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Publié le jeudi 5 janvier 2012

La majorité des grilles démarrent en dessous du Smic



Selon un document du
ministère du Travail, les
grilles de salaires dans le
secteur privé sont devenues
obsolètes pour 55 %
des salariés après
la revalorisation
du Smic intervenue
le 1er décembre 2011.

Sur 175 branches comptant
plus de 5 000 salariés,
97 sont devenues hors la loi
après la revalorisation de
2,1 % du Smic intervenue
le 1er décembre 2011. Elles
seront encore plus nombreuses
dans cette situation
après la nouvelle revalorisation
du salaire minimum,
à hauteur de 0,3 %, prévue
le 1er janvier 2012.

Ainsi, 55 % des effectifs
salariés dans le secteur
privé travaillent dans des
branches dont les minima
salariaux démarrent en
dessous du Smic. Certes, la
loi interdit de les rémunérer
à un niveau inférieur au
salaire minimum interprofessionnel
de croissance et
ils doivent toucher une indemnité
différentielle pour
atteindre ce niveau. Mais il
en résulte un écrasement
généralisé des grilles de
salaire et de plus en plus de
gens qualifiés sont rémunérés
au niveau du Smic, alors
que le salaire minimum
est en principe réservé aux
personnes sans qualification. Les employeurs ne sont
pas pressés de se mettre
en conformité avec la loi
en rehaussant les minima
salariaux, puisque le gouvernement
a reporté à 2013
l’application d’éventuelles
sanctions. Songez que les
salaires de certaines grilles,
comme dans le secteur de
la confiserie, chocolaterie
et biscuiterie de détail par
exemple, sont encore libellés
en francs… De même, la
revalorisation du Smic au
1er décembre 2011 a obligé
l’État employeur à verser
une indemnité différentielle
à 900 000 agents, soit
un fonctionnaire sur cinq.
C’est dire si la fonction publique
se smicardise !
« Je souhaite une fonction
publique moins nombreuse,
mais des fonctionnaires
mieux payés, avec de
meilleures perspectives de
carrière »
, déclarait le président
de la République en
2007. « Cela ne se fera pas
en un jour, mais l’ensemble
de ces engagements devront
être tenus durant mon quinquennat
 »
. L’heure de vérité
approche. En attendant,
le Centre de recherche
pour l’étude et l’observation
des conditions de vie
(Credoc) pronostique «  un
nouveau recul du pouvoir
d’achat des Français
en 2012 ».