Budget de l'État 2022 : pas d'austérité mais pas de réelle rupture

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Publié le 15 oct 2021
Temps de lecture : 2 min.
Le dernier projet de loi de finances (PLF) du quinquennat a été présenté le 22 septembre en Conseil des ministres. Une partie de ce budget ne sera exécutée qu'après l'élection présidentielle de 2022.

La leçon de la crise de 2008 aurait-elle été retenue ?

L'immédiat après-crise avait alors vu la plupart des gouvernements européens tailler dans les dépenses publiques dès l'apparition des premiers signes de retour de la croissance.

Ces mesures avaient eu pour effet immédiat de stopper la dynamique de reprise. Au vu des différentes lois de finances aujourd'hui en discussion dans les pays européens, il semblerait que la leçon ait en partie été retenue, au moins pour cette année.

Le gouvernement entend dépenser pour soutenir la reprise de la croissance. Ces mesures seront soutenues par des recettes fiscales qui devraient fortement augmenter du fait de la croissance du PIB estimée à 4 % en 2022 après 6 % en 2021.

Des recettes supérieures de 13,4 milliards à 2021 permettraient à la dette publique de diminuer légèrement.

À moins de sept mois du scrutin présidentiel, il faut cependant considérer ce projet de loi de finances comme un budget de fin de quinquennat, qui servira aussi à faire campagne.

Dans ce cadre, il était délicat de réduire les dépenses.

Le ministère de la Justice voit son budget augmenter de 700 millions d'euros.

Si cette augmentation de 8,2 à 8,9 milliards va dans le bon sens, elle sera cependant nettement insuffisante compte tenu du manque de moyens criants de la Justice. D'autant qu'une partie de cette augmentation servira à construire des places de prison supplémentaires, pas à augmenter les effectifs. Le ministère des Armées aura lui un budget de 40 milliards, soit 2,5 fois l'enveloppe dédiée à la « transition écologique ».

Durant ce quinquennat, la Défense aura vu son budget augmenter de 23 %.

Pour le ministère de l'Écologie, une réduction des effectifs à hauteur de 279 équivalents temps plein est prévue.

Cette décision est une aberration au vu des enjeux environnementaux.

Quant au ministère du Travail, il verra ses effectifs amputés de 1 750 emplois équivalents temps plein.

Dans une période où la fraude des entreprises aux aides publiques pourrait être massive, leur contrôle sera encore plus difficile.

Si ce budget n'est pas placé sous le sceau de l'austérité, il n'est cependant pas un budget de rupture. Les dépenses envisagées serviront à continuer l'ordre ancien, pas à réduire les inégalités, assurer le plein-emploi ou enclencher la nécessaire transition écologique.

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