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Hommage

Louis Viannet

mardi 14 novembre 2017

Ce lundi 13 novembre, nombreux étaient ceux, militants, adhérents, amis, famille... proches, venus rendre un dernier hommage à celui — Loulou — qui présida, à des périodes clefs, à la destinée de la CGT.
Un moment simple et chaleureux, comme il les aimait, ponctué de témoignages traduisant l’émotion partagée.


En ouverture du CCN, un hommage à Louis Viannet, a été rendu, le lundi 13 novembre à 17 h 30 à la confédération à Montreuil. Philippe Martinez, Bernard Thibault et Pierre Laurent étaient au premier rang, ainsi que sa femme, sa fille et ses petits-enfants. Camarades, militants et amis étaient venus très nombreux lui rendre un dernier hommage.

Elyane Bressol, qui fut la présidente de l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la CGT a ouvert et clôturé l’hommage sur la scène du patio Georges Seguy. Secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999, « c’est dans ce lieu, transformé en salle de congrès que Louis Viannet a succédé à Henri Krasucki », a-t-elle rappelé dans ce patio où « Loulou aimait la présence animée des militants, auprès de qui il allait, saluant chacun ». Et d’ajouter, « rassembler fut le mot fort de son action ». Entré à la CGT par la grande grève des postiers de 1953, son parcours fut jalonné de rendez-vous avec l’histoire sociale du pays : mai 1968, la grève des PTT de 1974, et 1995.

À la Fédération des PTT à Lyon

Vient ensuite le témoignage d’une collègue et camarade de lutte, Nicole, aux chèques postaux de Lyon, qui rappelle qu’il « participa activement à la décentralisation du syndicat des PTT » où il fût secrétaire départemental puis secrétaire régional en 1962. Puis vint 1968, où « il participa activement à la grève générale ». Elle retient de cette époque « sa capacité à entraîner les foules ».
Christian Mathorel, lui, partagea avec lui la vie et l’histoire de la fédération des PTT à Lyon, de 1953 à 1982, période où il fût adhérent au PCF et où il forgea ses convictions. Il se souvient du secrétaire CGT dans un service composé essentiellement de femmes où il n’hésitait pas à se dire féministe « et se battait pour que les femmes soient égales dans les responsabilités, le travail et la société ». Mais aussi du « négociateur redoutable, dans un rapport de force redoutable » en mai 1968.

Le combat syndical fut le fil conducteur de son existence
Philippe Martinez s’adresse alors à tous : famille et amis, pour saluer la mémoire du camarade et ami « le père, le grand-père, l’ami, le militant qui a tourné l’essentiel de sa vie vers celle des autres » car le combat syndical fut « le fil conducteur de son existence ». Rapidement repéré à la Fédération des PTT, puis à la Commission exécutive confédérale, il intègre le bureau confédéral de la CGT dès 1982.
Il fût le directeur de la Vie ouvrière à partir de 1982 jusqu’en 1992, et veilla à ce que le journal soit « non seulement le reflet des orientations de la CGT mais prenne aussi en compte sa diversité et celle du monde du travail en mutation, conscient de ce que la Vie ouvrière se devait d’aller au-delà de la sphère militante ».

Chantre d’une CGT ouverte
Il évoque ensuite sa maîtrise des dossiers, la finesse de ses analyses politiques, sa rigueur dans l’échange et sa pugnacité : qualités qui lui ont valu le respect tant de ses camarades que de ses adversaires et lui ont permis d’accéder aux plus hautes fonctions au sein de la centrale. Et d’ajouter « il portait en lui la vision d’un syndicalisme utile, porteur des aspirations des salariés, un syndicalisme de progrès social pour une société plus juste et plus humaine ». Chantre d’une CGT ouverte, il a perçu les nouveaux défis du syndicalisme que devait affronter la CGT « il a identifié avec beaucoup d’acuité la recomposition nouvelle du salariat, le développement de la précarité, dans un pays confronté au chomage de masse ».
Et d’évoquer l’un des marqueurs de son mandat, le conflit social de 1995 qui a mis en échec Alain Juppé, qu’il a qualifié de « Tartuffe de la contestation » sur la réforme des retraites « dans une action de masse qui recevait le soutien de la population et fut perçu par les militants de la CGT comme une victoire majeure ».
C’est à partir de ces expériences qu’il engagea un chantier à la CGT pour notamment « placer les responsabilités où elles doivent être positionnées et pour cela redonner leur vrai rôle aux instances confédérales » mais aussi renouer avec la culture du débat.

Un homme à l’écoute
Et par-dessous tout la recherche de l’unité syndicale comme « l’élément majeur dans la construction de batailles victorieuses » tout en ayant conscience de la difficulté de plus en plus grande d’y parvenir « vu les différences profondes d’appréciation concernant la réforme du droit du travail dite loi El Khomri ».
Au-delà de l’homme syndical et politique (membre du bureau politique du PC pendant dix ans), Philippe Martinez, évoque aussi un homme à l’écoute, et bon vivant.
Puis sa fille Sylvie livre un témoignage émouvant sur son père : « Son jardin secret à lui était bien gardé, il se livrait peu, la pudeur et la modestie qui le caractérisaient le poussaient toujours à la réserve. »