mis à jour le 16 septembre 2014

  • Propositions du Medef
    Les organisations syndicales dénoncent la provocation du patronat ›››

    Réaction unanime des organisations syndicales en ce début de semaine, après l’annonce du Medef, révélée par Les Échos lundi 15 septembre 2014, de son projet de «  relancer la dynamique de création d’emplois en France  ». Le texte de 50 pages qui sera présenté par le patronat, lors d’une conférence de presse le 24 septembre prochain, envisage la création d’un million d’emplois. Et ses conclusions stipulent que « certaines propositions pourraient apparaitre (...)
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  • Accord "un avenir pour chaque postier"
    L’avenir de la poste ne se fera pas sans son personnel. ›››

    Ils ont dit non ! Le personnel de La poste s’est massivement exprimé contre l’accord accompagner « le plan stratégique 2020 » imposé par la direction.Par la-même les salariés refusent ce plan qui, à grands coups de restructurations et de réorganisations, dégrade le service publique et les conditions de travail des salariés. Pour comprendre les attentes des postiers et des postières, la CGT, première organisation syndicale, a mis en place une consultation (...)
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  • Imprimeries
    La CGT présente son plan de filière, à la veille d’ouverture de négociations ›››

    Le 9 septembre 2014, les organisations syndicales CGT des métiers de l’imprimerie ont rencontré les représentants du Syndicat de la presse quotidienne nationale pour aborder les questions relatives à l’évolution des imprimeries concourants à la fabrication des journaux nationaux. Elles ont publié, à l’issue de la rencontre, une déclaration du Comité inter CGT (coordination des syndicats Info’Com-CGT, SIP-CGT et SPPS) concernant l’évolution des (...)
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  • Seita (Imperial Tobacco)
    Les salariés toujours en lutte ›››

    En avril dernier, Seita, filiale du groupe Imperial Tobacco a annoncé un plan de sauvegarde de l’Emploi (PSE) portant sur 366 suppressions soit près d’un tiers des effectifs. Avec cela, il prévoit la fermeture de l’usine de Carquefou ainsi que d’autres surpressions de postes dans toute la France. Pour protester contre l’inertie du groupe Imperial Tobacco dans la sauvegarde de l’emploi et de la production en France, l’intersyndicale, réuni en (...)
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  • Discriminations (Alençon)
    Michèle, syndicaliste, est acquittée ! ›››

    Le 4 septembre dernier à Alençon, dans l’Orne, 400 personnes de la région Normandie et des départements voisins (Sarthe, Eure-et-Loir) sont venues soutenir la secrétaire générale de l’union locale trainée devant les tribunaux pour fait syndical. Son crime : avoir lâché un nom d’oiseau et avoir soutenu avec d’autres militants une salariée menacée de licenciement alors que c’est elle qui avait été agressée par la femme du patron. Michèle encourait une amende (...)
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  • Assemblée nationale
    La CGT auditionnée sur le temps de travail ›››

    Alors que le Medef ne lâche pas la pression pour que soit remise en question la législation sur le temps de travail hebdomadaire, la CGT était auditionnée, ce jeudi 4 septembre 2014, à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’une commission d’enquête sur la réduction du temps de travail. Lors de cette audition, à laquelle participait également la CFTC, la CFDT et la CGC, plusieurs députés PS, UMP et PC, Michèle Chay, secrétaire générale de la Fédération (...)
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  • Sur France 2, le 9 septembre à 22:40
    Documentaire :
    Tête haute, huit mois de bagarre
    ›››

    France 2 diffuse le mardi 9 septembre dans Infrarouge à 22:40 Tête haute, huit mois de bagarre. Réalisé en 2013 par Yves Gaonac’h, ce documentaire de 58 minutes raconte l’histoire d’une lutte victorieuse dans l’industrie, celle des ouvriers des Fonderies du Poitou, sous-traitants fondeurs de culasses pour l’industrie automobile, qui se sont vus proposer de réduire leurs salaires de 25%. Ils ont choisi de se battre et de mettre leur principal donneur (...)
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  • Offensive du Medef sur la durée du travail
    Cinq bonnes raisons de défendre les 35 heures ›››

