La cgt
NOUS SUIVRE
  
Publié le mercredi 17 juin 2009
Niger

la CGT dénonce les manipulations constitutionnelles du Président Tandja



Dans une lettre adressée le 15 juin 2009 aux autorités du Niger, Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT, exprime sa plus vive inquiétude suite à la décision du Président nigérien Mamadou Tandja d’organiser un référendum sur l’adoption d’une nouvelle Constitution qui lui permettrait de prolonger son mandat qui prend fin le 22 décembre 2009. Les organisations syndicales nigériennes appellent à une journée de grève générale le 18 juin prochain.

Les sept organisations syndicales du Niger (CDTL, CGSL-Niger, CNT, UGSEIN, UGTN, USPT, USTN), comme la plupart des organisations de la société civile du pays et les partis politiquesQQ, ont vivement condamné ce projet de révision constitutionnelle, la remise en cause des principes démocratiques et les risques de déstabilisation qu’elle entraîne pour le pays.

De violents affrontements sont récemment survenus à Dosso, dans le sud-ouest du Niger, entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés à cette révision. Partis politiques, syndicats et ONG ont appelé à la tenue de nouvelles manifestations publiques pour dénoncer le projet de référendum. L’intersyndicale a appelé à une journée de grève générale pour le 18 juin 2009. La CGT appelle les autorités nigériennes à garantir les libertés fondamentales, à respecter le droit de grève et l’intégrité physique des manifestants.

Le 12 juin 2009, la Cour constitutionnelle nigérienne a par ailleurs rendu un arrêt qui annule le décret présidentiel convoquant le corps électoral pour un référendum le 4 août prochain, sur l’adoption d’une nouvelle Constitution qui permettrait au Président de la République de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels.

Ce projet de référendum est également contraire aux dispositions du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui interdit toute réforme de la loi électorale dans les six mois précédant une élection, sans avoir au préalable obtenu le consentement d’une large majorité des acteurs politiques ; ainsi qu’à celles de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui condamne toute révision de la Constitution portant atteinte aux principes de l’alternance démocratique.

Montreuil, le 17 juin 2009