mis à jour le 18 avril 2014

  • Schneider Fabrègues
    Le droit de grève remis en cause ›››

    Le droit de grève vient d’être remis en cause de manière indigne par une ordonnance du TGI de Montpellier dans une affaire qui opposait les représentants du personnel de l’entreprise Schneider Fabrègues à leur direction. En conflit avec leur employeur sur des revendications salariales, les salariés se sont mis en grève en s’installant sur le parking de l’entreprise. Pour casser le mouvement de grève, Schneider saisit le TGI pour faire ordonner (...)
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  • Après les déclarations de M.Valls
    Les retraités CGT appellent à l’action ›››

    Les mesures d’austérité annoncées par le Premier Ministre sont un motif supplémentaire de mobilisation pour les retraités. Pour l’Union confédérale des retraités CGT les journées du 1er mai et du 3 juin prennent, de fait, une autre dimension revendicative, leur donnant un caractère exceptionnel. "Toutes ces mesures n’ont comme effet que de faire baisser les pensions et retraites de tous les retraités," assure l’UCR-CGT dans un communiqué le 18 avril. (...)
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  • Usine d’incinération d’ordures Sénerval
    Grève contre les conditions de travail dangereuses ›››

    Les salariés de l’usine d’incinération de déchets de la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS) Sénerval sont en grève depuis le 21 Mars pour protester contre leurs mauvaises conditions de travail. Selon le délégué CGT de l’usine, Atef Labben, les conditions de travail sont devenues « un véritable enfer » depuis la reprise du site en 2010 par le groupe Séché. « Nous sommes exposés chaque semaine à des dizaines de tonnes de poussières dites CMR (classées comme (...)
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  • Pouvoir d’achat et emploi des fonctionnaires
    7 syndicats appellent à l’action le 15 mai ›››

    Le 15 mai prochain, les organisations syndicales de fonctionnaires CFDT, CFTC, CGT, FA-FP, FSU, Solidaires, UNSA se mobilisent avec les agents pour dire "stop" à la baisse du pouvoir d’achat. Ce sera sans doute une réponse forte aux annonces de Manuel Valls d’hier et notamment à celle qui concerne la poursuite, pour deux ans encore, du gel du point d’indice pour les fonctionnaires. Cette journée pourra prendre des formes diversifiées (...)
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  • Loire-Atlantique
    Marche pour l’emploi le 23 avril ›››

    A l’occasion d’une manifestation qui a rassemblé hier mercredi 16 avril plus de 300 salariés venant des usines de la Seita et de Trelleborg à Carquefou, la CGT de Loire-Atlantique a annoncé qu’elle appelait à une marche pour l’emploi le mercredi 23 avril à 10 heures au départ de la Seita à Carquefou. Cet appel pourrait être élargi à d’autres organisations puisque des contacts sont noués avec la CFDT et Solidaires. "Nous allons par ailleurs interpeller les (...)
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  • Fermeture de la Seita Nantes-Carquefou
    Après le choc, la colère et la détermination ›››

    "C’est un crève-cœur. On est face à une logique boursière, uniquement financière. Le site de Carquefou (327 salariés) est viable. L’entreprise remonte énormément de cash et de dividendes aux actionnaires", a commenté Philippe Haureix, secrétaire du syndicat CGT de l’usine Seita de Carquefou après l’annonce le 15 avril de la fermeture du site en comité d’entreprise extraordinaire. Le groupe Imperial Tobacco, propriétaire de la Seita, a décidé de fermer (...)
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  • 1225 emplois sauvés sur 1759
    Un avenir pour les salariés de Fagor Brandt ›››