    Si Matignon a pris soin de démentir le tout nouveau ministre de l’Economie en assurant qu’il ne toucherait pas aux 35 heures, il a néanmoins indiqué qu’on ouvrirait des négociations par branche pour déroger à la durée légale du travail. Sous la pression du Medef, depuis le gouvernement Fillon de nombreuses dérogations aux 35 heures ont été imposées. Ce qui est en jeu pour le patronat en supprimant une fois pour toutes la référence aux 35h, c’est d’obtenir (...)
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  • La vraie conférence sociale
    Journée d’action interprofessionnelle à La Rochelle ›››

    C’est une vraie conférence sociale qui a été organisée à La Rochelle le 30 août. En marge de l’université d’été du PS, la CGT a interpellé la majorité avec ses propositions autour d’une journée d’action interprofessionnelle. L’union départementale de Charente-Maritime, s’est associée au comité régional Poitou-Charentes ainsi qu’aux cheminots et aux intermittents en lutte, pour faire de ce samedi une journée festive et revendicative. La journée a ressemblé près de (...)
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  • Recycling (Montluçon)
    Poussières toxiques, la CGT porte plainte ›››

    Malgré une première interpellation de la CGT il y a un an, les conditions de travail des salariés de l’entreprise de recyclage Recycling, à Domérat dans l’Allier, restent très préoccupantes. Le syndicat a déposé plainte au pénal et organisera le 5 septembre prochain une conférence de presse à 14 heures à l’union départementale CGT de l’Allier (Montluçon). Les poussières respirées par les salariés de la chaîne de recyclage contiennent 28 métaux lourds. Une (...)
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  • Acharnement syndical
    La Caisse des dépôts tente de mettre au pas la CGT ›››

    Une élue CGT est la cible de la direction juridique et sociale de la Caisse des dépôts qui tente de la licencier. Une procédure qui relève de l’acharnement syndical, selon l’ensemble des structures CGT de la Caisse des dépôts. Récit. La direction juridique et sociale du groupe Egis (groupe de conseil et d’ingénierie dans les domaines des transports, de la ville, du bâtiment, de l’industrie, de l’eau, de l’environnement et de l’énergie), dont le métier (...)
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  • Gare SNCF d’Annecy
    Licenciement abusif d’une sportive de haut niveau ›››

    Hier mercredi 27 août, la CGT cheminots du secteur de Chambéry a dénoncé dans une conférence de presse le licenciement "abusif" de l’une des 28 athlètes de haut niveau employés par la SNCF dans le cadre de contrats aménagés d’insertion professionnelle. En effet, Océane Pozzo, 25 ans, vice-championne d’Europe en 2013 de snowboard cross, a vu son contrat rompu le 1er août dernier par la SNCF qui lui reproche "plusieurs manquements", notamment de ne pas (...)
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  • Facteurs d’Ajaccio
    Victoire après 93 jours de grève ›››

    Face à une Direction de La Poste déterminée, les facteurs d’Ajaccio ont tenu bon. Ce conflit, exemplaire par les valeurs de solidarité, d’humanité et de responsabilité affichées par les grévistes, qui durait depuis 93 jours a connu un épilogue positif. Cette grève avait pour but de s’opposer à une ré-organisation de travail imposée par la Direction de la Poste, plus connue, sur le continent, sous le nom de « Facteur d’Avenir », tout en proposant un projet (...)
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  • Festival d’Aurillac
    Intermittents, salariés, précaires, dans la rue contre la convention d’assurance chômage ›››

