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Publié le mardi 12 décembre 2017
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Les métropoles n’ont pas d’effet dynamique systématique sur l’emploi dans leurs territoires et ceux avoisinants



Les lois Maptam de 2014 puis NOTRe de 2015 ont élargi les compétences des métropoles et leur ont donné des moyens pour leur croissance économique, confiant simultanément la responsabilité de l’équilibre territorial aux régions et celle de la solidarité et de la cohésion sociale aux départements. Le Pacte État-métropoles signé en juillet 2016 a affirmé la nécessité de renforcer les coopérations entre les métropoles et les territoires qui les entourent.

Une note de France Stratégie de novembre 2017 dresse un état des lieux du dynamisme et du rayonnement régional de douze métropoles en matière d’emploi : Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Nice, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

L’analyse fait ressortir d’importantes disparités entre ces grandes villes. La croissance est systématiquement plus forte aux franges de leurs aires urbaines avec, au centre, un rôle déterminant des secteurs dits de la « base compétitive » — industrie manufacturière, services aux entreprises, commerce de gros et transport de marchandises — qui explique une grande partie du surcroît de performance des métropoles.

Si on considère leur zone d’emploi, parmi les douze métropoles de province étudiées, cinq ont vu leur poids dans l’emploi national augmenter significativement, quatre de façon limitée et trois ont vu leur poids diminuer sur les quatre dernières décennies (Nice, Rouen et Strasbourg).

En ce qui concerne les effets d’entraînement, l’étude identifie plusieurs groupes de métropoles. Certaines partagent leur dynamique d’emploi avec les territoires régionaux avoisinants : c’est le cas de Lyon, Nantes,
Marseille et, dans une moindre mesure, de Bordeaux et Rennes. Viennent ensuite les métropoles qui se développent sans qu’il en soit de même pour les territoires voisins : Lille, Toulouse, Montpellier. Quant à Grenoble et Strasbourg, elles présentent une dynamique d’emploi inversée, plus forte dans les territoires avoisinants qu’au centre. Enfin, les territoires de Nice et Rouen sont en difficulté sur le plan de l’emploi.

L’analyse réalisée ici ne suffit pas à déterminer si c’est la métropole qui imprime le tempo ou, à l’inverse, si elle est influencée par un contexte régional favorable ou défavorable. La double question de la capacité des métropoles à se développer et à faire rayonner leur dynamisme sur les territoires voisins, souvent appelée ruissellement et présentée comme une évidence, reste donc à démontrer.

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