    "Même si on ne peut pas se satisfaire qu’il reste en Vendée 250 salariés sur le carreau, on s’est battus et ce fut une longue bataille", a déclaré à l’AFP Philippe Breger, délégué central CGT de Fagor Brandt après l’annonce de la validation de l’offre de reprise de Cevital et la préservation de 1 225 postes sur 1 759. L’avenir de Fagor Brandt, en redressement judiciaire depuis novembre, s’est donc décidé hier 15 avril au tribunal de commerce de Nanterre qui (...)
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  • Anvis (groupe Tokaï) à Decize
    Manif géante pour sauver 220 emplois ›››

    2600 personnes ont manifesté le 10 avril dans cette localité de la Nièvre pour soutenir le combat des salariés d’ANVIS Tokaï qui s’opposent à un projet de réorientation et de réorganisation des activités du site de Decize prévoyant l’arrêt de l’activité moulage et de traitement de surface et la suppression de 220 emplois sur 445. L’activité moulage serait délocalisée, « pour des gains de coût », en Roumanie, tandis que d’autres activités seront arrêtées et (...)
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  • PSA
    « Un retour dans la course... aux profits » ›››

    « Back in the race », c’est le nom du nouveau plan stratégique dévoilé par PSA Peugeot Citroën, lundi 14 avril. « Un retour dans la course... aux profits », dénonce la CGT. L’orientation présentée par le nouveau patron du groupe, Carlos Tavares, « n’est pas de nature à rassurer les salariés, bien au contraire », écrit la CGT, dans un communiqué. Le premier syndicat de l’entreprise s’inquiète du projet de délocaliser une partie de la R&D (Recherche et (...)
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  • Fagor-Brandt
    1800 employés attendent la décision de justice ›››

    Quel avenir pour les 1800 emplois menacés dans les quatre sites industriels du géant de l’électroménager Fagor-Brandt ? C’est ce mardi 15 avril qu’une décision sera prononcée par le tribunal de commerce de Nanterre. Depuis la fin de l’année 2013, les employés du fabricant attendent que la situation se débloque. En cause, un blocage de la justice espagnole qui ne donnait pas son autorisation au rachat des marques du groupe. La situation a enfin avancé de (...)
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  • Seita (Imperial Tobacco)
    Menaces pour l’emploi au menu d’un CCE ›››

    C’est ce mardi que le cigarettier Seita, filiale d’Imperial Tobacco, dévoile son plan de restructuration. Il pourrait entraîner la suppression de près du tiers des effectifs et la fermeture de son usine de Carquefou. Le site qui emploie 327 salariés, fabrique essentiellement Gauloises blondes, News et JPS. Serait également envisagée la cession du centre de recherche de Bergerac (Dordogne), qui emploie une trentaine de personnes. A Carquefou, près (...)
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  • Carrefour Market Croix d’argent (Montpellier)
    Diffamée et dénigrée, la CGT obtient justice ›››

    Dans une ordonnance rendue le 20 mars dernier, le tribunal de grande instance de Montpellier a condamné Carrefour Market à verser 1.200€ au syndicat de ce magasin. Il s’agit là d’une "provision à valoir sur le préjudice subi" en raison du comportement du responsable du magasin de la Croix-d’Argent qui, lors des élections professionnelles en 2013 s’est livré à des manœuvres de dénigrement de la CGT et à des pressions sur des salariés en faveur de candidats (...)
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  • Assises sur la fiscalité des ménages
    Une réforme qui ne répond pas au besoin de justice sociale ›››

    C’est jeudi 10 avril prochain que sera remis officiellement le rapport conclusif sur la fiscalité des ménages. La CGT, favorable à une profonde réforme de l’impôt, s’est inscrite dans la démarche des assises sur la fiscalité des ménages, instaurées début 2014 par l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Les conclusions du rapport ambitionnent-elles une plus grande justice sociale ? Réponse plus que sceptique de Marie-Laurence Bertrand, dirigeante de la (...)
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  • Entrepôts STEF de Saint-Ouen l’Aumône
    Le conflit continue et passe par la case "Justice" ›››