    A l’appel, notamment de l’union départementale CGT du Cantal, plusieurs milliers de personnes, intermittents du spectacle, salariés de l’interprofessionnel, privés d’emploi ont manifesté contre la nouvelle convention de l’assurance-chômage vendredi 22 août à Aurillac dans le cadre de la 29e édition du Festival international de théâtre de rue. Le cortège réunissait « des intermittents du spectacle mais aussi des salariés d’Aurillac et des gens du public » se (...)
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  • Syndicalistes, pas voyous
    Michèle : accusée de soutenir une salariée maltraitée ›››

    Pour avoir soutenu une salariée maltraitée par ses employeurs, la secrétaire de l’union locale CGT d’Alençon (Normandie) se retrouve devant la justice le 4 septembre prochain. Dans l’entreprise devant laquelle était organisé le rassemblement, les licenciements sont monnaie courante et, comme dans de nombreuses autres entreprises, les cas de souffrance au travail sont fréquents.« Au final, rappelle la CGT d’Alençon dans un communiqué de presse, les (...)
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  • Conditions de travail
    Des saisonniers en grève à Gruissan ›››

    À Gruissan, dans le Languedoc-Roussillon, les salariés saisonniers de la pizzeria Sicilia « Chez Giacchino » sont en grève pour réclamer le paiement de leurs heures supplémentaires. Le contrat saisonnier est plus précaire encore que le CDD traditionnel qui, à la différence de ce dernier, ne permet pas au salarié de toucher la prime de précarité. Isolé et jetable, le salarié saisonnier n’a presque jamais les cartes en mains pour faire valoir ses droits. (...)
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  • Santé publique à Paris
    Martin Hirsch fait des annonces positives concernant le fonctionnement de l’Hôtel-Dieu ›››

    C’est dans un courrier au personnel de l’Hôtel-Dieu de Paris que Martin Hirsch a annoncé le retour des pompiers et des ambulances, la mise en place d’une polyclinique de consultation, le maintien des Urgences médico-judiciaires (UMJ), ou encore le développement d’un centre de psychiatrie en relation avec le Samusocial. L’union départementale CGT de Paris, très engagée dans les luttes pour un service public hospitalier de qualité et de proximité, se (...)
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  • Centre hospitalier de Toulouse
    Grève au service de neurochirurgie ›››

    Le personnel du service neurochirurgie B3 de l’hôpital Pierre Paul Riquet de Toulouse est en grève illimitée depuis le jeudi 31 juillet 2014. 70% des effectifs planifiés ce jour ont suivi le mouvement. Infirmiers et aides-soignants dénoncent la dégradation considérable des conditions de travail et donc de la qualité des services dont bénéficient leurs patients. Les problèmes de sous-effectif dans le service neurochirurgie sont présents depuis (...)
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  • Santé
    Vers une disparition des diagnostics et des soins ortophoniques ›››

    L’exercice de l’orthophonie dans les hôpitaux publics traverse une crise importante. Après un silence de plus d’un an, le ministère de la santé a ouvert une voie pour trouver une solution. L’intersyndicale des orthophonistes a été reçue par la responsable des ressources humaines au sein du cabinet de la ministre de la Santé. Lors cette réunion, ils ont exposé une nouvelle fois la situation préoccupante de l’exercice orthophonique dans les hôpitaux, et (...)
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  • Tour de France social 2014
    Les trois caravanes des saisonniers à Paris ›››

    Les trois caravanes CGT qui ont sillonné la France durant le mois de juillet, pour informer les salariés et les vacanciers sur les droits des travailleurs saisonniers, se sont retrouvées à Paris, ce vendredi 25 juillet. Accueillies par l’union départementale CGT de Paris, les deux caravanes « ouest » et la caravane « sud » ont d’abord été à la rencontre des salariés et des touristes dans les quartiers Saint-Michel, Bastille et du Châtelet. Points d’accueil (...)
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Sondage Ugict-CGT/Opinionway

Dans la tête des enseignants

mercredi 26 septembre 2012 , par F. Dayan

La CGT des ingénieurs, cadres, techniciens a rendu public ce 26 septembre une enquête sur l’état d’esprit des enseignants en cette rentrée.

