernement décide de prolonger l’activité du site. 

La CGT y voit une nouvelle occasion de relancer le projet demandant une prise en compte de ces nouveaux éléments. 

Après une première réunion au Ministère de la transition écologique en janvier dernier, le 16 février, la ministre, qui a salué le travail “ remarquable et constructif” d’ecocombust, a lancé un Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) pour des projets d'usines de fabrications de black pellets, qui vise à créer une filière en France.

“Après un long marathon, l'heure du sprint « final » est arrivée !” explique Gwenaël Plagne alors que l’appel à candidature sera clos au 26 avril prochain. 

Si le site de Cordemais est bien placé, les salariés restent prudents après cette nouvelle avancée, car il faut qu’EDF et Paprec confirment leurs intentions. Ils espèrent aussi que l’usine soit bien construite à Cordemais et pas ailleurs.

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