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Un syndicat allemand relance le débat sur les 32 heures

Publié le 10 sep 2020
Temps de lecture : 3 min.
En Allemagne, la crise sanitaire et économique a relancé le débat sur la réduction du temps de travail. Pour préserver les emplois dans l'industrie, le syndicat IG Metall propose de passer à la semaine de quatre jours, soit 32h. Une revendication que partage aussi notre organisation.

Pour faire face aux centaines de milliers d'emploi menacés par la pandémie et les transformations structurelles de l'industrie automobile, Jörg Hofmann, à la tête du syndicat IG Metall, revendique une réduction générale du temps de travail.

300 000 emplois menacés

Environ 300 000 emplois sont actuellement menacés dans la métallurgie en Allemagne et 5,6 millions de salariés sont en chômage technique.

Dès lors, réduire le temps de travail serait une « réponse aux changements structurels dans des secteurs tels que l’industrie automobile », en pleine transition technologique vers le moteur électrique, et « permettrait de conserver les emplois industriels au lieu de les perdre », expose le dirigeant syndical dans dans une interview accordée au journal Süddeutsche Zeitung.

Selon Jörg Hoffman, il est nécessaire d’y inclure « un certain montant de compensation salariale pour les employés afin qu'ils puissent se le permettre, avec des incitations à utiliser ce temps libre pour la formation professionnelle ». La compensation salarial est un enjeu central. A contre-courant des intentions d'IG Metall, qui bataille pour l’obtention d’une compensation partielle de la baisse de salaire par l’employeur, trois accords d’entreprise ont été signés à Daimler, ZF et Bosch.

Toutefois, les organisations syndicales ont accepté le passage à 32 heures sans compensation salariale, seules des garanties de maintien dans l’emploi jusqu’à expiration de l’accord ont été obtenues.

En France, la CGT revendique la semaine de 32 heures sans perte de salaire

Cette revendication d'IG Metall fait écho à celle portée par notre organisation depuis plusieurs année déjà : celle de la semaine à 32 heures, sans perte de salaire. Alors que dans le sillage de la crise sanitaire, des plans de licenciement massif ont été annoncés (Airbus, Sanofi, Renault…), la question de la réduction du temps, pour travailler tous et toutes, se fait plus pressante.

La mise en place de la semaine de 32 heures permettrait de sauvegarder et créer de l’emploi rapidement et massivement. Nous évaluons le nombre d’emplois concernés à 4 millions. Rappelons que les solutions patronales pour créer de l'emploi se sont soldées par des échecs cuisants : depuis sa création, le CICE a coûté plus de 100 milliards d'euros pour un effet dérisoire sur l'emploi (110 000 emplois créés d'après le comité de suivi).

À titre de comparaison, le passage au 35 heures a coûté 5 milliards pour un solde net de 350 000 emplois. Cette réduction du temps de travail doit s'accompagner d'un réel changement de modèle de société.

La réduction du temps de travail ne doit pas être dévoyée, ce qui nécessite :

  • d'accorder du temps à la formation professionnelle (10 % du temps de travail ;
  • d'attribuer des jours pour des missions de coopération à l’international et pour les activités; d’intérêt général (environnemental, enseignement…) ;
  • d'allonger les congés de paternité et de maternité ;
  • d'attribuer du temps pour activité parentale ainsi que pour les aidants familiaux.

C'est pourquoi la revendication de la semaine à 32 heures s'articule à d'autres propositions qui posent les bases d’une transformation plus profonde de notre société et favorisent l'émancipation de toutes et tous.

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