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La CGT a rendu hommage à Gabriel Lejard mardi 14 mai à Dijon

Publié le 15 mai 2019
Temps de lecture : 4 min.
A l’occasion du 52ème Congrès Confédéral de la CGT la ville de Dijon et la CGT ont rendu hommage à Gabriel Lejard mardi 14 mai 2019 à 18h30, boulevard de Strasbourg. Au cours d’une cérémonie, en présence de Philippe Martinez et du maire de Dijon, une plaque commémorative a été dévoilée pour cet ouvrier métallurgiste, syndicaliste CGT et résistant. Retour sur la vie d’un grand Homme de la CGT.

Gabriel Lejard est née à Barges, le 5 juillet 1901. Alors qu’il apprit le métier d’ajusteur à Dijon, ce dernier parti en 1917 à Lyon chercher un emploi. Confronté aux difficultés de son époque pour survivre : les journées de 12h de travail, l’insuffisance des revenus, le chômage, les soupes populaires, il s’engagea très tôt dans les luttes et comme beaucoup de militants qui construisirent la CGT, dans les rangs de l’anarcho-syndicalisme.

Après avoir épousé Léa Echailler en 1923 à Lyon, le couple s’installa à Dijon, où Gabriel Lejard devint secrétaire de la section unitaire Terrot en 1927. Participant aux grèves de 1936, il devint secrétaire général des métaux de Dijon et membre de la commission administrative de l’Union départementale CGT de Côte-d’Or en 1937. Après la déclaration de guerre, Gabriel Lejard, poussé à la démission du secrétariat général du syndicat des métaux de Dijon, resta secrétaire général, réélu par 3 fois de suite, lors d’une Assemblée Générale, en présence de la police. Il continua à militer malgré les pressions constantes de la préfecture. Finalement, le syndicat fut dissout par le préfet et, quand il se reconstitua en décembre 1939, l’ordre fut donné de ne pas renouveler sa carte syndicale.

Durant la guerre, il fut mobilisé en mars 1940 dans un régiment antichars. Démobilisé le 7 aout 1940, il revint à Dijon, reprit son travail et adhéra immédiatement aux groupes clandestins formés par les cheminots et les métallurgistes pour confectionner de faux papiers, récupérer des armes abandonnés sur le plateau de Chenôve au moment de la débâcle. Malgré le bannissement, la traque, Gabriel Lejard fit parti des hommes et des femmes qui eurent la force, la lucidité, le courage et savoir-faire pour engager dès le début, la résistance ouvrière. Arrêté à son domicile par les Allemands le 22 juin 1941 sur dénonciation avec vingt de ses camarades, il est envoyé en prison à Dijon, puis déporté à Auschwitz.

De retour à Dijon le 19 mai 1945, il retrouva sa compagne Léa, dont il convient d’associer à cet hommage. Cette dernière perpétua avec courage, l’action de son mari et de sa fille, en transformant sa maison en relai où les résistants surent trouver l’aide et le réconfort dont ils eurent besoin. Malheureusement, il apprit le décès de son unique fille, agent de liaison de la résistance et déportée à Ravensbruck.

A son retour, Gabriel Lejard fut réintégré à la Commission Administrative de l’Union Départementale et reprit immédiatement la direction du syndicat des métaux dijonnais et de Côte-d’Or. De nouveaux combats l’attendent : se battre pour faire appliquer le programme du C.N.R, pour l’amélioration du ravitaillement et organiser l’action contre la vie chère, contre les spéculateurs et le patronat qui tente de tourner les avantages acquis par les salariés. Lors du 1er congrès de l’UD d’après la libération qui se tint à Dijon le 13 janvier 1946, Gabriel Lejard et ses camarades du courant unitaire battirent le secrétaire de l’UD sortant et le courant réformiste. Après avoir traversé des années cauchemardesques, dans l’enfer des camps de la mort, Gabriel Lejard accède aux plus hautes responsabilités de la CGT Côte-d’Or.

La question du ravitaillement, des prix et des salaires fut au centre des préoccupations des salariés et du combat qu’il mena dès les premiers jours de son élection à la tête de l’UD-CGT. Gabriel Lejard, qui perdit un frère durant la guerre 14-18, ainsi que sa fille unique dans l’enfer des camps de la mort nazi, s’engagea sans relâche et avec obsession jusqu’au terme de sa vie pour défendre la paix. En 1961, il prit sa retraite et quitta la direction de l’UD, mais sa vie militante ne s’arrêta pas, puisqu’en 1962 il accepta la présidence départementale de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (F.N.D.I.R.P.). Occupant cette responsabilité pendant seize années, il consacra beaucoup de temps et de force à témoigner, à participer aux activités commémoratives, à préserver les sites, à lutter contre les négationnistes, à défendre la paix.

En reconnaissance de la Nation pour ses engagements, Gabriel Lejard reçut plusieurs décorations : la médaille de la Résistance et de la Déportation en 1946, la Légion d’honneur et la Croix de guerre en 1975, puis la rosette d’officier de la Légion d’Honneur en 1983. Il décéda le 2 novembre 1988 à Dijon au terme d’un dernier combat contre la maladie. Il repose au cimetière de Barges, sa commune natale.

Télécharger le discours de Philippe Martinez

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