mis à jour le 18 juin 2013

  • Fédération CGT des Services publics
    Point d’indice : un gel inacceptable ›››

    La CGT juge inacceptable l’annonce par Marylise Lebranchu sur France-Info du gel du point d’indice des fonctionnaires jusqu’à la fin 2014, ce jour 18 juin 2013. La méthode d’une annonce médiatique pour informer les personnels et leurs syndicats est particulièrement choquante à deux jours de l’ouverture de la conférence sociale présentée comme un grand moment de dialogue social. Le gouvernement enterre dès à présent la perspective, qu’il avait lui-même (...)
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  • Télévision publique grecque ERT
    Appel à solidarité des syndicats français SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT ›››

    12 juin 2013 Les syndicats français (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT) membres de la Fédération européenne des journalistes (FEJ 200.000 adhérents en Europe) dénoncent le très grave coup porté à la démocratie et à l’information en Grèce après l’annonce de la fermeture de la télévision publique grecque ERT qui s’accompagne du licenciement pur et simple de 2600 salariés. Avec la FEJ, les trois syndicats estiment que cette décision brutale du gouvernement grec : (...)
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  • La Française de mécanique (Pas de Calais)
    1000 suppressions d’emplois envisagées ›››

    Producteur de moteurs en série pour les groupes PSA et Renault, la Française de mécanique, implantée à Douvrin dans le Pas de Calais, connaît une forte baisse d’activité depuis plusieurs années. En 2003, l’entreprise comptait près de 5 000 emplois et fabriquait plus de 9 000 moteurs par jour. En 2012, elle affichait une production journalière encore supérieure aux 5 000 unités. Les derniers chiffres tournent autour de 4 200 moteurs/jour. A l’issue d’une (...)
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  • Aiguilleurs du ciel
    Syndicats européens mobilisés contre "le ciel unique" ›››

    Les contrôleurs aériens de plusieurs pays européens seront en grève, mercredi 12 juin, à l’initiative de la Fédération européenne des travailleurs des transports. En France, le mouvement est suivi par les syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (CGT, CFDT, Unsa et FO). Ils dénoncent le projet de Bruxelles visant à créer un « ciel unique » au niveau européen, autrement dit, ils refusent la libéralisation du secteur aérien portée par la (...)
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  • Michelin
    700 suppressions de postes annoncées d’ici à 2015 ›››

    La direction de Michelin vient d’annoncer son intention d’arrêter de produire les pneux pour poids lourds de son usine de Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire, ce lundi 10 juin. Cela entrainerait la suppression de 700 postes d’ici au premier semestre 2015. Si l’argument de la direction se concentre sur la baisse des ventes en Europe, le site aurait atteint plus de 50% de bénéfices en deux ans... Joué-lès-Tours serait « alors spécialisé dans les produits (...)
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  • CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, CFTC et CFE-CGC de la fonction publique
    Communiqué commun ›››

    Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, CFTC et CFE-CGC de la fonction publique se sont réunies le lundi 3 juin 2013. Après une année de discussions dans le cadre de l’ « agenda social », elles considèrent qu’elles n’ont pas été entendues sur la nécessaire amélioration des rémunérations des agents de la Fonction publique. Elles sont en complet désaccord avec la volonté gouvernementale de ne pas aborder la question de la valeur du point (...)
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  • Discriminations Femmes/Hommes
    Les femmes des Echos font la grève des signatures ›››

    Parce qu’elles estiment être insuffisamment représentées au sein de la hiérarchie du quotidien économique, tandis qu’elles y travaillent aussi nombreuses que les hommes, les journalistes femmes des Echos dans sa version Web ou papier ont décidé de mener une grève inédite des signatures dans les éditions de ce vendredi. Elles déplorent la "disparition" des femmes dans les équipes de direction et appellent "la direction des Echos à prendre la mesure du (...)
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  • Travail de nuit dans le commerce
    Les syndicats obtiennent une nouvelle condamnation ›››

    Saisie en référé par le Clic-P (intersyndicale du commerce de Paris CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD et CGC), la justice vient d’interdire à la marque japonaise de vêtements Uniqlo de faire travailler au-delà de 21 heures les salariés de son magasin situé à proximité de l’Opéra à Paris. Le tribunal de grande instance appuie sa décision sur la loi qui précise que le recours au travail de nuit entre 21 heures et 6 heures doit être exceptionnel et justifié par la (...)
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  • Brico Dépôt d’Essey-les-Nancy
    Embauches et salaires au coeur d’une grève très suivie ›››

