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Publié le lundi 26 octobre 2009

Repenser le statut du travail et le statut du salarié.



L’idée fondatrice du NSTS, c’est celle de la continuité du contrat de travail, quelle que soit la situation du salarié : actif, en recherche d’emploi, en formation…

Cette permanence du contrat modifie, en le faisant évoluer, le statut du salarié. En effet, la continuité de la carrière offrira plus d’indépendance et plus de liberté au salarié. De même, l’idée de droits attachés à la personne, qui sont transférables, cumulables et garantis collectivement, lui permettra de maîtriser son parcours professionnel, d’être moins assujetti au bon vouloir de l’employeur. Ainsi, c’est l’ensemble du statut de salarié qui évolue vers l’idée d’un travailleur maîtrisant davantage sa dépendance économique. De fait, c’est la conception même du travail et de sa fonction sociale qui va être révolutionnée.

A – Le statut du travail

La dimension socialisante du travail n’a été que tardivement appréhendée par les syndicalistes, jusqu’ici plus sensibles aux problématiques de salaire, de temps et de conditions de travail qu’au vécu de la situation de travail en elle même. Or, la nature du travail et sa réalisation ont été bouleversée par le passage du capitalisme industriel au capitalisme financier où la recherche de rentabilité des capitaux à court terme passe par une intensification de la productivité. Qui se traduit par de nouvelles formes d’organisation du travail et qui engendre une nette dégradation de l’état de santé des salariés. Être plus productif tout en devant fournir un travail de meilleure qualité, tel est le paradoxe qui alimente l’impression de mal faire son travail, le tout vécu dans un isolement de plus en plus important du fait de l’éclatement des solidarités collectives, de l’affaiblissement du syndicalisme, lui-même en partie dû à la déstructuration du salariat et à la dématérialisation des lieux et du temps de travail.

Pour mieux appréhender les questions relatives au travail réel, il faut garder à l’esprit qu’il existe une opposition fondamentale dans la perception du travail : pour le salarié, le travail est un moyen de subsistance mais aussi un moyen de produire du lien social, de pouvoir évoluer, d’exister…Pour l’entreprise, le travail est un coût, une charge.

Dès lors, tout l’enjeu de notre proposition consiste à faire reconnaître le travail comme une valeur mais aussi à faire reconnaître la valeur du travail. Pour ce faire, il faut se pencher sur le travail réel, sur ce qu’il est concrètement. Pour cela le salarié doit avoir la parole et la faculté, par le biais de syndicats renforcés, de réguler différemment les pouvoirs au sein de l’entreprise.

B – Le statut du salarié

La notion de « salarié » est bousculée, notamment par le développement de formes d’emploi à la limite du salariat. Exemple : le statut de travailleur indépendant, encouragé par les employeurs qui peuvent ainsi se défausser de leurs obligations et faire peser des risques de tous ordres sur le travailleur.

Parallèlement, émerge une autre notion de travailleur, à savoir celle de travailleurs économiquement dépendants. Selon les partisans de ce courant de pensée, ces travailleurs devraient certes bénéficier de protections élémentaires, mais inférieures à celles du salarié traditionnel.

Il s’agit là de détournement de la notion même de salariat car un travailleur économiquement dépendant est, dans la plupart des cas, un salarié.

Le NSTS conduit à porter un regard nouveau sur la notion de travailleur salarié. En effet, et c’est le principe même de notre proposition, un salarié sera toujours inscrit dans un rapport contractuel, ou lié par des droits et obligations (pour les fonctionnaires) quelle que soit sa situation : actif ou non, en formation, à la retraite etc. Ainsi, toute personne, dès sa première recherche d’emploi, devient un salarié et le reste, s’il le souhaite, jusqu’à la fin de sa vie.

Le NSTS se fonde sur l’idée que le lien contractuel n’est jamais rompu, la notion de contrat recouvrant dès lors un sens figuré qui signifie simplement qu’il existe des droits et des obligations liant deux parties.

Concrètement, soit le travailleur occupe un emploi, auquel cas un contrat de travail le lie à son employeur, soit il n’est pas en situation d’emploi mais un lien perdure. Dans ce dernier cas de figure, nous pourrions envisager que le dernier employeur reste comptable d’obligations à l’égard du salarié en lui reversant son salaire socialisé par exemple. De son côté, le salarié resterait en lien avec ses représentants du personnel et prioritaire à l’embauche en cas de créations d’emplois. De cette manière, la responsabilité sociale de l’employeur est matérialisée.

Il ne s’agit donc pas d’accompagner le salarié entre deux contrats de travail, mais d’instaurer une continuité de son parcours. La réalisation de ce projet passe, dans un premier temps, par une mutualisation des fonds qui permettra d’assurer la permanence des droits tels que le salaire, la complémentaire santé, la formation etc. Cela constituerait un premier pas vers une socialisation du salaire.