28 mai
Poursuite et renforcement du mouvement de grève et d’occupation des lieux de travail. Au niveau politique, on assiste à des tentatives de recomposition autour de Pierre Mendès-France , puis de François Mitterand, et, parallèlement, à des manœuvres d’isolement de la CGT et du PCF. La CGT réagit et se dit « prête à participer à une rencontre qui réunirait, avec les partis de gauche, des représentants des organisations décidées d’aller de l’avant. Elle considère cette rencontre urgente. » Elle appelle à une manifestation le lendemain dans tout le pays. A 16 heures rencontre CGT-UNEF.

29 mai
A Paris, à l’appel de la seule CGT, 800 000 manifestants ; en province réponse massive des travailleurs: 70 000 à Marseille et à Lyon, 45 000 à Nancy, 20 000 à Saint-Etienne, 10 000 à Limoges, Montluçon, Tours...

30 mai

Au douzième jour de grève, le mouvement reste très puissant. Les négociations qui se sont engagées dans les branches piétinent. Forte participation aux manifestations unitaires dans un certain nombre de villes (Nîmes, Grenoble, Lille…). Des rencontres entre la FGDS et la FEN, la CGT et la FGDS et entre la CGT et le PCF. De Gaulle annonce sur les ondes la dissolution de l’Assemblée Nationale, stigmatise « un parti (*) qui est une entreprise totalitaire, même s’il a déjà des rivaux à cet égard », menace de « prendre pour maintenir la République – conformément à la Constitution- d’autres voies que le scrutin immédiat » A 17 h 30 l’Assemblée Nationale est dissoute et, de la place de la Concorde à celle de l’Etoile, une contre-manifestation nationale de soutien à De Gaulle rassemble quelques 300 000 personnes (1,5 million selon les organisateurs, la préfecture de police, une fois n’est pas coutume, n’avançant aucun chiffre !)

(* ) Il s’agit du Parti communiste français

1er juin
Ici ou là on observe en province  des tentatives de prolonger la contre-manifestation gaulliste, mais  les résultats sont minces : 4000 manifestants à Marseille et Lyon, 8000 à Rouen, 15 000 à Grenoble. Le SAC (*) et les CDR (*) multiplient les provocations et tentent de briser les occupations ouvrières.
Poursuite des négociations dans les branches . Certaines ont abouti et les salariés concernés sont consultés (EDF-GDF, Arsenaux, Papier-carton, Textile, Verre, Chaussure…). D’autres sont plus difficiles, voire bloquées (métallurgie, bâtiment, SNCF…). A l’appel de l’Unef, manifestation à Paris de 30 000 personnes. Des groupes tentent, sans succès, après la manifestation de haranguer les ouvriers des  usines Renault et Citroën.

(*) SAC (service d’action civique), …service d’ordre du RPF gaulliste.
(*) CDR (comités de défense de la république) créés par l’UDR gaulliste en mai 1968. 


2 juin
A l’ORTF et dans les radios privées, les journalistes « ralliés » au pouvoir mènent une campagne d’intoxication de l’opinion publique. L’intersyndicale de l’ORTF déclare qu’ « elle ne cautionne plus le journal télévisé de 20heures qui est assuré exclusivement par des journalistes non-grévistes.» De son côté la direction confédérale de la CGT  « met en garde les travailleurs et l’opinion publique  contre la campagne orchestrée par le gouvernement sur les radios et la télévision, tendant à faire croire à une reprise du travail généralisée sans considération des résultats obtenus. »