Les enseignants sont motivés. C’est ce que révèle ce sondage, dont les résultats cassent les idées reçues. Le sacrifice budgétaire de l’école, associé à la suppression de la formation et à la réforme du recrutement n’ont pas ébranlé le désir des enseignants et leur ambition d’éducation, même s’ils sont confrontés à une forte dégradation des conditions d’exercice du métier et de son sens. Souvent proches des cadres dans leurs critiques et leurs aspirations, ils expriment haut et fort leur volonté de travail bien fait.

Être enseignant reste une véritable vocation

Les chiffres
80 % des enseignants ont choisi le métier par vocation. La première raison du choix du métier est, pour 42 %, des enseignants le goût de la transmission des connaissances, pour 19 % par goût du relationnel avec les élèves.
89 % des enseignants ont le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la société.
86 % des enseignants sont motivés par leur travail.
81 % des enseignants sont fiers de leur travail.

Le métier d’enseignant est très majoritairement un choix. Comme tous les agents de la fonction publique, ils ont le sens de l’exercice d’une mission de service public.

C’est d’abord pour transmettre des connaissances que l’on se décide à exercer ce métier, alors que le relationnel avec les élèves, au quotidien, reste le premier motif de satisfaction. Un écart qui met le doigt sur la dimension éducative du métier. Les enseignants, que l’on a parfois décrits « sans rêve ni moteur », apparaissent ici mobilisés et attachés à leur métier à un niveau qu’envieraient beaucoup d’entreprises privées. L’écart entre la vocation et la satisfaction au quotidien indique que, pour 32 % des enseignants, les conditions de travail sont telles qu’elles conduisent à une insatisfaction vis-à-vis d’un métier qui a pourtant été choisi.

Un investissement important et un temps de travail élevé

En moyenne, les enseignants réalisent un nombre d’heures d’enseignement supérieur au temps de service (15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés et PLP, 26 heures pour les professeurs des écoles) avec donc un temps de travail personnel très élevé.

Le temps de travail hebdomadaire moyen s’établit entre 40 et 44 heures, mais dissimule de profondes disparités. Cela rejoint les conclusions de différentes enquêtes sur le temps de travail des enseignants qui se situe bien au-delà des 35 heures.

Des heures supplémentaires imposées

Depuis 2007, avec la RGPP et les suppressions massives de postes, les heures supplémentaires se sont généralisées, 52 % des enseignants interrogés disent qu’il leur arrive de faire des heures supplémentaires imposées.

Une profession sacrifiée souffrant d’un mal de reconnaissance profond

Les chiffres
Seuls 8 % des enseignants estiment que le ministère de l’Éducation nationale est un employeur valorisant et qui défend ses salariés.
94 % des enseignants estiment que le métier d’enseignant n’est pas assez valorisé dans le système éducatif français.
76 % des enseignants s’estiment insatisfaits de leur rémunération. C’est le premier motif d’insatisfaction.
72 % des enseignants sont stressés au quotidien dans le cadre de leur travail.
64 % ne sont pas satisfaits de la reconnaissance de leur travail par la hiérarchie.
63 % des enseignants se sentent isolés dans l’exercice de leur métier.
58 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leur charge de travail.
56 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leurs conditions matérielles de travail.

Une absence de reconnaissance salariale

Près de 8 enseignants sur 10 estiment que leur rémunération est insuffisante. Notons que dans le sondage la principale motivation des enseignants qui font des heures supplémentaires est d’augmenter le niveau du salaire (64 %).

Si l’on fouille la double dimension satisfaction-insatisfaction, on constate que l’item provoquant le plus de satisfaction est la relation aux élèves (86 % satisfaits ou très satisfaits) et celui qui suscite la plus grande insatisfaction est le niveau salarial (76 % de pas du tout satisfaits et pas vraiment satisfaits).

