4 juin
Si dans un certain nombre de secteurs les négociations avancent, tel celui des cheminots, le patronat de la métallurgie durcit ses positions et les négociations piétinent. Les manifestations organisées par les soutiens du pouvoir ne font pas véritablement recette ; celle organisée du Trocadéro au Champs de mars rassemble 20 000 personnes.

5 juin
La grève continue dans la métallurgie, les grands magasins, le Caoutchouc, la fabrication pharmaceutique, les dockers, les salariés de Air France, à l’ORTF dont la police occupe les locaux… Création de 3 108 nouveaux syndicats CGT et des centaines de milliers d’adhésions. La CGT appelle les travailleurs à la reprise du travail « là où les revendications essentielles ont été satisfaites » mais rappelle que c’est aux travailleurs d’en décider et qu’ils « doivent prendre leur décision en fonction des réalités et apprécier à leur juste valeur les reculs imposés au gouvernement et au patronat.»

6 Juin

La reprise du travail, après accords, à la RATP, chez les cheminots, dans la fonction publique, aux PTT…Dans le bâtiment, CGC, CFDT et FO signent dans la nuit un accord séparé. La CGT appelle au renforcement de la grève.

7 juin
La CFDT métaux, avec l’UNEF, organise une manifestation place Pereire à Paris, qui rassemble un millier de personnes. Quelques centaines d’entre elles regagnent ensuite la Gare Saint-Lazare pour rejoindre Flins et se font éconduire par les cheminots à qui elles avaient demandé de mettre gratuitement à leur disposition des trains spéciaux. De là elles se rendent à Renault-Billancourt, où elles sont rejetées par les travailleurs qui occupent leurs usines. A Flins, devant l’usine Renault, violentes bagarres entre manifestants étudiants et forces de police.

8 juin
La CFDT appelle pour le 10 juin ses organisations  à une journée de solidarité et de soutien  « sous toutes les formes possibles, délégations auprès des chambres patronales, manifestations, arrêts de travail ». La CGT ne s’y associe pas, considérant qu’en raison des incidents qui s’étaient produits la veille à Flins, il appartenait à l’ensemble des organisations syndicales de « déterminer d’un commun accord les meilleures formes de solidarité envers les travailleurs en grève. » 
Les provocations gauchistes se multiplient.


10 juin
Le travail n’a pas repris à l’usine Renault de Flins investie par les CRS. La CGT et la CFDT tiennent un meeting devant l’usine. Tandis que des groupes conduits par Alain Geismar sillonnent la région, la police multiplie les rafles aux alentours. En voulant y échapper, des jeunes se jettent dans la Seine. Un lycéen parisien, âgé de 18 ans,Gilles Tautin, se noie. Ce tragique évènement provoque des heurts au Quartier Latin où deux mille manifestants affrontent les CRS. On déplore une centaine de blessés.

11 juin
Dans la soirée et dans la nuit des manifestations appelées par l’UNEF tournent à l’émeute au Quartier Latin où des barricades sont dressées. Des scénarios semblables se reproduisent à Lyon, Clermont-Ferrand et Toulouse. A Sochaux- Montbéliard, aux usines Peugeot, les affrontements entre grévistes et forces de répression font deux victimes, Jean Beylot, un jeune ouvrier, tué par balles et Henri Blanchet, mortellement blessé par une grenade offensive qui décèdera le lendemain. La CGT, puis la CFDT, appellent à un arrêt de travail de une heure dans toute la France.

12 juin
Le pouvoir retire la police des usines Renault-Flins et Peugeot-Sochaux. Les négociations sont relancées dans la métallurgie. Les cours reprennent dans les lycées.
Dans la Vie Ouvrière, la CGT appelle les salariés à compléter les succès de la lutte revendicative

Du 14 au 16 juin
Evacuation par la police de l’Odéon et de la Sorbonne.

18 juin
Le travail reprend dans de nombreuses entreprises de la métallurgie. Aux usines Renault-Billancourt, où 25 000 travailleurs sont rassemblés, la reprise du travail est votée. Le 18 juin, ils rentrent en cortège dans les ateliers de l’Ile Seguin.

24 juin
Le travail reprend chez Citroën et le 27 juin à l’ORTF.

Le 30 juin
Les élections législatives se traduisent par un raz de marée gaulliste.