La cgt
NOUS SUIVRE
  
Publié le lundi 20 octobre 2008

"Les syndicats face aux IFI : Informations pratiques et stratégies pour l’engagement syndical envers les Institutions financières internationales"



Aller de l’avant avec ce guide publié par la CSI qui propose d’encourager les syndicalistes à rester forts face à l’opposition des gouvernements et des IFI et à continuer de combattre pour d’autres solutions aux politiques dommageables si souvent encouragées par ces institutions.

Que peuvent faire les syndicats face aux institutions financières internationales ?

Lorsque l’on demande aux dirigeants syndicaux s’ils pensent qu’ils doivent ou non se confronter aux politiques de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), et des banques régionales de développement1 (appelées les institutions financières internationales ou IFI) leur première réponse est “Oui, nous devons le faire !”. Ensuite ils s’interrogent “De quelle manière ?” et, un peu plus tard, “Pouvons-nous en retirer quelque chose ?” Ce sont de bonnes questions.

Après tout, la Banque mondiale et le FMI sont des institutions gigantesques, employant des dizaines de milliers de bureaucrates, de chercheurs, d’experts techniques et de consultants pour superviser leurs activités. Ces institutions disposent de très importantes ressources et elles semblent pouvoir parler directement aux gouvernements chaque fois qu’elles le souhaitent. Pendant plus de 60 ans, ces institutions puissantes ont fixé les politiques économiques et les modèles de développement que les pays doivent suivre pour obtenir un accord de prêt et d’autres formes d’assistance.

De nombreux dirigeants syndicaux font preuve de scepticisme à l’égard du FMI et de la Banque mondiale. Les syndicalistes ont trouvé que ces institutions étaient inaccessibles ou même qu’elles ne faisaient aucun cas des points de vue des organisations des travailleurs et des organisations de la société civile en général, en dépit de la rhétorique des IFI à propos de l’implication de la société civile dans leurs activités.

Dans de nombreux pays, le FMI et la Banque mondiale se sont montrés indifférents aux points de vue des organisations des travailleurs. Dans les années 80 et 90, des programmes d’ajustement structurel (PAS) ont été imposés à des pays en développement dans une telle mesure que la discussion d’autres approches s’est trouvée reléguée à l’arrière-plan. Souvent, le personnel de la Banque mondiale et du FMI se rend dans des pays qui cherchent à obtenir des prêts, et n’y reste que quelques jours pour rencontrer les membres du gouvernement et de la communauté des affaires et rentrer ensuite rapidement à Washington—en laissant aux gouvernements le soin de vendre à leurs propres citoyens les conditions “négociées” des prêts octroyés. Les gouvernements ont répété le leitmotiv “Il n’y a pas d’autre solution”, et ont critiqué les syndicats et les organisations de la société civile qui soulignaient les conséquences de l’adoption des politiques des IFI. Même lorsqu’un ensemble de lourdes preuves montrait que les recommandations des IFI inspirées de la doctrine du “one size fits all” (une solution globale pour tous) s’étaient avérées catastrophiques pour les travailleurs et les pauvres, les mouvements syndicaux qui ont essayé de plaider pour une approche différente ont été parfois réprimés, et presque toujours critiqués pour leur manque de réalisme.

Aller de l’avant

Il est clair qu’il n’y a pas de moyens simples et rapides de faire face aux IFI, en particulier quand les syndicats sont attaqués sur de si nombreux autres fronts et que leurs ressources sont déjà étirées au maximum. Mais il y a des raisons de rester optimiste. Les organisations de travailleurs dans différentes parties du monde ont construit une solidarité à l’échelon national, comme international pour obtenir des acquis importants face aux programmes du FMI et de la Banque mondiale. Des alliances stratégiques entre syndicats, organisations de la société civile et réseaux d’activistes se sont développées et ont favorisé d’autres approches pour alléger la pauvreté, souvent avec un succès étonnant.

Ce guide se propose d’encourager les syndicalistes à rester forts face à l’opposition des gouvernements et des IFI et à continuer de combattre pour d’autres solutions aux politiques dommageables si souvent encouragées par ces institutions. Les sections suivantes fournissent des informations concrètes sur l’engagement des syndicats envers les IFI, afin que les syndicalistes puissent traiter avec ces institutions en étant dotés du savoir et des instruments nécessaires pour réclamer un changement. Bien entendu, on attend des syndicats qu’ils suivent non seulement ces suggestions mais encore qu’ils s’efforcent de trouver de nouveaux moyens de faire face aux IFI et de les réformer.

Lien vers le guide de "Les syndicats face aux IFI :
Informations pratiques et stratégies pour l’engagement syndical envers les
Institutions financières internationales"