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Sans-papiers

Pizzeria La Mamma : les salariés enfin régularisés et payés à temps complet

lundi 2 novembre 2015 , par EB

Mardi 27 octobre 2015, les 5 salariés grévistes de la pizzéria La Mamma, rue Vavin à Paris, reprennent le travail après 23 jours de grève et d’occupation. Leur grève, soutenue par la CGT Paris et l’Union Syndicale commerce CGT Paris, avait commencé le 1er octobre.

Serveurs, cuisiniers, plongeurs, depuis 10 ans, 4 ans, la patronne les a surnommé « Gino », « Gabriel », « Giovanni », « Marco », « Emilio » mais ils s’appellent Saïd, Hassen, Aymen, Mohamed Kamal, Aymen et Nader.

6 jours sur 7, 9h par jour

Ils étaient déclarés 17h par mois, 20h par mois, 60h par mois alors qu’ils travaillaient en réalité 54 h par semaine (6 jours sur 7, 9h par jour). Leurs congés n’étaient pas payés. Leurs droits n’étaient pas respectés. Contraints au travail dissimulé depuis des années parce que leur patronne savait qu’ils étaient sans-papiers.

Photo : Nvo.fr

Dès leur embauche, ils avaient pourtant demandé à être déclarés à temps complet et depuis des années, ils demandaient à leur patronne de remplir les documents nécessaires à leur régularisation par le travail.

23 jours de grève et d’occupation

Lassés d’être exploités, sous déclarés, sous qualifiés parce que sans papiers, ils ont décidé de sortir de la clandestinité en se mettant en grève le 1er octobre 2015 et en occupant jour et nuit la pizzéria. Après 23 jours d’occupation, avec le soutien des travailleurs sans papiers du 78, de la CGT Paris, de l’US Commerce CGT Paris, de l’UL CGT du 5e et 6 arrondissements, d’intenses négociations, un protocole de fin de conflit a enfin pu être signé vendredi 23 octobre.

Désormais régularisés, déclarés et payés à temps complet

Ils ont enfin obtenu d’être déclarés et payés à temps complet, le paiement des heures supplémentaires, le droit aux congés payés annuels et le paiement rétroactif de leurs congés payés. par ailleurs ils sont désormais employés selon leurs qualifications réelles et surtout leur employeur a rempli les documents nécessaires à leur régularisation.

Un grand pas a été franchi en matière de lutte et d’organisation des travailleurs sans papiers, il s’agit maintenant de régulariser tous les travailleurs sans papiers et d’en finir avec des conditions d’admission à un titre de séjour qui, en se durcissant, encouragent les patrons à dissimuler le travail et les travailleurs à se taire.