Le précédent sondage de l’Ugict-CGT concernant les cadres fait apparaître la même insatisfaction croissante concernant leur rémunération. (Sondage Ugict-CGT-OpinionWay janvier 2012) ou la question salariale devient première avec près de 50 % à être satisfaits.

Un manque de reconnaissance de la hiérarchie et de l’opinion. La hiérarchie directe (le N+1) est mieux perçue que la hiérarchie plus éloignée. Les enseignants sont extrêmement critiques à l’égard de leur ministère comme employeur.

Ils sont 69 % à estimer que leur établissement est bien géré contre 30 % qui le jugent mal géré. Le sentiment d’être bien accompagnés par la direction de l’établissement est plus mitigé 54 %, contre 45 % qui estiment le contraire. Les enseignants attendent donc une hiérarchie proche de leurs problèmes quotidiens, capable d’apporter des réponses concrètes à leurs difficultés.

Un rapport très critique à l’employeur.

L’insatisfaction se situe ici à des niveaux allant de 89 % à 94 %.

Les enseignants sont très critiques par rapport à leur employeur et sont seulement 11 % à juger que l’éducation nationale donne des moyens suffisants à ses salariés pour travailler dans de bonnes conditions, seuls 8 % considèrent que l’éducation nationale valorise et défend ses salariés. Ils ne sont que 6 % à juger que l’Education nationale forme bien ses salariés.

Sur ce dernier point, la suppression de la formation initiale décidée par le précédent gouvernement est évidement à l’origine de ce chiffre, mais ne suffit pas à l’expliquer. En effet, plus l’ancienneté augmente, plus les enseignants sont critiques sur la formation.

C’est donc aussi l’absence de formation continue qui est pointée. Alors que les enseignants ont très majoritairement choisi leur métier, ils reprochent à leur employeur de ne pas leur donner les moyens pour accomplir la mission à laquelle ils adhèrent. Une insatisfaction du système d’évaluation des enseignants. L’insatisfaction exprimée à l’égard de l’employeur se ressent dans l’appréciation portée sur le système d’évaluation. Les enseignants jugent négativement leur système d’évaluation par la direction de leur établissement, ils sont 54 % à en être insatisfaits.

Les inspections sont très largement critiquées : 66 % des enseignants estiment qu’elles sont stressantes, 39 % qu’elles sont inefficaces, 37 % qu’elles sont dépassées et 24 % qu’elles sont injustes.

Le sondage Ugict - OpinionWay de janvier 2012 démontrait que 53 % des cadres estimaient les évaluations fondées sur de mauvais critères.

Le stress marque le quotidien des enseignants

Quand on leur demande de caractériser leur travail au quotidien à partir d’un certain nombre de termes (enthousiasme, stress, autonomie…, ils sont 63 % à choisir en premier des termes positifs. Néanmoins, au quotidien, 72 % des enseignants sont stressés dans le cadre de leur travail.
Les quatre causes de stress les plus citées sont le manque de reconnaissance (55 %), la charge globale de travail (53 %), le comportement des élèves (52 %) et le sureffectif des classes (52 %). _ Les motifs correspondent à un panorama assez complet d’éléments de dégradation du métier.

Le sondage Ugict - CSA, de février 2010, faisait apparaître que 84 % des cadres se disaient victimes de stress souvent ou de temps en temps.

L’appartenance à la catégorie socioprofessionnelle

Ils sont 98 % à se reconnaître cadre ou profession intermédiaire. Lorsqu’on leur demande dans quelle catégorie socioprofessionnelle ils situent leur métier, les enseignants choisissent massivement la catégorie cadres (47 %) et la catégorie profession intermédiaire (51 %). Ce chiffre cache de fortes disparités entre le 1er et le 2nd degré et l’ancienneté.

Ce sont des enseignants cumulant une expérience professionnelle, les professeurs de lycée plus que les professeurs d’écoles, et ceux qui enseignent dans les centres-villes plutôt que dans les banlieues et quartiers difficiles, qui se sentent le plus cadre. Le sentiment d’être cadre est donc lié à la valorisation du métier, à ses conditions d’exercice.

