13 mai
Débuts officiels des négociations de paix américano-vietnamiennes à Paris.

En France, par millions, les travailleurs  répondent à l’appel à la grève générale. Un meeting à Renault-Billancourt rassemble 20 000 salariés. Des centaines de milliers de manifestants en province et à Paris, où le cortège, long de sept kilomètres, rassemble 800 000 participants. On compte 60 000 manifestants à Lyon, Plus de 50 000 à Bordeaux et à Toulouse.


14 mai
Les 2000 métallos de Sud-Aviation à Bouguenais (Loire-Atlantique) occupent leur usine en fin d’après-midi et donnent le signal d’un mouvement d’une ampleur inégalée…

15 mai
Plusieurs centaines de délégations de salariés et d’assurés sociaux, porteurs de pétitions, viennent devant l’Assemblée nationale exiger l’abrogation des ordonnances.
A Bordeaux, manifestation de 10 000 travailleurs pour l’emploi, les salaires et la Sécurité sociale. A Renault-Cléon, après un nouvel arrêt de travail, les salariés décident de poursuivre le mouvement et d’occuper l’usine. Le théatre de l’Odéon est occupé.
« Appel aux travailleurs et travailleuses de France » de la CGT: « les comptes en retard se sont accumulés et doivent être réglés ». Suit un rappel des revendications : salaire minimum à 600 francs, abrogation des ordonnances sur la Sécurité sociale… Le texte ajoute : « l’action peut et doit partout être portée à un niveau supérieur. […] A l’appel de vos syndicats, agissez sans attendre, rassemblez vous sur les lieux de travail ; participez à la détermination des revendications et des modalités de l’action dans vos entreprises, vos branches d’industrie et vos régions ».  Cet appel est diffusé à quatre millions d’exemplaires ! 


17 mai
L’UGFF-CGT appelle les fonctionnaires à entrer en lutte. Lors d’une conférence de presse, Georges Séguy déclare notamment : « On pouvait attendre ordre de grève générale. Ceux là seront déçus. Nous préférons de beaucoup la prise de responsabilité des travailleurs eux-mêmes qui décident des propositions qui leurs sont faites par les syndicats. Nous attachons beaucoup de prix à ce que le mouvement engagé soit bien entre les mains des travailleurs et de leurs organisations. » De fait le mouvement d‘occupation s’étend. Des centaines d’usines sont désormais concernées : Rhodiacéta, Berliet, Rhône-Poulenc, Rateau, Air France, Schneider au Creusot…