La cgt

NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Dépêches

Aveyron : mort d’une salariée de la chambre d’agriculture

Un acte lourd de sens

vendredi 19 février 2016 , par EB

A Mayran dans l’Aveyron, le 17 février, une salariée de la chambre d’agriculture a été sauvagement agressée. Cette agression entraînant sa mort, s’est produite dans le cadre de son travail sur une exploitation agricole.

L’éleveur aveyronais de 47 ans est soupçonné d’avoir tué, cette conseillère agricole venue effectuer une inspection d’hygiène dans sa ferme. La victime de 26 ans, a été "agressée", "traînée et tuée" et son corps jeté dans un étang de Mayran, avait indiqué le procureur Yves Delperié lors d’une conférence de presse mercredi soir.

C’est tout d’abord une profonde tristesse que nous ressentons, à la Fédération Nationale Agroalimentaire et Forestière CGT, pour cette jeune femme et ses proches. A ceux-ci, nous apportons notre plus profonde solidarité.
Nous tenons à exprimer également tout notre soutien aux salarié(e)s des chambres d’agriculture de notre pays.


Le gouvernement tente de minimiser cet acte

Les responsables professionnels, le gouvernement par la voix de son Ministre de l’Agriculture et les médias qui leur emboîtent le pas, tentent de minimiser cet acte et de le déconnecter des fortes tensions actuelles issues tout à la fois des crises agricoles à répétition, des attaques violentes contre les salariés, de la stigmatisation des services publics et des salariés qui y sont employés.

Le climat qui règne depuis quelques temps dans le monde agricole menant à des actes violents, inconsidérés et inadmissibles sont graves et lourds de sens.

Une crise qui s’inscrit dans la durée

Les salariés des organismes agricoles et de la production agricole subissent chaque jour brimades, mauvais traitements, exploitation éhontée et travail clandestin.
De tels actes s’inscrivent dans des situations sociales et économiques dramatiques dont les responsabilités sont connues. Les salariés n’en portent aucune. Pourtant ils sont vilipendés continuellement, systématiquement culpabilisés, rendus responsables des crises. Et quand ils agissent pour se défendre, on leur envoie la police, la gendarmerie ou des milices mercenaires. Ces réalités ne peuvent être occultées. Il y a quelques semaines, une situation similaire concernait des salariés de l’inspection du travail venus contrôler une exploitation agricole dans une autre région.

De tels actes doivent être résolument condamnés et les coupables vigoureusement sanctionnés.

Il n’y a aucune commune mesure entre ce qui vient de se passer à Mayran et une chemise déchirée à l’aéroport de Roissy. Et pourtant les médias aux ordres étouffent l’affaire dans un cas et surenchérissent dans l’autre, allant jusqu’à accuser les salariés d’actes de terrorisme.

Construire une autre agriculture nationale

Loin d’être conjoncturels, cette crise et de tels événements s’inscrivent dans la durée et dans une période de troubles et d’exaspération. Les alternatives sont à chercher ailleurs, notamment pour nos professions, dans la convergence d’actions et d’intérêts entre salariés et petits et moyens agriculteurs pour construire une autre agriculture nationale.

Source : communiqué de la Fédération Nationale Agroalimentaire et Forestière CGT