L'affaire est dans le sac : les grévistes d'Arco ont gagné !

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Publié le 30 mai. 2022
Les salariées de l'entreprise de maroquinerie de luxe Arco à Châtellerault (Vienne), qui fabriquent des sacs Louis Vuitton, ont obtenu d’importantes augmentations de salaires.
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Liberté de manifester

550 grévistes ont occupé le parking avec la CGT pour demander des augmentations de salaires.

C'est une première dans cette usine ultra-moderne de 12 500 m2 ouverte en 2019 pour remplacer l'ancien atelier devenu trop petit. Alors que commençaient les négociations annuelles obligatoires, au cours desquelles l'employeur doit discuter de la rémunération avec les organisations syndicales représentatives, 550 grévistes ont occupé le parking avec la CGT pour demander des augmentations de salaires.

Premier employeur privé de la ville, l'entreprise sous-traitante Arco (Ateliers réunis du Centre-Ouest) est spécialisée dans la maroquinerie haut de gamme. Ses salariées (des femmes à 87 %) fabriquent des sacs à main Louis Vuitton. L'usine emploie 720 salariées en CDI, auxquels s'ajoutent 280 intérimaires.

Suite à leur mobilisation, elles ont obtenu :

  • 128 euros brut d'augmentation par mois pour tous les salariés ;
  • un forfait de 100 euros par an pour l'aide au transport ;
  • l'équipe qui travaille en décalé jusqu'à 23 heures a obtenu une majoration de 25 % des heures de nuit ;
  • enfin, la grève a permis de gagner une journée rémunérée par enfant malade par an.

L'entreprise Arco affiche plus de 73 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, soit presque 6 millions de plus qu'en 2020.

Ces chiffres ressemblent à ceux des entreprises du monde du luxe, Le seul donneur d'ordre d'Arco, le numéro un mondial du luxe LVMH a présenté des résultats records début 2022.

En 2021, les articles de mode et de maroquinerie, fabriqués entre autres pour les salariées d'Arco, ont assuré à eux seuls 30 des 64 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe. La publication de ces résultats début 2022 avait déclenché un débrayage dans trois des dix-huit ateliers de la marque Louis Vuitton, à l'appel de la CGT et de la CFDT. Ils dénonçaient leurs salaires trop bas et les cadences de plus en plus élevées…

Ils ont obtenu une augmentation de 150 euros brut par mois ainsi que des primes. Dans les mois qui ont suivi, les salariés de plusieurs entreprises sous-traitantes ont obtenu des augmentations.

Le luxe emploie 35 000 salariés en France.

La moitié sont employés par les deux donneurs d'ordre Hermès et Vuitton. L'autre moitié travaillent pour l'un de leurs dix-sept vingt sous-traitants.

Chaque année, mille nouveaux salariés sont recrutés, de nouveaux ateliers sont créés, le plus souvent dans des zones sinistrées industriellement. Aux dernières élections professionnelles, la CGT a obtenu 60 % des votes des salariés de la sous-traitance, 40 % des votes des salariés si l’on fait la moyenne avec les donneurs d'ordre.

Pour la CGT, l'augmentation des salaires est préférable à des primes.

Les primes sont exceptionnelles alors qu'une augmentation de salaire peut se constater chaque mois sur la fiche de paie. Par ailleurs, une augmentation de salaire signifie aussi que plus de cotisations sont versées pour assurer un meilleur revenu en cas de maladie, chômage, maternité, invalidité ou retraite.

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