    Hier lundi 7 avril, le conflit salarial du site STEF qui dure depuis le 31 janvier a pris un tour juridique devant le Conseil des Prud’hommes de Pontoise où la CGT est venue exiger la réintégration des 11 militants et syndiqués grévistes de la CGT, licenciés au mépris du droit de grève. A cette occasion, un rassemblement a eu lieu devant le palais de justice de Pontoise auquel participaient Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT ainsi que (...)
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  • Grève chez Nutribio à Montauban
    Les CRS avant l’heure du laitier en réponse aux revendications ›››

    Les ouvriers de Nutribio, une usine agroalimentaire spécialisée dans la fabrication de lait infantile en poudre destiné à l’Asie étaient en grève avec leur syndicat CGT depuis dix jours pour réclamer une augmentation de salaire quand ils ont été délogés vendredi 4 avril à 2h30 du matin par une compagnie de CRS. Ce lundi, c’est donc "contraints et forcés", que les salariés ont repris le travail sans avoir obtenu satisfaction. Ce mouvement fait suite à un (...)
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  • Rachat de SFR
    Les syndicats de SFR attendent des engagements sur l’emploi ›››

    C’est avec une certaine prudence pour ne pas dire une prudence certaine que les syndicats de l’opérateur ont accueilli samedi l’annonce du choix fait samedi par Vivendi en faveur de Numericable/Altice, plutôt que Bouygues, pour racheter leur entreprise. Les syndicats attendent des engagements formels en matière d’emploi. "On n’avait pas de préférence a priori sur le choix du repreneur", a déclaré à l’AFP Damien Bornerand, délégué CGT, s’exprimant au (...)
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  • Intermittents
    Mobilisés contre les politiques d’austérité ›››

    Près de 200 intermittents du spectacle manifestaient ce vendredi 4 avril au Trocadéro à Paris, où se tenait au théâtre national de Chaillot un forum intitulé « Avenir de l’Europe, avenir de la culture », organisé par le ministère de la Culture et de la Communication. Une cinquantaine d’entre eux ont occupé les marches du théâtre, encerclés par les CRS. (Photo) Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier est intervenu dans le cadre d’une table ronde sur « (...)
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  • Salaires, conditions de travail, management
    Ça braise chez Buffalo Grill ›››

    Pas d’augmentation de salaire depuis 5 ans, des conditions de travail déplorables, la mise en place de la modulation du temps de travail et un management autoritaire, il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres chez Buffalo Grill. Le conflit a donc logiquement et spontanément démarré le 31 mars dans le restaurant de Paris République et s’est immédiatement étendu à trois autres sites de la région parisienne. 200 salariés des restaurants (...)
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  • SNCM Marseille
    Les marins obtiennent des avancées ›››

    Les marins de la SNCM ont suspendu leur grève au 7ème jour de conflit , suite aux engagements PDG de Transdev et du ministre des Transports, de la Mer et de la Pêche, au nom du Gouvernement sous l’autorité du nouveau Premier ministre. Ces engagements écrits excluent toute procédure collective au tribunal de commerce tel que l’avait annoncé et souhaité le PDG de Veolia, et permettent la poursuite du plan industriel à long terme de la SNCM à 8 navires (...)
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  • Emploi, salaires, précarité
    Les psychologues en grève le 10 avril ›››

    La Fédération CGT des Services Publics et son Union Fédérale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens ont déposé un préavis de grève pour la journée du jeudi 10 avril 2014 pour les psychologues de la Fonction publique territoriale. Ils manifesteront avec leurs collègues des établissements sanitaires et sociaux de la Fonction publique hospitalière, des établissements sanitaires et sociaux privés à but non lucratifs chargés d’un service public ou participant (...)
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Sondage Ugict-CGT/Opinionway

Dans la tête des enseignants

mercredi 26 septembre 2012 , par F. Dayan

La CGT des ingénieurs, cadres, techniciens a rendu public ce 26 septembre une enquête sur l’état d’esprit des enseignants en cette rentrée.

