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Publié le samedi 19 octobre 2013

Pour renouer avec la croissance : augmentez les salaires !



Les salaires sont au centre de la crise que traverse notre pays et la zone euro.
Le patronat n’a de cesse de diminuer la masse salariale, de revendiquer -et hélas d’obtenir- des exonérations sociales et de refuser de reconnaître les qualifications. Alors que la rentabilité financière des entreprises est en hausse, la faiblesse des salaires, la perte de pouvoir d’achat qui en résulte plombent notre économie.

Pour la CGT, le travail n’est pas un coût, mais un atout économique et social, alors que le capital coûte de plus en plus cher pour l’ensemble de la société ainsi que l’explique Nasser Mansouri-Guilani, économiste : "ce qui crée de la richesse et donc de la valeur ajoutée, c’est bien le travail humain. Or le partage de cette richesse créée se fait au détriment des salaires."

Ce qui handicape la France, ce n’est pas le « coût » du travail mais bien le coût du capital, c’est-à-dire les prélèvements financiers.
- Ainsi, en 1950, pour 100 € de masse salariale, les entreprises versaient 9,5€ de dividendes et 4,5€ de
charges d’intérêts.
- Aujourd’hui, pour 100 € de masse salariale, les propriétaires reçoivent 36€ et les créanciers 10€.

En France, contrairement aux idées rebattues par le patronat le prix du travail ne coûte pas si cher que cela.

Le prix du travail en France, y compris les cotisations sociales, se situe dans la moyenne des pays qui ont à peu près le même niveau de développement économique et social.
En revanche, la France se situe dans le peloton de tête en ce qui concerne la productivité du travail.

Coût du travail compte tenu de la productivité du travail
Valeur Rang
Danemark 140 1
Suède 125 2
Finlande 112 3
Autriche 105 4
Union européenne à 15 100
Allemagne 96 5
Italie 93 6
Pays-Bas 88 7
Union européenne à 27 87
France 87 8

Aujourd’hui, les prélèvements financiers (dividendes et intérêts versés) équivalent à la moitié de la masse salariale des sociétés non financières.
Par conséquent, ce qui handicape la France, c’est bien le coût du capital et non les salaires.
Contrairement à ce que prétend le patronat, les profits d’aujourd’hui ne font ni les investissements de demain ni les emplois d’après demain.
L’argent versé aux actionnaires est autant d’argent qui ne va ni aux salariés ni à l’investissement productif.

La hausse des salaires est nécessaire pour accroître la consommation et accélérer la croissance économique.

La consommation des ménages compte pour 57 % du PIB.
L’évolution du PIB dépend donc largement de cette consommation.
Au cours des années 2000, la consommation des ménages explique deux tiers de la croissance de l’activité économique en France.
Enfin, la croissance économique suit l’évolution de la consommation.