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Macron veut privatiser les services pénitentiaires de probation et d'insertion !

Publié le 3 nov 2017
Temps de lecture : 3 min.
Cela fait de très nombreuses années que la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour des conditions indignes de détention et traitement inhumains et dégradants. Mardi dernier, devant les 47 juges de la Cour Européenne des droits de l'Homme, Emmanuel Macron a annoncé la création d'une "Agence nationale chargée du travail d'intérêt général" pour mettre fin à la surpopulation carcérale.

Faire le travail que les fonctionnaires font déjà
"Il serait sans doute judicieux qu'Emmanuel Macron commence d’abord par aller voir comment travaillent quotidiennement les personnels dans les Services pénitentiaires d'insertion et de probation !" a réagit le collectif insertion probation de la CGT dans son communiqué du 2 novembre. Car prendre en charge et suivre les personnes condamnées à un Travail d'Intérêt Général, rechercher des partenariats pour développer cette peine… c’est ce que font déjà quotidiennement les fonctionnaires du ministère de la Justice !
L'hypocrisie réside de plus dans le fait que le jour même était voté le budget de la Justice pour 2018. Un budget qui laisse exsangues les moyens des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) et réduit une nouvelle fois les budgets consacrés à l‘insertion et aux alternatives à l’incarcération. La course folle au tout carcéral se voit aussi renforcée par la création de 15 000 places de prison supplémentaires. Selon le collectif insertion Probation, il n'y a pas de véritable volonté politique permettant d’adopter une politique pénale humaniste ambitieuse faisant de la prison l’exception et la peine de probation la référence.

Menace de privatisation
L'annonce est particulièrement inquiétante car vouloir « créer une Agence du TIG » fleure bon la privatisation ! Pourquoi créer une agence alors que les personnels et la mission existent déjà : ce sont les personnels des Services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) qui sont en charge de suivre les personnes condamnées à un TIG. Les mots ont un sens et le terme « agence « renvoie à un vocable du secteur privé avec des logiques de performance et d’efficacité budgétaire auxquelles les missions de services publics ne devraient pas être soumises !
De plus vouloir imposer aux collectivités locales un renforcement des TIG alors même qu’elles font face à la suppression de la taxe d’habitation et la suppression des 120.000 contrats aidés est une aberration.

Plutôt que d’amputer le service public d’une partie de ses missions et de les brader au secteur privé Emmanuel Macron devrait plutôt répondre aux demandes de reconnaissance statutaire et indemnitaire des personnels. Par ailleurs le collectif insertion probation de la CGT demande le renforcement des effectifs et des ressources budgétaires des SPIP afin de permettre à ces missions de s’exécuter dans de meilleures conditions de travail et une meilleure prise en charge du public.
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