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Précarité étudiante : 1 étudiant sur 5 sous le seuil de pauvreté

Publié le 19 déc 2019
Temps de lecture : 3 min.
La tentative de suicide d’Anas, étudiant lyonnais âgé de 22 ans, le 8 novembre dernier, a levé le voile sur les conditions de vie des étudiant.es, confronté.es à des logements trop chers, la suppression des bourses, des allocations dérisoires et des difficultés d'accès à la santé.

Le gouvernement est passé par maints circonvolutions pour nier la portée politique du geste d’Anas K, notamment la porte parole  du gouvernement Sibeth NDiaye qui, invitée sur France-Inter le 14 novembre, expliqué que malgré le message de l’étudiant « qui laisse à penser que c’est un acte politique », il fallait « beaucoup de prudence parce qu’avoir un geste aussi fort, aussi tragique, ce n’est certainement pas exclusivement parce qu’on a une revendication politique ».

Le gouvernement a tenté de psychologiser l’acte

Pourtant, le jeune étudiant et militant syndical a laissé un message qui prête peu à confusion : “Cette année, faisant une troisième licence 2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450€/mois, est ce suffisant pour vivre ? (...) J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous·tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.”

Dans sa lettre, il rappelle les revendications de sa confédération Solidaires : “32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.”

Pour la majorité des étudiants, les fins de mois commencent dès la première quinzaine du mois.  20,8 % des “élèves et étudiants” se situaient sous le seuil de pauvreté, contre 12,8 % de l'ensemble de la population, selon l’enquête de l’Insee baptisée “Revenu: niveau de vie et pauvreté” réalisée en 2016 et publiée en décembre 2018. 30,3 % des étudiant·e·s déclarent avoir eu au moins un découvert à la banque durant l'année, d’après la dernière enquête Conditions de vie des étudiant.es, menée par l'Observatoire national de la vie étudiante en 2016.

Concernant l’accès à la santé, on y apprend que 30,3 % des étudiant·e·s déclarent avoir déjà renoncé à voir un médecin, et parmi les étudiants qui ont renoncé aux soins, 44,5 % l’ont fait pour des raisons financières.  Au total, c’est 69,7 % de l'ensemble des étudiant.es qui ont déjà renoncé à des soins.  

La société a les moyens de garantir une vie digne

À la CGT, nous sommes convaincus que la société a les moyens de garantir une vie digne pour tout un chacun.

Cela passe, notamment, par un accès gratuit pour toutes et tous à des services publics de qualité :

  • éducation,
  • santé,
  • transports,
  • culture…

De façon immédiate, nous revendiquons, pour les étudiantes et les étudiants, la hausse du nombre et du montant des bourses, la mise en place effective de la trêve hivernale dans les logements universitaires ainsi qu’un accès à un logement décent et abordable en Cité Universitaire.

Le développement et la banalisation des stages qui remplacent des emplois, du service civique et du tri social organisé par la plate-forme Parcoursup, condamne à la précarité et à l'inégalité des droits. 
 

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