Le gouvernement se livre à un odieux chantage en proposant aux infirmier(es) et personnels paramédicaux des hôpitaux publics de choisir entre l’abandon de la retraite à 55 ans et une revalorisation salariale.
Un article de Laurent Mossino publié dans le mensuel Ensemble de février 2010
Echange départ en retraite anticipée à l’âge de 55 ans pour cause de pénibilité contre reconnaissance du statut en catégorie A de la fonction publique. Tels sont les termes de l’odieux chantage auquel se livre le gouvernement à l’égard des 230 000 infirmiers et infirmières et 80 000 personnels paramédicaux ( kinés, manipulateurs radio, orthophonistes, assistantes sociales, etc ).
Le passage de la catégorie B à la catégorie A pour les personnels concernés est la conséquence de la réforme licence-master-doctorat ( LMD ), qui donnera la reconnaissance du niveau licence aux diplômes obtenus à partir de 2012 ( Bac + 3 ). Il devrait se traduire par une revalorisation salariale d’environ 2000 euros nets par an, soit l’équivalent à peu près d’un treizième mois. Mais il n’implique nullement de remettre en cause la retraite anticipée dont bénéficient ces personnels au titre de la pénibilité du travail : travail de nuit, travail posté, ports des patients, charge émotionnelle ( souffrance, mort ), etc. Faut il rappeler qu’un cinquième des infirmières et un tiers des aides soignantes partent en invalidité avant l’âge de 55 ans ?
Cet épisode augure mal du traitement de la question de la pénibilité à la veille du rendez-vous sur les retraites convoqué par le président de la République. Assisterons nous à un nouveau chantage au terme duquel un dispositif sur la pénibilité au bénéfice de quelques uns permettrait par exemple de reculer l’âge légal de la retraite pour tous ?
Ce serait un formidable marché de dupes, puisque la prise en compte de la pénibilité était déjà prévue dans la réforme des retraites en 2003 ! C’est donc à juste titre que la CGT a déclaré vouloir faire du traitement de cette question de la pénibilité un « préalable » aux discussions à venir sur les retraites.