    L’appel à la grève lancé pour ce vendredi 7 juin par le syndicat CGT de magasin Brico Dépôt de Meurthe-et-Moselle est particulièrement bien suivi. Au point que la direction a été contrainte de fermer le magasin faute de personnel. Le conflit porte sur des questions d’effectifs et conditions de travail ainsi que des questions de salaires. Le syndicat revendique notamment, des embauches en CDI supplémentaires, des embauches de renforts conséquents (...)
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  • Rapport Moreau
    Les retraités vent debout contre une attaque frontale ›››

    La rapport que s’apprête à rendre la présidente de la Commission pour l’avenir des retraites, communiqué verbalement aux organisations syndicales, continue de soulever une levée de boucliers. Notamment parmi les organisations syndicales de retraités CGT, FO, FSU et Solidaires où la réaction est très vive. Elles considèrent en effet qu’il s’agit d’une "attaque frontale contre le pouvoir d’achat des retraités." Dans un communiqué commun du 6 juin, l’UCR-CGT, (...)
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  • Politique familiale
    "On ne donnera pas de moyens supplémentaires à la famille" ›››

    Pour Ghislaine Richard, représentante de la CGT au Haut conseil de la famille, le projet de réforme de la politique familiale, annoncé par le Premier ministre le 3 juin dernier, relève plutôt d’une opération de communication qui affiche des ambitions certaines mais difficilement applicables. Elle dénonce l’absence de mesures pour apporter des ressources supplémentaires à la branche famille. Réaction. Interview de Ghislaine Richard (3’30") (...)
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  • Festival « Debout tout le monde » (Finistère)
    Une journée pour la paix et le désarmement nucléaire ›››

    Avec plus de 50 organisations et associations, la CGT Bretagne appelle l’ensemble des salariés à se mobiliser pour la justice, la paix, le désarment nucléaire, en participant au festival « Debout tout le monde » sur le port du Fret, en presqu’île de Crozon (Finistère), le dimanche 9 juin. Le rassemblement, organisé par le collectif Bretagne du Mouvement de la Paix, vise à faire naître le débat public, alors que le dernier Livre blanc sur la Défense (...)
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  • Augmentation des tarifs de l’électricité
    Les dégâts de la dérèglementation ›››

    La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de rendre publique son étude sur l’analyse des coûts de production et de commercialisation d’EDF, ainsi que sa conclusion sur les montants nécessaires d’augmentation des tarifs réglementés à l’été 2013. Les hausses envisagées sont extrêmement importantes, alors que huit millions de français sont en précarité énergétique. « Les coûts reflétés par l’étude de la CRE correspondent-ils à des dépenses utiles pour (...)
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  • Turquie
    Témoignage sur les évènements du week-end dernier sur la place Taksim ›››

    Voici le témoignage envoyé par Kivanç Eliaçik, responsable des relations internationales de la Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie (DISK) sur les évènements violents du week-end dernier à Istanbul en Turquie. Comme un arbre, comme une forêt sur la place Taksim « Mon syndicat fait partie d’une plate-forme de collaboration avec les associations professionnelles et les organisations de quartier. Cette plate-forme proteste contre les (...)
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  • Turin - Procès Eternit
    Un entrepreneur suisse a été condamné à 18 ans de prison ›››

    Le 3 juin les juges de la Cour d’appel de Turin ont condamné en appel l’industriel suisse Stephan Schmidheiny ex-propriétaire d’Eternit, à 18 ans de réclusion au lieu de 16, dans le cadre du procès de l’amiante. L’audience de lundi a été marquée par une manifestation de syndicalistes et une délégation du Comité d’aide et d’orientation pour les victimes de l’amiante (Caova). Sur les grilles du tribunal, des manifestants ont accroché une banderole proclamant en (...)
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  • Agences parisiennes de Pôle Emploi
    Grève contre la réorganisation des sites ›››

    Les syndicats CGT, FO, SNU et SUD de Pôle emploi ont appelé les agents parisiens à une grève reconductible à partir du 4 juin, pour protester contre la restructuration du réseau dans la capitale. Le projet prévoit la mise ne place de trois "méga-sites" dans les XIIe, XVe et XVIIIe arrondissements afin de réduire de moitié les sites existants à Paris, qui passeraient de 50 actuellement à 27 d’ici fin 2013. Pour les syndicats, "la direction régionale de (...)
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  • IBM - La Gaude et Sophia-Antipolis
    Les syndicats contre le Plan de sauvegarde de l’emploi ›››

