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Sondage Ugict-CGT/Opinionway

Dans la tête des enseignants

mercredi 26 septembre 2012 , par F. Dayan

La CGT des ingénieurs, cadres, techniciens a rendu public ce 26 septembre une enquête sur l’état d’esprit des enseignants en cette rentrée.

Les enseignants sont motivés. C’est ce que révèle ce sondage, dont les résultats cassent les idées reçues. Le sacrifice budgétaire de l’école, associé à la suppression de la formation et à la réforme du recrutement n’ont pas ébranlé le désir des enseignants et leur ambition d’éducation, même s’ils sont confrontés à une forte dégradation des conditions d’exercice du métier et de son sens. Souvent proches des cadres dans leurs critiques et leurs aspirations, ils expriment haut et fort leur volonté de travail bien fait.

Être enseignant reste une véritable vocation

Les chiffres

80 % des enseignants ont choisi le métier par vocation.
La première raison du choix du métier est, pour 42 %, des enseignants le goût de la transmission des connaissances, pour 19 % par goût du relationnel avec les élèves.

89 % des enseignants ont le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la société.

86 % des enseignants sont motivés par leur travail.

81 % des enseignants sont fiers de leur travail.

Le métier d’enseignant est très majoritairement un choix. Comme tous les agents de la fonction publique, ils ont le sens de l’exercice d’une mission de service public.

C’est d’abord pour transmettre des connaissances que l’on se décide à exercer ce métier, alors que le relationnel avec les élèves, au quotidien, reste le premier motif de satisfaction. Un écart qui met le doigt sur la dimension éducative du métier. Les enseignants, que l’on a parfois décrits « sans rêve ni moteur », apparaissent ici mobilisés et attachés à leur métier à un niveau qu’envieraient beaucoup d’entreprises privées. L’écart entre la vocation et la satisfaction au quotidien indique que, pour 32 % des enseignants, les conditions de travail sont telles qu’elles conduisent à une insatisfaction vis-à-vis d’un métier qui a pourtant été choisi.

Un investissement important et un temps de travail élevé

En moyenne, les enseignants réalisent un nombre d’heures d’enseignement supérieur au temps de service (15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés et PLP, 26 heures pour les professeurs des écoles) avec donc un temps de travail personnel très élevé.

Le temps de travail hebdomadaire moyen s’établit entre 40 et 44 heures, mais dissimule de profondes disparités. Cela rejoint les conclusions de différentes enquêtes sur le temps de travail des enseignants qui se situe bien au-delà des 35 heures.

Des heures supplémentaires imposées

Depuis 2007, avec la RGPP et les suppressions massives de postes, les heures supplémentaires se sont généralisées, 52 % des enseignants interrogés disent qu’il leur arrive de faire des heures supplémentaires imposées.

Une profession sacrifiée souffrant d’un mal de reconnaissance profond

Les chiffres

Seuls 8 % des enseignants estiment que le ministère de l’Éducation nationale est un employeur valorisant et qui défend ses salariés.

94 % des enseignants estiment que le métier d’enseignant n’est pas assez valorisé dans le système éducatif français.

76 % des enseignants s’estiment insatisfaits de leur rémunération. C’est le premier motif d’insatisfaction.

72 % des enseignants sont stressés au quotidien dans le cadre de leur travail.

64 % ne sont pas satisfaits de la reconnaissance de leur travail par la hiérarchie.

63 % des enseignants se sentent isolés dans l’exercice de leur métier.

58 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leur charge de travail.

56 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leurs conditions matérielles de travail.

Une absence de reconnaissance salariale

Près de 8 enseignants sur 10 estiment que leur rémunération est insuffisante.
Notons que dans le sondage la principale motivation des enseignants qui font des heures supplémentaires est d’augmenter le niveau du salaire (64 %).

Si l’on fouille la double dimension satisfaction-insatisfaction, on constate que l’item provoquant le plus de satisfaction est la relation aux élèves (86 % satisfaits ou très satisfaits) et celui qui suscite la plus grande insatisfaction est le niveau salarial (76 % de pas du tout satisfaits et pas vraiment satisfaits).

