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Quand le patrimoine part en fumée…(par CGT Culture)

Publié le 17 avr. 2019
Temps de lecture : 3 min.
Lundi 17 avril, à 18h50, un incendie a dévasté la cathédrale Notre-Dame de Paris. 850 années d’histoire ont été ravagées par les flammes.

La charpente en bois qui datait en grande partie du 13ème siècle ainsi que la flèche de Viollet-le-Duc du 19ème siècle sont irrémédiablement perdues. Quant aux œuvres d’art de la cathédrale, toutes n’ont pas pu être sauvées. Le drame est immense. Mais le pire a été évité, il n’y a pas eu de victime en cette période de forte affluence liée à la Semaine Sainte. Les tours de Notre Dame – un temps atteintes par l’incendie et menacées d’un risque d’effondrement – sont encore debout mais néanmoins fragilisées.

Le SNMH-CGT apporte tout son soutien aux agents des tours de Notre Dame et à tous les collègues du CMN affectés par cette tragédie !

Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame patrimonial se produit. La cathédrale de Chartres en 1836, celle de Nantes en 1972, le Parlement de Bretagne à Rennes en 1994 mais aussi la BNF site de Richelieu en 2013 furent elles-mêmes la proie des flammes… En 2009, le CMN avait lui-même déjà connu un incendie au logis royal du château d’Angers suite à un problème électrique. Ce n’est donc pas étonnant si aujourd’hui les historiens de l’art, les architectes et les conservateurs ne cachent pas une certaine colère quant au manque de moyens alloués à l’entretien des monuments et quant aux normes de sécurité sur les chantiers patrimoniaux

Nous ne connaissons pas encore les causes de l’incendie mais une chose est sûre : la baisse continue des moyens humains et budgétaires ne pourra avoir que des conséquences néfastes sur la sécurité des monuments, des agents et des visiteurs. À ce rythme-là, il est certain que d’autres drames se produiront. 

Nos pensées vont bien évidemment à nos collègues des tours. Alors qu’ils menaient une bataille pour voir la pénibilité de leur travail reconnue (conditions climatiques, affluence du site, 420 marches à gravir plusieurs fois par jour…), les voilà durement touchés avec leur site ravagé. Une réunion de crise avec les agents s’est tenue ce matin en présence de M. Bélaval. Un CHSCT se tiendra le 30 avril. Les agents pourront compter dans les prochains jours sur leurs représentants du personnel pour les accompagner dans ces circonstances exceptionnelles. 

Par ailleurs, les questions relatives à la précarité n’en sont que plus prégnantes quand la majorité des vacataires de l’Île de la Cité pourraient être à la fin du mois sans emploi… Nous avons alerté le président sur leurs situations.

Un groupe de travail sur la pénibilité devrait voir le jour pour l’ensemble du CMN dont les conclusions devront être rendues fin juin.Néanmoins, faute de réponse immédiate pour la Sainte-Chapelle, nous demandons que le CMN prenne des mesures spécifiques pour reconnaître la pénibilité de leurs conditions de travail. Nous attendons des réponses au CHSCT Paris-Siège-Petite couronne du 30 avril.

Par solidarité face à ce drame, les agents de la Sainte Chapelle ont levé leur préavis de grève pour les prochains jours. La Culture et le Patrimoine méritent plus de moyens !

Des politiques publiques ambitieuses doivent être lancées pour la sauvegarde du patrimoine et l’amélioration des conditions d’accueil !

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