    Le géant américain de l’informatique IBM a annoncé un plan de suppression de près de 700 postes en 2013, sur les 9 700 que compte le groupe en France. Ce plan, confirmé en comité d’entreprise extraordinaire lundi 3 juin 2013, prévoit 258 départs volontaires sur un effectif de 637 salariés pour les sites de La Gaude et de Sophia-Antipolis. Au vu des conditions proposées jugées peu incitatives, les syndicats redoutent environ 200 licenciements. CGT, (...)
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  • Goodyear
    Les grévistes déterminés à sauver leur usine ›››

    Alors que le groupe du constructeur de pneus a annoncé la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord le 31 janvier dernier, les Goodyear ont montré, en bloquant les accès de l’usine, lundi 3 juin, qu’ils sont loin d’être résignés et comptent bien sauver leurs 1173 emplois. « On bloque l’usine pour défendre nos emplois. On veut marquer un grand coup et faire voir aux juges qu’on se bat toujours pour garder nos boulots », explique Franck Jurek, secrétaire adjoint (...)
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  • Conférence européenne à Dublin
    Europe sociale, l’heure de vérité ›››

    Les dirigeants syndicaux européens veulent un changement de cap. Ils se réuniront les 5 et 6 juin prochain autour du thème : « Europe sociale, l’heure de vérité ». Organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), cet événement sera centré sur la nécessité d’une Europe sociale forte pour les travailleurs et les citoyens. En ces temps de crise et d’urgence sociale, les syndicats européens exigent un changement de cap radical et avancent leurs (...)
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  • Molex
    Le licenciement des représentants du personnel annulé ›››

    Le licenciement des représentants du personnel de l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn, annulé par le Tribunal Administratif de Toulouse en attendant une décision prud’homale le 11 juillet concernant les fondements économiques des 190 licenciements. En décembre 2009, l’inspection du travail avait été saisie d’une demande de licenciement des représentants du personnel qu’elle avait refusée au motif que la raison économique n’a jamais été justifiée par la (...)
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Sondage Ugict-CGT/Opinionway

Dans la tête des enseignants

mercredi 26 septembre 2012 , par F. Dayan

La CGT des ingénieurs, cadres, techniciens a rendu public ce 26 septembre une enquête sur l’état d’esprit des enseignants en cette rentrée.

Les enseignants sont motivés. C’est ce que révèle ce sondage, dont les résultats cassent les idées reçues. Le sacrifice budgétaire de l’école, associé à la suppression de la formation et à la réforme du recrutement n’ont pas ébranlé le désir des enseignants et leur ambition d’éducation, même s’ils sont confrontés à une forte dégradation des conditions d’exercice du métier et de son sens. Souvent proches des cadres dans leurs critiques et leurs aspirations, ils expriment haut et fort leur volonté de travail bien fait.

Être enseignant reste une véritable vocation

Les chiffres
80 % des enseignants ont choisi le métier par vocation. La première raison du choix du métier est, pour 42 %, des enseignants le goût de la transmission des connaissances, pour 19 % par goût du relationnel avec les élèves.
89 % des enseignants ont le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la société.
86 % des enseignants sont motivés par leur travail.
81 % des enseignants sont fiers de leur travail.

Le métier d’enseignant est très majoritairement un choix. Comme tous les agents de la fonction publique, ils ont le sens de l’exercice d’une mission de service public.

C’est d’abord pour transmettre des connaissances que l’on se décide à exercer ce métier, alors que le relationnel avec les élèves, au quotidien, reste le premier motif de satisfaction. Un écart qui met le doigt sur la dimension éducative du métier. Les enseignants, que l’on a parfois décrits « sans rêve ni moteur », apparaissent ici mobilisés et attachés à leur métier à un niveau qu’envieraient beaucoup d’entreprises privées. L’écart entre la vocation et la satisfaction au quotidien indique que, pour 32 % des enseignants, les conditions de travail sont telles qu’elles conduisent à une insatisfaction vis-à-vis d’un métier qui a pourtant été choisi.

Un investissement important et un temps de travail élevé

En moyenne, les enseignants réalisent un nombre d’heures d’enseignement supérieur au temps de service (15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés et PLP, 26 heures pour les professeurs des écoles) avec donc un temps de travail personnel très élevé.

Le temps de travail hebdomadaire moyen s’établit entre 40 et 44 heures, mais dissimule de profondes disparités. Cela rejoint les conclusions de différentes enquêtes sur le temps de travail des enseignants qui se situe bien au-delà des 35 heures.

Des heures supplémentaires imposées

Depuis 2007, avec la RGPP et les suppressions massives de postes, les heures supplémentaires se sont généralisées, 52 % des enseignants interrogés disent qu’il leur arrive de faire des heures supplémentaires imposées.