Le précédent sondage de l’Ugict-CGT concernant les cadres fait apparaître la même insatisfaction croissante concernant leur rémunération. (Sondage Ugict-CGT-OpinionWay janvier 2012) ou la question salariale devient première avec près de 50 % à être satisfaits.

Un manque de reconnaissance de la hiérarchie et de l’opinion.
La hiérarchie directe (le N+1) est mieux perçue que la hiérarchie plus éloignée. Les enseignants sont extrêmement critiques à l’égard de leur ministère comme employeur.

Ils sont 69 % à estimer que leur établissement est bien géré contre 30 % qui le jugent mal géré. Le sentiment d’être bien accompagnés par la direction de l’établissement est plus mitigé 54 %, contre 45 % qui estiment le contraire.
Les enseignants attendent donc une hiérarchie proche de leurs problèmes quotidiens, capable d’apporter des réponses concrètes à leurs difficultés.

Un rapport très critique à l’employeur.

L’insatisfaction se situe ici à des niveaux allant de 89 % à 94 %.

Les enseignants sont très critiques par rapport à leur employeur et sont seulement 11 % à juger que l’éducation nationale donne des moyens suffisants à ses salariés pour travailler dans de bonnes conditions, seuls 8 % considèrent que l’éducation nationale valorise et défend ses salariés. Ils ne sont que 6 % à juger que l’Education nationale forme bien ses salariés.

Sur ce dernier point, la suppression de la formation initiale décidée par le précédent gouvernement est évidement à l’origine de ce chiffre, mais ne suffit pas à l’expliquer. En effet, plus l’ancienneté augmente, plus les enseignants sont critiques sur la formation.

C’est donc aussi l’absence de formation continue qui est pointée. Alors que les enseignants ont très majoritairement choisi leur métier, ils reprochent à leur employeur de ne pas leur donner les moyens pour accomplir la mission à laquelle ils adhèrent.
Une insatisfaction du système d’évaluation des enseignants.
L’insatisfaction exprimée à l’égard de l’employeur se ressent dans l’appréciation portée sur le système d’évaluation. Les enseignants jugent négativement leur système d’évaluation par la direction de leur établissement, ils sont 54 % à en être insatisfaits.

Les inspections sont très largement critiquées : 66 % des enseignants estiment qu’elles sont stressantes, 39 % qu’elles sont inefficaces, 37 % qu’elles sont dépassées et 24 % qu’elles sont injustes.

Le sondage Ugict - OpinionWay de janvier 2012 démontrait que 53 % des cadres estimaient les évaluations fondées sur de mauvais critères.

Le stress marque le quotidien des enseignants

Quand on leur demande de caractériser leur travail au quotidien à partir d’un certain nombre de termes (enthousiasme, stress, autonomie…, ils sont 63 % à choisir en premier des termes positifs. Néanmoins, au quotidien, 72 % des enseignants sont stressés dans le cadre de leur travail.
Les quatre causes de stress les plus citées sont le manque de reconnaissance (55 %), la charge globale de travail (53 %), le comportement des élèves (52 %) et le sureffectif des classes (52 %). _ Les motifs correspondent à un panorama assez complet d’éléments de dégradation du métier.

Le sondage Ugict - CSA, de février 2010, faisait apparaître que 84 % des cadres se disaient victimes de stress souvent ou de temps en temps.

L’appartenance à la catégorie socioprofessionnelle

Ils sont 98 % à se reconnaître cadre ou profession intermédiaire.
Lorsqu’on leur demande dans quelle catégorie socioprofessionnelle ils situent leur métier, les enseignants choisissent massivement la catégorie cadres (47 %) et la catégorie profession intermédiaire (51 %). Ce chiffre cache de fortes disparités entre le 1er et le 2nd degré et l’ancienneté.

