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Publié le mardi 13 février 2007

Nouvelles vagues de répression en Guinée : la France et l’Union Européenne doivent prendre des sanctions !



La Cgt appelle une nouvelle fois ses organisations et ses militants à se mobiliser en soutien au peuple guinéen.

Après une dizaine de jours d’accalmie les manifestations ont repris ce week-end dans les rues de Conakry et dans les principales villes de Guinée. La Cgt condamne la répression sanglante qui s’est une nouvelle fois abattue sur les manifestants. Elle appelle la France et l’Union Européenne à prendre des sanctions ciblées contre les principaux dirigeants guinéens.

En désignant Eugène Camara ministre d’Etat aux Affaires présidentielles comme Premier ministre aux pouvoirs élargis, le Président Lansana Conté a délibérément violé l’accord avec les organisations syndicales le 27 janvier dernier et mis le feu aux poudres : ce dignitaire du régime ne présente manifestement pas le profil d’intégrité qui était attendu. Se sentant flouée, la population guinéenne est une nouvelle fois descendue dans les rues des principales villes du pays pour crier sa colère. Les organisations syndicales guinéennes ont confirmé leur appel à la reprise de la grève générale illimitée.

Les informations qui nous parviennent de nos partenaires syndicaux guinéens et confirmées par les agences de presse sont alarmantes. La répression s’est une nouvelle fois abattue sur les manifestants et les premiers bilans, provisoires, font état de 23 morts ce week-end. De nombreuses sources signalent la présence à Conakry de mercenaires à la solde du Président Conté.

Dans une lettre adressée au Président de la République française et à Monsieur Douste-Blazy ministre des Affaires étrangères, Bernard Thibault, Secrétaire général de la Cgt, interpelle le gouvernement français qui ne peut rester silencieux devant des violations aussi massives et répétées des Droits de l’Homme. Paris doit condamner avec la plus grande fermeté la répression et user de son influence pour amener le Président Lansana Conté à la raison.

La Cgt demande également au gouvernement français d’intervenir de toute urgence auprès de ses partenaires européens pour que toute aide à la Guinée soit immédiatement suspendue. Les avoirs personnels dans l’Union Européenne du Président Conté, de ses proches et des plus hauts dirigeants guinées, doivent être gelés. Un message clair doit être adressé aux responsables guinéens réaffirmant l’engagement de la communauté internationale à ce que les crimes commis, ou qui pourraient l’être dans les prochains jours, ne resteront pas impunis.

Après dix-huit jours de grève générale et de manifestations, un accord était intervenu le 27 janvier dernier entre le gouvernement et les principales organisations syndicales de Guinée.

Outre le principe de la désignation d’une personnalité intègre et de « consensus » comme Premier ministre et Chef de gouvernement, l’accord signé comportait de nombreux volets économiques et sociaux : baisse des prix du riz et du carburant, blocage pendant un an de l’exportation des produits de premières nécessité, relèvement des pensions de retraite et statut des enseignants.

Un accord avait également été trouvé sur le « strict respect du principe de la séparation des pouvoirs », l’indépendance de la Banque Centrale (BCRG) et la poursuite de l’action judiciaire « contre tous les prédateurs de l’économie nationale ». Cette clause faisait explicitement référence à l’ancien « patron des patrons », Mamadou Sylla et Fodé Soumah ancien ministre et vice gouverneur de la BCRG, accusés de détournement de fonds mais libérés de prison sur l’intervention personnelle du Président Lansana Conté.

Le prix payé par la population guinéenne pour obtenir cet accord est effroyable. La répression de la grève générale et des manifestations a fait plus de 90 morts et des centaines de blessés.

La Cgt appelle une nouvelle fois ses organisations et ses militants à se mobiliser en soutien au peuple guinéen.