Les enseignants sont motivés. C’est ce que révèle ce sondage, dont les résultats cassent les idées reçues. Le sacrifice budgétaire de l’école, associé à la suppression de la formation et à la réforme du recrutement n’ont pas ébranlé le désir des enseignants et leur ambition d’éducation, même s’ils sont confrontés à une forte dégradation des conditions d’exercice du métier et de son sens. Souvent proches des cadres dans leurs critiques et leurs aspirations, ils expriment haut et fort leur volonté de travail bien fait.

Être enseignant reste une véritable vocation

Les chiffres
80 % des enseignants ont choisi le métier par vocation. La première raison du choix du métier est, pour 42 %, des enseignants le goût de la transmission des connaissances, pour 19 % par goût du relationnel avec les élèves.
89 % des enseignants ont le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la société.
86 % des enseignants sont motivés par leur travail.
81 % des enseignants sont fiers de leur travail.

Le métier d’enseignant est très majoritairement un choix. Comme tous les agents de la fonction publique, ils ont le sens de l’exercice d’une mission de service public.

C’est d’abord pour transmettre des connaissances que l’on se décide à exercer ce métier, alors que le relationnel avec les élèves, au quotidien, reste le premier motif de satisfaction. Un écart qui met le doigt sur la dimension éducative du métier. Les enseignants, que l’on a parfois décrits « sans rêve ni moteur », apparaissent ici mobilisés et attachés à leur métier à un niveau qu’envieraient beaucoup d’entreprises privées. L’écart entre la vocation et la satisfaction au quotidien indique que, pour 32 % des enseignants, les conditions de travail sont telles qu’elles conduisent à une insatisfaction vis-à-vis d’un métier qui a pourtant été choisi.

Un investissement important et un temps de travail élevé

En moyenne, les enseignants réalisent un nombre d’heures d’enseignement supérieur au temps de service (15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés et PLP, 26 heures pour les professeurs des écoles) avec donc un temps de travail personnel très élevé.

Le temps de travail hebdomadaire moyen s’établit entre 40 et 44 heures, mais dissimule de profondes disparités. Cela rejoint les conclusions de différentes enquêtes sur le temps de travail des enseignants qui se situe bien au-delà des 35 heures.

Des heures supplémentaires imposées

Depuis 2007, avec la RGPP et les suppressions massives de postes, les heures supplémentaires se sont généralisées, 52 % des enseignants interrogés disent qu’il leur arrive de faire des heures supplémentaires imposées.

Une profession sacrifiée souffrant d’un mal de reconnaissance profond

Les chiffres
Seuls 8 % des enseignants estiment que le ministère de l’Éducation nationale est un employeur valorisant et qui défend ses salariés.
94 % des enseignants estiment que le métier d’enseignant n’est pas assez valorisé dans le système éducatif français.
76 % des enseignants s’estiment insatisfaits de leur rémunération. C’est le premier motif d’insatisfaction.
72 % des enseignants sont stressés au quotidien dans le cadre de leur travail.
64 % ne sont pas satisfaits de la reconnaissance de leur travail par la hiérarchie.
63 % des enseignants se sentent isolés dans l’exercice de leur métier.
58 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leur charge de travail.
56 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leurs conditions matérielles de travail.

Une absence de reconnaissance salariale

Près de 8 enseignants sur 10 estiment que leur rémunération est insuffisante. Notons que dans le sondage la principale motivation des enseignants qui font des heures supplémentaires est d’augmenter le niveau du salaire (64 %).

Si l’on fouille la double dimension satisfaction-insatisfaction, on constate que l’item provoquant le plus de satisfaction est la relation aux élèves (86 % satisfaits ou très satisfaits) et celui qui suscite la plus grande insatisfaction est le niveau salarial (76 % de pas du tout satisfaits et pas vraiment satisfaits).

