L’énergie doit sortir du marché européen

Temps de lecture : 2 min.
Publié le 12 jan. 2023
L’énergie est un bien indispensable pour les citoyens comme pour les entreprises. L’exemple récent des boulangers le montre bien : le coût de l’énergie multiplié par 4 ou 5 a mis en danger leur équilibre économique et, par ricochet, la production même du pain.
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©Magnascan de Pixabay Energie

Sans énergie, toute l’économie s’arrête

Tous les artisans, les TPE et les PME sont confrontés à cette même équation : la répercussion de l’augmentation phénoménale des coûts de l’énergie risque de faire fermer nombre d’entre eux.

Tous tentent de trouver des solutions au jour le jour : certains produisent davantage la nuit, passent à la semaine de quatre jours, modifient les sources énergétiques.
D’autres diminuent leur production, ferment des sites ou des lignes de fabrication et mettent leurs salariés au chômage partiel (non indemnisés à 100%).

Ces arrangements ne constituent pas une solution durable au problème énergétique. 

Il faut soutenir ces entreprises dès maintenant, et ne pas les laisser se débrouiller seules pour éviter la catastrophe.

Certes, le gouvernement a mis en place des aides pour les TPE (le bouclier tarifaire, l’assurance de ne pas payer plus de 280 €/ MWh en moyenne d'électricité en 2023, l’amortisseur d’électricité, le guichet d’aide…), mais ces aides sont éphémères et ne sont pas conditionnalisées. Elles ne sauraient constituer une solution à long terme.

D’autant qu’une différence fondamentale existe entre les TPE, PME et les grands groupes, qui tirent profit de cette situation en arrachant toujours plus d’aides publiques : 160 milliards d’euros déboursés chaque année par l’État.

Les TPE et PME, qui en auraient réellement besoin, n’en sont pas les principales bénéficiaires : ce sont majoritairement les grands groupes, qui alimentent ainsi directement les versements à leurs actionnaires.

Une crise structurelle plus que conjoncturelle

Toutes ces aides ne peuvent constituer une solution à long terme. Or, la question de l’augmentation du coût de l’énergie ne date pas du début de la guerre en Ukraine.

Celle-ci n’a fait qu’accroitre la crise énergétique et l’explosion des prix de l’énergie, conséquence de la dérégulation du secteur de l’énergie. Cette crise, structurelle, ne se terminera pas avec la fin de la guerre. 

En cause, le marché européen de l’énergie 

Le dogme européen - la concurrence fait baisser les prix - ne fonctionne pas. Au contraire. 

L’énergie est un bien commun, essentiel, qui doit sortir du marché concurrentiel européen et redevenir un service public pour les citoyens comme pour les entreprises.

Il faut se battre pour le retour à un tarif réglementé de l’électricité et du gaz, et exiger la conditionnalité des aides publiques aux entreprise en fonction de leur taille mais aussi de critères sociaux et environnementaux.

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