Ce sont des enseignants cumulant une expérience professionnelle, les professeurs de lycée plus que les professeurs d’écoles, et ceux qui enseignent dans les centres-villes plutôt que dans les banlieues et quartiers difficiles, qui se sentent le plus cadre. Le sentiment d’être cadre est donc lié à la valorisation du métier, à ses conditions d’exercice.

Les conditions de recrutement et la qualification initiale jouent aussi sur cette appréciation.

Un net décrochage se situe dans le 1er degré où seuls 29 % des enseignants se considèrent comme cadres, contre 65 % des enseignants de lycée. Ce chiffre s’explique notamment par des raisons historiques qui marquent encore la profession : ce n’est qu’en 1989 que les instituteurs sont devenus professeurs des écoles et sont passés en catégorie A.

Des inquiétudes très fortes sur l’avenir

Les enseignants émettent un jugement très critique du système éducatif français

Les chiffres

71 % des enseignants disent avoir parfois le sentiment de perte de sens de leur travail.

86 % considèrent que le métier d’enseignant est moins bien considéré par les Français qu’auparavant.

Seuls 48 % pensent que le système éducatif permet l’élévation du niveau de connaissance des élèves.

Seuls 22 % pensent que le système éducatif français permet de lutter contre les inégalités sociales.

Seuls 14 % considèrent que le système éducatif français permet la réussite de tous les élèves.

La perte de sens du travail s’explique donc par le sentiment que le système éducatif français n’est pas capable de remplir ses missions républicaines. Ce jugement explique la critique très forte de l’employeur, qui a dévoyé ses objectifs (égalité, réussite de tous…) sans outils concrets pour les mettre en œuvre. Cette critique du système contraste avec la satisfaction individuelle des enseignants qui sont fiers de leur métier et le jugent utile socialement.
Cela va de pair avec la déconsidération croissante de leur métier.

Un pessimisme pour l’avenir

Les chiffres

79 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir de l’éducation nationale.

84 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir du système éducatif français.

88 % des enseignants sont pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de travail.

Spectateurs de multiples réformes qui n’ont pas permis de progrès concret du système éducatif ou de leurs conditions de travail, les enseignants sont très pessimistes pour l’avenir du système éducatif.

Comment améliorer la condition enseignante ?

Des réponses, se dégagent trois priorités :
- La réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

Conclusion

Revaloriser la profession enseignante pour changer l’École

Cette enquête montre que les enseignants, motivés, impliqués et animés par une vocation sont le premier atout de l’éducation nationale. Confrontés à une décennie de réduction budgétaire, de sacrifice de l’ambition éducative et de remise en cause des objectifs républicains, les enseignants sont très critiques vis-à-vis de l’éducation nationale. Leur pessimisme s’explique en partie par l’empilement de réformes et de directives, parfois contradictoires, jamais évaluées, qui ont toujours été en décalage complet avec les objectifs affichés.

Concrétiser une ambition pour l’éducation nationale passe par une revalorisation du métier des enseignants, la reconnaissance de leur rôle, de leur utilité sociale qui doit se traduire par une revalorisation salariale.

Les sujets prioritaires pour améliorer le travail des enseignants sont les suivants :
- la réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

L’attachement des enseignants à leurs missions ressort à nouveau. Au lieu de privilégier une amélioration étroite de leurs conditions de travail, ils lient amélioration de leurs conditions de travail avec l’amélioration du système éducatif.

On observe le même paradoxe chez les enseignants comme pour l’ensemble de l’encadrement, c’est-à-dire chez les cadres et les professions intermédiaires : une profession très motivée par son travail, malgré des conditions d’exercice très dégradées, une profession qui porte des valeurs fortes sur le sens du travail, attachée à des questions d’éthiques professionnelles. Les enseignants veulent être professionnellement engagés et socialement responsables.

Dans le même temps, ils manifestent un très haut taux d’insatisfaction, d’une part sur la reconnaissance de leur qualification, sur la dévalorisation de leur métier, d’autre part leur désillusion profonde par rapport à l’employeur et le nouveau mode de management qui entre au forceps dans l’éducation nationale.