Les conditions de recrutement et la qualification initiale jouent aussi sur cette appréciation.

Un net décrochage se situe dans le 1er degré où seuls 29 % des enseignants se considèrent comme cadres, contre 65 % des enseignants de lycée. Ce chiffre s’explique notamment par des raisons historiques qui marquent encore la profession : ce n’est qu’en 1989 que les instituteurs sont devenus professeurs des écoles et sont passés en catégorie A.

Des inquiétudes très fortes sur l’avenir

Les enseignants émettent un jugement très critique du système éducatif français

Les chiffres
71 % des enseignants disent avoir parfois le sentiment de perte de sens de leur travail.
86 % considèrent que le métier d’enseignant est moins bien considéré par les Français qu’auparavant.
Seuls 48 % pensent que le système éducatif permet l’élévation du niveau de connaissance des élèves.
Seuls 22 % pensent que le système éducatif français permet de lutter contre les inégalités sociales.
Seuls 14 % considèrent que le système éducatif français permet la réussite de tous les élèves.

La perte de sens du travail s’explique donc par le sentiment que le système éducatif français n’est pas capable de remplir ses missions républicaines. Ce jugement explique la critique très forte de l’employeur, qui a dévoyé ses objectifs (égalité, réussite de tous…) sans outils concrets pour les mettre en œuvre. Cette critique du système contraste avec la satisfaction individuelle des enseignants qui sont fiers de leur métier et le jugent utile socialement. Cela va de pair avec la déconsidération croissante de leur métier.

Un pessimisme pour l’avenir

Les chiffres
79 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir de l’éducation nationale.
84 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir du système éducatif français.
88 % des enseignants sont pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de travail.

Spectateurs de multiples réformes qui n’ont pas permis de progrès concret du système éducatif ou de leurs conditions de travail, les enseignants sont très pessimistes pour l’avenir du système éducatif.

Comment améliorer la condition enseignante ?

Des réponses, se dégagent trois priorités :
- La réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

Conclusion

Revaloriser la profession enseignante pour changer l’École

Cette enquête montre que les enseignants, motivés, impliqués et animés par une vocation sont le premier atout de l’éducation nationale. Confrontés à une décennie de réduction budgétaire, de sacrifice de l’ambition éducative et de remise en cause des objectifs républicains, les enseignants sont très critiques vis-à-vis de l’éducation nationale. Leur pessimisme s’explique en partie par l’empilement de réformes et de directives, parfois contradictoires, jamais évaluées, qui ont toujours été en décalage complet avec les objectifs affichés.

Concrétiser une ambition pour l’éducation nationale passe par une revalorisation du métier des enseignants, la reconnaissance de leur rôle, de leur utilité sociale qui doit se traduire par une revalorisation salariale.

Les sujets prioritaires pour améliorer le travail des enseignants sont les suivants :
- la réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

L’attachement des enseignants à leurs missions ressort à nouveau. Au lieu de privilégier une amélioration étroite de leurs conditions de travail, ils lient amélioration de leurs conditions de travail avec l’amélioration du système éducatif.

On observe le même paradoxe chez les enseignants comme pour l’ensemble de l’encadrement, c’est-à-dire chez les cadres et les professions intermédiaires : une profession très motivée par son travail, malgré des conditions d’exercice très dégradées, une profession qui porte des valeurs fortes sur le sens du travail, attachée à des questions d’éthiques professionnelles. Les enseignants veulent être professionnellement engagés et socialement responsables.

Dans le même temps, ils manifestent un très haut taux d’insatisfaction, d’une part sur la reconnaissance de leur qualification, sur la dévalorisation de leur métier, d’autre part leur désillusion profonde par rapport à l’employeur et le nouveau mode de management qui entre au forceps dans l’éducation nationale.