Une profession sacrifiée souffrant d’un mal de reconnaissance profond

Les chiffres
Seuls 8 % des enseignants estiment que le ministère de l’Éducation nationale est un employeur valorisant et qui défend ses salariés.
94 % des enseignants estiment que le métier d’enseignant n’est pas assez valorisé dans le système éducatif français.
76 % des enseignants s’estiment insatisfaits de leur rémunération. C’est le premier motif d’insatisfaction.
72 % des enseignants sont stressés au quotidien dans le cadre de leur travail.
64 % ne sont pas satisfaits de la reconnaissance de leur travail par la hiérarchie.
63 % des enseignants se sentent isolés dans l’exercice de leur métier.
58 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leur charge de travail.
56 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leurs conditions matérielles de travail.

Une absence de reconnaissance salariale

Près de 8 enseignants sur 10 estiment que leur rémunération est insuffisante. Notons que dans le sondage la principale motivation des enseignants qui font des heures supplémentaires est d’augmenter le niveau du salaire (64 %).

Si l’on fouille la double dimension satisfaction-insatisfaction, on constate que l’item provoquant le plus de satisfaction est la relation aux élèves (86 % satisfaits ou très satisfaits) et celui qui suscite la plus grande insatisfaction est le niveau salarial (76 % de pas du tout satisfaits et pas vraiment satisfaits).

Le précédent sondage de l’Ugict-CGT concernant les cadres fait apparaître la même insatisfaction croissante concernant leur rémunération. (Sondage Ugict-CGT-OpinionWay janvier 2012) ou la question salariale devient première avec près de 50 % à être satisfaits.

Un manque de reconnaissance de la hiérarchie et de l’opinion. La hiérarchie directe (le N+1) est mieux perçue que la hiérarchie plus éloignée. Les enseignants sont extrêmement critiques à l’égard de leur ministère comme employeur.

Ils sont 69 % à estimer que leur établissement est bien géré contre 30 % qui le jugent mal géré. Le sentiment d’être bien accompagnés par la direction de l’établissement est plus mitigé 54 %, contre 45 % qui estiment le contraire. Les enseignants attendent donc une hiérarchie proche de leurs problèmes quotidiens, capable d’apporter des réponses concrètes à leurs difficultés.

Un rapport très critique à l’employeur.

L’insatisfaction se situe ici à des niveaux allant de 89 % à 94 %.

Les enseignants sont très critiques par rapport à leur employeur et sont seulement 11 % à juger que l’éducation nationale donne des moyens suffisants à ses salariés pour travailler dans de bonnes conditions, seuls 8 % considèrent que l’éducation nationale valorise et défend ses salariés. Ils ne sont que 6 % à juger que l’Education nationale forme bien ses salariés.

Sur ce dernier point, la suppression de la formation initiale décidée par le précédent gouvernement est évidement à l’origine de ce chiffre, mais ne suffit pas à l’expliquer. En effet, plus l’ancienneté augmente, plus les enseignants sont critiques sur la formation.

C’est donc aussi l’absence de formation continue qui est pointée. Alors que les enseignants ont très majoritairement choisi leur métier, ils reprochent à leur employeur de ne pas leur donner les moyens pour accomplir la mission à laquelle ils adhèrent. Une insatisfaction du système d’évaluation des enseignants. L’insatisfaction exprimée à l’égard de l’employeur se ressent dans l’appréciation portée sur le système d’évaluation. Les enseignants jugent négativement leur système d’évaluation par la direction de leur établissement, ils sont 54 % à en être insatisfaits.

Les inspections sont très largement critiquées : 66 % des enseignants estiment qu’elles sont stressantes, 39 % qu’elles sont inefficaces, 37 % qu’elles sont dépassées et 24 % qu’elles sont injustes.

Le sondage Ugict - OpinionWay de janvier 2012 démontrait que 53 % des cadres estimaient les évaluations fondées sur de mauvais critères.

Le stress marque le quotidien des enseignants

Quand on leur demande de caractériser leur travail au quotidien à partir d’un certain nombre de termes (enthousiasme, stress, autonomie…, ils sont 63 % à choisir en premier des termes positifs. Néanmoins, au quotidien, 72 % des enseignants sont stressés dans le cadre de leur travail.
Les quatre causes de stress les plus citées sont le manque de reconnaissance (55 %), la charge globale de travail (53 %), le comportement des élèves (52 %) et le sureffectif des classes (52 %). _ Les motifs correspondent à un panorama assez complet d’éléments de dégradation du métier.

Le sondage Ugict - CSA, de février 2010, faisait apparaître que 84 % des cadres se disaient victimes de stress souvent ou de temps en temps.

