Le principal intérêt de la sécurité sociale professionnelle est qu’elle permet de rompre avec les notions de perte d’emploi au profit d’une conception de maintien dans l’emploi, de continuité et de progression de carrière.
Le droit à la sécurité sociale professionnelle peut être défini comme un moyen assurant la mise en œuvre du NSTS. Finalement, ce droit assure l’effectivité des autres droits, il a la double nature de droit et de moyen.
Actuellement, un salarié qui change d’emploi, volontairement ou sous la contrainte, perd la quasi-totalité de ses droits, ce changement d’emploi faisant souvent abstraction des compétences professionnelles acquises et des droits sociaux antérieurs. Par exemple, il n’y a pas de progression automatique dans la carrière, dans la rémunération. Si la sécurité sociale est maintenue, d’autres éléments de la couverture sociale sont interrompus (complémentaire santé, prévoyance, droit à la retraite etc.). En cas de passage par le régime d’assurance-chômage, le revenu et les droits sociaux sont réduits, limités dans le temps, voire disparaissent.
Stabilité et progression des droits durant tout le parcours professionnel
La CGT revendique que les salariés conservent l’intégralité de leurs droits jusqu’à obtention d’un nouvel emploi, et dans ce nouvel emploi. Ces droits seraient ainsi préservés durant toute la période dite de chômage. En vertu de leur « transférabilité », ils seraient ensuite recouvrés dans le nouvel emploi et s’imposeraient donc au nouvel employeur, public ou privé. Ce principe vise à garantir tout au long du parcours professionnel une reconnaissance des qualifications et des expériences acquises par l’ancienneté dans l’emploi, traduites dans une progression des carrières et des rémunérations. Les droits à la retraite, ceux résultant de dispositifs complémentaires (prévoyance, mutuelle, etc.…) s’inscriraient également dans cette continuité.
Dépasser le concept de « chômage »
L’instauration d’une sécurité sociale professionnelle, telle que la conçoit la Cgt, s’oppose à la notion même de licenciement et aux situations de chômage. Elle participe aussi à l’éradication de la pauvreté et de toutes les formes d’exclusion sociale et professionnelle. Au prétexte de versement de cotisations sociales « assurance chômage », les employeurs déploient des politiques de recrutement et de gestion des salariés socialement et économiquement irresponsables. Au gré de la conjoncture et des aléas économiques, ils jouent peu ou prou sur une variable d’ajustement : la masse salariale soit, in fine, les salariés qu’ils licencient.
En revendiquant la préservation ainsi que la continuité des droits des salariés, même en cas de suppression d’emploi, la Cgt vise la disparition pure et simple du chômage tel qu’il est aujourd’hui conçu et organisé.
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Le chômage partiel
Une logique proche de la SSP ?
L’État et l’Unedic ont mis en place un dispositif afin de porter l’indemnisation des salariés en chômage partiel de longue durée de 60% à 75% du salaire brut. En contrepartie, les entreprises ou les branches concernées s’engagent conventionnellement à maintenir l’emploi des salariés bénéficiant de ce dispositif et cela pendant une durée équivalente au double de la durée conventionnelle. En cas de non-respect de cet engagement, l’employeur devra rembourser les sommes perçues.
L’employeur devra proposer à chaque salarié un entretien de professionnalisation afin d’examiner d’éventuelles actions de formation à engager.
Si le mode de financement et la faiblesse des obligations faites à l’employeur sont critiquables, force est de reconnaitre que la logique de ce dispositif va dans le sens du maintien du contrat de travail et d’une majeure partie du salaire alors même que le salarié est en chômage technique.