Le précédent sondage de l’Ugict-CGT concernant les cadres fait apparaître la même insatisfaction croissante concernant leur rémunération. (Sondage Ugict-CGT-OpinionWay janvier 2012) ou la question salariale devient première avec près de 50 % à être satisfaits.

Un manque de reconnaissance de la hiérarchie et de l’opinion. La hiérarchie directe (le N+1) est mieux perçue que la hiérarchie plus éloignée. Les enseignants sont extrêmement critiques à l’égard de leur ministère comme employeur.

Ils sont 69 % à estimer que leur établissement est bien géré contre 30 % qui le jugent mal géré. Le sentiment d’être bien accompagnés par la direction de l’établissement est plus mitigé 54 %, contre 45 % qui estiment le contraire. Les enseignants attendent donc une hiérarchie proche de leurs problèmes quotidiens, capable d’apporter des réponses concrètes à leurs difficultés.

Un rapport très critique à l’employeur.

L’insatisfaction se situe ici à des niveaux allant de 89 % à 94 %.

Les enseignants sont très critiques par rapport à leur employeur et sont seulement 11 % à juger que l’éducation nationale donne des moyens suffisants à ses salariés pour travailler dans de bonnes conditions, seuls 8 % considèrent que l’éducation nationale valorise et défend ses salariés. Ils ne sont que 6 % à juger que l’Education nationale forme bien ses salariés.

Sur ce dernier point, la suppression de la formation initiale décidée par le précédent gouvernement est évidement à l’origine de ce chiffre, mais ne suffit pas à l’expliquer. En effet, plus l’ancienneté augmente, plus les enseignants sont critiques sur la formation.

C’est donc aussi l’absence de formation continue qui est pointée. Alors que les enseignants ont très majoritairement choisi leur métier, ils reprochent à leur employeur de ne pas leur donner les moyens pour accomplir la mission à laquelle ils adhèrent. Une insatisfaction du système d’évaluation des enseignants. L’insatisfaction exprimée à l’égard de l’employeur se ressent dans l’appréciation portée sur le système d’évaluation. Les enseignants jugent négativement leur système d’évaluation par la direction de leur établissement, ils sont 54 % à en être insatisfaits.

Les inspections sont très largement critiquées : 66 % des enseignants estiment qu’elles sont stressantes, 39 % qu’elles sont inefficaces, 37 % qu’elles sont dépassées et 24 % qu’elles sont injustes.

Le sondage Ugict - OpinionWay de janvier 2012 démontrait que 53 % des cadres estimaient les évaluations fondées sur de mauvais critères.

Le stress marque le quotidien des enseignants

Quand on leur demande de caractériser leur travail au quotidien à partir d’un certain nombre de termes (enthousiasme, stress, autonomie…, ils sont 63 % à choisir en premier des termes positifs. Néanmoins, au quotidien, 72 % des enseignants sont stressés dans le cadre de leur travail.
Les quatre causes de stress les plus citées sont le manque de reconnaissance (55 %), la charge globale de travail (53 %), le comportement des élèves (52 %) et le sureffectif des classes (52 %). _ Les motifs correspondent à un panorama assez complet d’éléments de dégradation du métier.

Le sondage Ugict - CSA, de février 2010, faisait apparaître que 84 % des cadres se disaient victimes de stress souvent ou de temps en temps.

L’appartenance à la catégorie socioprofessionnelle

Ils sont 98 % à se reconnaître cadre ou profession intermédiaire. Lorsqu’on leur demande dans quelle catégorie socioprofessionnelle ils situent leur métier, les enseignants choisissent massivement la catégorie cadres (47 %) et la catégorie profession intermédiaire (51 %). Ce chiffre cache de fortes disparités entre le 1er et le 2nd degré et l’ancienneté.

Ce sont des enseignants cumulant une expérience professionnelle, les professeurs de lycée plus que les professeurs d’écoles, et ceux qui enseignent dans les centres-villes plutôt que dans les banlieues et quartiers difficiles, qui se sentent le plus cadre. Le sentiment d’être cadre est donc lié à la valorisation du métier, à ses conditions d’exercice.

