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Publié le vendredi 1er avril 2005

Mouvement social et répression au Niger



Le gouvernement nigérien qui doit faire face depuis quelques semaines à un mouvement social sans précédent, ne trouve d’autre réponse que la répression.

Pour protester contre l’augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité (lait farine, eau, etc.), plus de 70 000 personnes ont manifesté dans les rues de Niamey le 15 mars dernier. Une nouvelle manifestation, prévue le 22 mars pour la journée mondiale de l’eau, a été interdite par le gouvernement. La « coalition contre la vie chère », à l’origine du mouvement, a alors appelé à une grève générale et à une journée ville morte. Celle-ci a été massivement suivie à travers tout le pays, notamment à Niamey, Zinder ou Dosso.

Depuis, les arrestations se multiplient au sein des responsables de la coalition, qui rassemble organisations syndicales, mouvements de consommateurs et associations. Le gouvernement du Niger se retranche derrière les critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest Africaine (UEMOA) et les exigences du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale pour justifier ses choix fiscaux. Ceux-ci ne touchent que les travailleurs et les populations les plus pauvres.
La Cgt, en contact permanent avec ses partenaires syndicaux sur place, manifeste sa solidarité envers les mouvements sociaux nigériens. Elle exige la libération des personnes interpellées, l’arrêt des poursuites et l’ouverture de négociations.

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent à travers le monde pour demander aux pays les plus riches et aux institutions financières internationales de respecter leurs engagements à lutter contre la pauvreté. La situation du Niger démontre une nouvelle fois que les politiques libérales imposées par le FMI et la Banque mondiale et le poids de la dette extérieure sont des entraves à la lutte contre la pauvreté et au développement des pays du Sud.