Amazon : à entreprise planétaire, révolte planétaire

Imagette
Publié le 9 avr 2021
Temps de lecture : 2 min.
Aux États-Unis, la première section syndicale de l’empire du e-commerce sur le sol américain a failli voir le jour. L’entreprise essuie des grèves dans plusieurs pays.

Dans l’Alabama, un état pauvre du sud des États-Unis, des salariés de l’entrepôt de Bessemer ont organisé une campagne pour convaincre leurs collègues de créer un syndicat.

En octobre 2020, ils ont commencé à se mobiliser pour recueillir le nombre de signatures nécessaires à la tenue d’un référendum au sein de leur entrepôt. En effet, la loi américaine stipule qu’un tel référendum doit être demandé par plus de la moitié des salariés.

Le lundi 29 mars, les 5 600 salariés de l’entrepôt de Bessemer étaient donc appelés à se prononcer sur la création de la première section syndicale Amazon sur le sol américain.

Une majorité de salariés de Bessemer se sont malheureusement exprimés contre. Comme d'autres précédentes tentatives, celle-ci a échoué près du but, certainement découragée par l’intense campagne de dissuasion orchestrée par l’entreprise.

Cette fois-ci Amazon avait même créé un site internet qui pose des questions telles que « Pourquoi ne pas économiser cet argent (de la cotisation syndicale) pour vous acheter plutôt les livres, cadeaux et choses dont vous avez vraiment envie ? »

La campagne a malgré tout rencontré un écho planétaire qui laissera des traces

Soutenue par le syndicat des joueurs de football professionnels américains, Bernie Sanders et le mouvement Black Lives Matter, elle s'inscrit dans un climat plus favorable aux syndicats en Amérique depuis la crise du Covid et l'élection de Joe Biden à la Maison blanche.

« Les syndicats ont construit la classe moyenne aux États-Unis, et mon administration soutiendra le droit de chaque Américain de se syndiquer », a ainsi déclaré le président dans une vidéo postée sur Twitter le 1er mars.

Ce même 29 mars en Allemagne, pays où Amazon est la plus implantée en Europe, 2 000 salariés ont répondu à l’appel à une grève de quatre jours lancé par la fédération du commerce du syndicat Verdi.

Quelques jours plus tôt, le 22 mars, c’est l’Italie qui assistait à la première grève nationale de 75 % des salariés d’Amazon, parmi lesquels de nombreux employés précaires et des fournisseurs de service.

En France, c’est en&nbdp;novembre 2020 que les salariés d’Amazon avaient lancé un mouvement de grève

La situation économique de l’entreprise n’a jamais été aussi florissante. Pourtant les salariés ne voient pas la couleur des colossaux bénéfices engrangés : ils restent exposés au surcroît d’activité et insuffisamment rémunérés.

Solidaire de toutes ces initiatives, la CGT exprime son soutien aux travailleurs de l’entreprise en lutte partout dans le monde.

A voir aussi

Actualité

L'espionnage des salariés d'Ikéa en procès

Depuis le 22 mars, se tient le procès des responsables du système d'espionnage industriel mis en place pour surveiller candidats à l'embauche, salariés et syndicalistes.

Actualité

Unis contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques

Les organisations CGT, FSU, Unef, Solidaires, UNL et FIDL œuvrent ensemble pour faire reculer les idées d’extrême droite dans notre pays. Elles ont, depuis janvier 2014, engagé une campagne de longue…

Actualité

Deliveroo : le mouvement s'accentue

Mobilisés ce dimanche 1er septembre dans de nombreuses villes de France, les coursiers à vélo de la plateforme Deliveroo luttent depuis fin juillet contre la baisse de leurs rémunérations, décidée…

Nos repères CGT

La CGT propose la construction d’une véritable démocratie culturelle.

L’accueil, les soins, l’entretien et l’éducation des enfants représentent une fonction sociale qui engage l’avenir de la société et justifie une politique familiale de haut niveau et la participation des entreprises à son financement. Cette politique familiale doit permettre de soutenir et encourager le travail des femmes quelles que soient leurs responsabilités familiales.

Pour aller plus loin