L’appartenance à la catégorie socioprofessionnelle

Ils sont 98 % à se reconnaître cadre ou profession intermédiaire. Lorsqu’on leur demande dans quelle catégorie socioprofessionnelle ils situent leur métier, les enseignants choisissent massivement la catégorie cadres (47 %) et la catégorie profession intermédiaire (51 %). Ce chiffre cache de fortes disparités entre le 1er et le 2nd degré et l’ancienneté.

Ce sont des enseignants cumulant une expérience professionnelle, les professeurs de lycée plus que les professeurs d’écoles, et ceux qui enseignent dans les centres-villes plutôt que dans les banlieues et quartiers difficiles, qui se sentent le plus cadre. Le sentiment d’être cadre est donc lié à la valorisation du métier, à ses conditions d’exercice.

Les conditions de recrutement et la qualification initiale jouent aussi sur cette appréciation.

Un net décrochage se situe dans le 1er degré où seuls 29 % des enseignants se considèrent comme cadres, contre 65 % des enseignants de lycée. Ce chiffre s’explique notamment par des raisons historiques qui marquent encore la profession : ce n’est qu’en 1989 que les instituteurs sont devenus professeurs des écoles et sont passés en catégorie A.

Des inquiétudes très fortes sur l’avenir

Les enseignants émettent un jugement très critique du système éducatif français

Les chiffres
71 % des enseignants disent avoir parfois le sentiment de perte de sens de leur travail.
86 % considèrent que le métier d’enseignant est moins bien considéré par les Français qu’auparavant.
Seuls 48 % pensent que le système éducatif permet l’élévation du niveau de connaissance des élèves.
Seuls 22 % pensent que le système éducatif français permet de lutter contre les inégalités sociales.
Seuls 14 % considèrent que le système éducatif français permet la réussite de tous les élèves.

La perte de sens du travail s’explique donc par le sentiment que le système éducatif français n’est pas capable de remplir ses missions républicaines. Ce jugement explique la critique très forte de l’employeur, qui a dévoyé ses objectifs (égalité, réussite de tous…) sans outils concrets pour les mettre en œuvre. Cette critique du système contraste avec la satisfaction individuelle des enseignants qui sont fiers de leur métier et le jugent utile socialement. Cela va de pair avec la déconsidération croissante de leur métier.

Un pessimisme pour l’avenir

Les chiffres
79 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir de l’éducation nationale.
84 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir du système éducatif français.
88 % des enseignants sont pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de travail.

Spectateurs de multiples réformes qui n’ont pas permis de progrès concret du système éducatif ou de leurs conditions de travail, les enseignants sont très pessimistes pour l’avenir du système éducatif.

Comment améliorer la condition enseignante ?

Des réponses, se dégagent trois priorités :
- La réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

Conclusion

Revaloriser la profession enseignante pour changer l’École

Cette enquête montre que les enseignants, motivés, impliqués et animés par une vocation sont le premier atout de l’éducation nationale. Confrontés à une décennie de réduction budgétaire, de sacrifice de l’ambition éducative et de remise en cause des objectifs républicains, les enseignants sont très critiques vis-à-vis de l’éducation nationale. Leur pessimisme s’explique en partie par l’empilement de réformes et de directives, parfois contradictoires, jamais évaluées, qui ont toujours été en décalage complet avec les objectifs affichés.

Concrétiser une ambition pour l’éducation nationale passe par une revalorisation du métier des enseignants, la reconnaissance de leur rôle, de leur utilité sociale qui doit se traduire par une revalorisation salariale.

Les sujets prioritaires pour améliorer le travail des enseignants sont les suivants :
- la réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

L’attachement des enseignants à leurs missions ressort à nouveau. Au lieu de privilégier une amélioration étroite de leurs conditions de travail, ils lient amélioration de leurs conditions de travail avec l’amélioration du système éducatif.

On observe le même paradoxe chez les enseignants comme pour l’ensemble de l’encadrement, c’est-à-dire chez les cadres et les professions intermédiaires : une profession très motivée par son travail, malgré des conditions d’exercice très dégradées, une profession qui porte des valeurs fortes sur le sens du travail, attachée à des questions d’éthiques professionnelles. Les enseignants veulent être professionnellement engagés et socialement responsables.

Dans le même temps, ils manifestent un très haut taux d’insatisfaction, d’une part sur la reconnaissance de leur qualification, sur la dévalorisation de leur métier, d’autre part leur désillusion profonde par rapport à l’employeur et le nouveau mode de management qui entre au forceps dans l’éducation nationale.