6 mai
A l’appel de la CGT, arrêt de travail de 24 heures des mineurs, pour la sécurité, après la mort de 6 des leurs le 3 mai à Roche-la-Molière. Grève des techniciens des PTT. Après le SNES, l’Union des syndicats CGT de Paris « condamne énergiquement les provocations gouvernementales et les brutalités policières à l’encontre des étudiants, s’ajoutant à l‘inadmissible fermeture des facultés et à l’intrusion des forces de police à l’intérieur de la Sorbonne. » Manifestations d’étudiants en colère durant toute la journée et en soirée. Heurts violents avec la police : plus de cinq cents blessés et plus de quatre cent vingt deux arrestations.

7 mai
Conférence de presse de Georges Séguy qui fait part de l’indignation des ouvriers face à la violente répression policière dirigée conte les étudiants., exige la libération des étudiants emprisonnés, tient le pouvoir pour responsable. Il ajoute, « La solidarité entre les étudiants, les enseignants et la classe ouvrière dans leur lutte commune pour le progrès social, la démocratie et la paix est une notion bien connue de tous les militants de la CGT. » Dans la plupart des villes universitaires manifestations d’étudiants. A Paris, nouvelle manifestation, heurts entre la police et les étudiants : il y a encore de nombreux blessés et de nombreuses arrestations. Entrée en grève de nouveaux secteurs des PTT. A Paris, grève totale des taxis; arrêts de travail chez Sud-Aviation (Loire-Atlantique), chez Renault-Sandouville, aux A.C.H…

8 mai
Dans l’Ouest de la France éclatant succès de la journée de manifestations et de grèves contre la politique du pouvoir, pour la sécurité de l’emploi et des salaires décents, à l’appel de la CGT, de la CFDT, des organisations d’enseignants et des organisations paysannes : La plupart des entreprises de la région sont en grève de 24 heures, 30 000personnes défilent à Brest, 20 000 à Quimper, 10 000 à Rennes…
A Paris, place de l’Odéon, rassemblement dans le calme de 20 000 étudiants

9 mai
Rencontre CGT- CFDT : totale identité de vue des deux organisations quant à l’action commune. Puis, rencontre des deux organisations, conduites respectivement par Georges Séguy et Eugène Descamps, avec l’UNEF en vue de déterminer les conditions d’une action commune. Les discussions donneront lieu le lendemain à un accord, auquel la FEN se rallie, mais pas. F.O. Manifestations d’étudiants dans la plupart des villes universitaires.


10 mai
Communiqué commun CGT, CFDT, FEN, SNSUP et UNEF condamnant la répression policière et appelant à manifester dans toutes les grandes villes de France pour « l’amnistie de tous les manifestants condamnés, les libertés syndicales et politiques. »
A Paris, une manifestation d’une cinquantaine de milliers d’étudiants se déroule dans le calme. Le Quartier latin est occupé pacifiquement. Le drame éclate dans la nuit. La police prend d’assaut le Quartier Latin. La brutalité se déchaîne : gaz de combat et grenades offensives sont utilisés contre les étudiants, des voitures sont incendiées ; on déplore plusieurs centaines de blessés.

11 mai
La CGT condamne « l’attitude inadmissible du pouvoir », exprime son entière solidarité aux étudiants, enseignants et universitaires » et propose une réunion unitaire pour organiser la riposte. Appel de la CGT et de la CFDT, suivies par la FEN et Force Ouvrière, à une grève générale de 24 heures le 13 Mai avec manifestations dans toute la France. L’émotion est très forte dans le pays ; des manifestations ont lieu un peu partout.