Depuis plus d’un an les luttes ouvrières se sont développées, amplifiées, souvent unitaires, en province comme dans la région parisienne. Elles ont pour objet les salaires et le pouvoir d’achat, les retraites, la réduction du temps de travail, l’abrogation des ordonnances sur la sécurité sociale et, déjà, le chômage et l’emploi… La CGT appelle les travailleurs à faire du 1er Mai « une très grand étape » de la lutte pour la défense des revendications ouvrières, la démocratie et les libertés syndicales, la solidarité envers le peuple vietnamien.

1er mai

Défilé du 1er Mai, autorisé pour la première fois dans la capitale depuis quatorze ans ; plus de cent mille personnes, à l’appel de la seule CGT. En province, nombreux rassemblements et défilés organisés, tantôt à l’appel de la seule CGT, tantôt dans l’unité avec la CFDT et la FEN, parfois avec les étudiants, comme à Lyon.

2 mai

Adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi communiste sur la généralisation de la quatrième semaine de congés payés, mais rejet d’une cinquième semaine pour les moins de 21 ans. Dans la métallurgie, face à l’intransigeance de l’UIMM, appel des métallos CGT « à développer et à intensifier sous toutes les formes, l’action unie dans les entreprises pour imposer de véritables négociations. » Décision de grèves des fédérations CGT et CFDT du textile dans les usines de textile artificiel. A Nantes, débrayage et manifestation dans les rues de la ville des salariés de l’usine Sud-Aviation-Bouguenais. Dans la nuit, attaque d’un local syndical à la Sorbonne par le groupe fasciste « Occident» .

3 mai
La faculté des Lettres de Nanterre est fermée, tandis que d’importantes forces de police se déploient dans le Quartier latin, pénètrent dans la Sorbonne, en chassent les étudiants et en arrêtent de nombreux. En réaction, une manifestation d’étudiants se déroule et est violemment prise à partie par les forces policières. Bilan : 596 arrestations et 27 gardes à vue.

4 mai
Développement du mouvement revendicatif: débrayages massifs à Sud-Aviation (Suresnes) pour la réduction du temps de travail et décision de poursuivre la grève perlée dans les PTT avec l’entrée en grève des techniciens pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail.

Condamnation de sept étudiants à des peines de prison avec sursis et à des amendes (six autres seront condamnés le lendemain, certains à des peines de prison ferme.)
A l’appel de la CGT, arrêt de travail de 24 heures des mineurs, pour la sécurité, après la mort de 6 des leurs à Roche-la-Molière..
Après le Snes, l’Union des syndicats CGT de Paris « condamne énergiquement les provocations gouvernementales et les brutalités policières à l’encontre des étudiants, s’ajoutant à l‘inadmissible fermeture des facultés et à l’intrusion des forces de police à l’intérieur de la Sorbonne ».
Manifestations d’étudiants en colère durant toute la  journée et en soirée.  Heurts violents avec la police : plus de cinq cents blessés et plus de quatre cent vingt deux arrestations