Les conditions de recrutement et la qualification initiale jouent aussi sur cette appréciation.

Un net décrochage se situe dans le 1er degré où seuls 29 % des enseignants se considèrent comme cadres, contre 65 % des enseignants de lycée. Ce chiffre s’explique notamment par des raisons historiques qui marquent encore la profession : ce n’est qu’en 1989 que les instituteurs sont devenus professeurs des écoles et sont passés en catégorie A.

Des inquiétudes très fortes sur l’avenir

Les enseignants émettent un jugement très critique du système éducatif français

Les chiffres
71 % des enseignants disent avoir parfois le sentiment de perte de sens de leur travail.
86 % considèrent que le métier d’enseignant est moins bien considéré par les Français qu’auparavant.
Seuls 48 % pensent que le système éducatif permet l’élévation du niveau de connaissance des élèves.
Seuls 22 % pensent que le système éducatif français permet de lutter contre les inégalités sociales.
Seuls 14 % considèrent que le système éducatif français permet la réussite de tous les élèves.

La perte de sens du travail s’explique donc par le sentiment que le système éducatif français n’est pas capable de remplir ses missions républicaines. Ce jugement explique la critique très forte de l’employeur, qui a dévoyé ses objectifs (égalité, réussite de tous…) sans outils concrets pour les mettre en œuvre. Cette critique du système contraste avec la satisfaction individuelle des enseignants qui sont fiers de leur métier et le jugent utile socialement. Cela va de pair avec la déconsidération croissante de leur métier.

Un pessimisme pour l’avenir

Les chiffres
79 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir de l’éducation nationale.
84 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir du système éducatif français.
88 % des enseignants sont pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de travail.

Spectateurs de multiples réformes qui n’ont pas permis de progrès concret du système éducatif ou de leurs conditions de travail, les enseignants sont très pessimistes pour l’avenir du système éducatif.

Comment améliorer la condition enseignante ?

Des réponses, se dégagent trois priorités :
- La réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

Conclusion

Revaloriser la profession enseignante pour changer l’École

Cette enquête montre que les enseignants, motivés, impliqués et animés par une vocation sont le premier atout de l’éducation nationale. Confrontés à une décennie de réduction budgétaire, de sacrifice de l’ambition éducative et de remise en cause des objectifs républicains, les enseignants sont très critiques vis-à-vis de l’éducation nationale. Leur pessimisme s’explique en partie par l’empilement de réformes et de directives, parfois contradictoires, jamais évaluées, qui ont toujours été en décalage complet avec les objectifs affichés.

Concrétiser une ambition pour l’éducation nationale passe par une revalorisation du métier des enseignants, la reconnaissance de leur rôle, de leur utilité sociale qui doit se traduire par une revalorisation salariale.

Les sujets prioritaires pour améliorer le travail des enseignants sont les suivants :
- la réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

L’attachement des enseignants à leurs missions ressort à nouveau. Au lieu de privilégier une amélioration étroite de leurs conditions de travail, ils lient amélioration de leurs conditions de travail avec l’amélioration du système éducatif.

On observe le même paradoxe chez les enseignants comme pour l’ensemble de l’encadrement, c’est-à-dire chez les cadres et les professions intermédiaires : une profession très motivée par son travail, malgré des conditions d’exercice très dégradées, une profession qui porte des valeurs fortes sur le sens du travail, attachée à des questions d’éthiques professionnelles. Les enseignants veulent être professionnellement engagés et socialement responsables.

Dans le même temps, ils manifestent un très haut taux d’insatisfaction, d’une part sur la reconnaissance de leur qualification, sur la dévalorisation de leur métier, d’autre part leur désillusion profonde par rapport à l’employeur et le nouveau mode de management qui entre au forceps dans l’éducation nationale.