mis à jour le 27 février 2015

  • Vie syndicale
    Marseille : Philippe Martinez à la rencontre des militants en lutte ›››

    Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est allé au contact des syndicats marseillais et de la région, ce jeudi 26 février 2015. Ces rencontres ont été l’occasion d’apporter le soutien de la confédération, d’examiner chaque situation, d’échanger sur les processus de lutte et les convergences entre les secteurs public et privé, et aussi d’aborder la question des perspectives économiques et sociales. Cette journée particulièrement dense a commencé par (...)
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  • Orthophonistes hospitaliers
    Pas de vraie reconnaissance des qualifications sans revalorisation salariale ›››

    Alors que la formation des orthophonistes est reconnue depuis 2013 comme étant un master, le ministère de la santé fait toujours la sourde oreille sur la question de la revalorisation salariale qui doit accompagner cette reconnaissance. L’intersyndicale des orthophonistes appelle toute la profession à se mobiliser, vendredi 13 mars 2015, sous le mot d’ordre « Non à la mort programmée de l’orthophonie hospitalière : agissons avant qu’il ne soit trop (...)
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  • Australie
    La CGT soutient l’action anti-libérale de la confédération australienne des syndicats ›››

    En Australie, les droits des travailleurs et des retraités, mais aussi le système éducatif, le système de santé et tous les services publics, subissent régulièrement les attaques de la coalition libérale et nationaliste au pouvoir. La CGT soutient l’appel à manifester, le mercredi 4 mars 2015, de la confédération australienne des syndicats (ACTU, Australian Council of Trade Unions). L’ACTU, principale organisation syndicale australienne, dénonce les (...)
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  • Industrie cinématographique
    Tous les salariés doivent profiter de la protection de la convention collective ›››

    Alors que le Conseil d’État vient d’annuler l’arrêt d’extension de la convention collective du cinéma qui en imposait l’application à toutes les productions, quelle que soit leur taille, la CGT spectacle réaffirme la nécessité d’appliquer à tous les salariés du secteur les « règles sociales et salariales précises » portées par cette convention. C’est par un arrêté du 1er juillet 2013 que le ministère du travail avait étendu l’application de la convention (...)
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  • Groupe La Poste
    Effectifs sacrifiés, services malmenés, mais chiffre d’affaire record ›››

    6 284 emplois supprimés, un chiffre d’affaire record, en progression de 2 % (+ 449 millions d’euros) et un résultat d’exploitation supérieur de 16 % (+ 100 millions d’euros) au budget, tel est le bilan du groupe La Poste entre 2013 et 2014. Dans un communiqué détaillé rédigé à l’issue du conseil d’administration de La Poste du 24 février 2015, la fédération nationale CGT des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication (FAPT) explique (...)
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  • Discrimination syndicale
    Acharnement judiciaire contre les ex-salariés de Goodyear Amiens ›››

    9 ex-salariés de l’usine Goodyear Amiens-Nord, dont plusieurs élus et militants CGT, ont passé la journée du mardi 17 février 2015 en garde à vue. Alors que l’accord de fin de conflit du 23 janvier 2014 prévoyait bien le renoncement à toute poursuite judiciaire ou disciplinaire, c’est pourtant pour des faits de « séquestration » datant de janvier 2014 que les 9 ex-salariés Goodyear ont été mis en garde à vue au commissariat d’Amiens, ce mardi 17 février. (...)
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  • Carrefour Market
    Rassemblement devant le siège pour la réouverture des négociations ›››

    La fédération CGT du commerce et des services demande la réouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) chez Carrefour Market. Elle appelle à un rassemblement, vendredi 20 février 2015, devant le siège de Carrefour. Devant le mépris affiché par la direction face aux revendications des travailleurs, y compris la plus élémentaire égalité de traitement entre les employés de Carrefour Market et ceux des hypermarchés Carrefour, la CGT commerce (...)
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  • Libertés fondamentales
    Rassemblement « Ne touchez pas au droit de grève ! » ›››

    Paris, 18 février 2015. Sur le Parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, aux côtés des secrétaires généraux de la CFDT et de FO, a participé au rassemblement en défense du droit de grève. Sharan Burrow, secrétaire générale de la confédération syndicale internationale (CSI), a pris la parole pour souligner avec fermeté l’attachement des travailleurs du monde aux droits fondamentaux, et en particulier leur (...)
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  • Industrie du verre
    Mobilisation unitaire pour la sauvegarde de Verallia ›››

    Les 2 300 salariés de Verallia sont en lutte pour préserver un fleuron de l’industrie française, depuis la réaffirmation par le groupe Saint-Gobain, le 8 décembre 2014, de sa volonté de céder sa filiale spécialisée dans la production d’emballages en verre. L’intersyndicale CGT, FO, CFDT et CGC a été reçue mercredi 18 février 2015 au ministère de l’économie. Alors que Saint-Gobain voudrait boucler la cession d’ici l’été 2015 et que plusieurs fonds (...)
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  • Aéroports de Paris
    Nouvelle mobilisation intersyndicale pour les salaires ›››

    Devant le mépris affiché par la direction d’Aéroports de Paris (ADP), l’intersyndicale CGT, CFE-CGC, FO et UNSA a appelé à une nouvelle mobilisation, pour une « augmentation générale et significative des salaires », ce jeudi 19 février 2015. Dans un tract du 17 février 2015, la CGT aéroports de Paris expliquent que le PDG d’ADP, dans un courrier adressé à tous les agents « falsifie la réalité des chiffres » et « camoufle les dividendes versés aux (...)
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  • CGT, CFDT, Solidaires, UNSA, USD, FO
    Les douaniers feront le printemps dans l’unité ›››

    Confrontés à des restructurations qui touchent notamment à leurs effectifs et à leurs missions, les douaniers et leurs organisations syndicales sont particulièrement inquiets et prêts à se mobiliser de nouveau pour "imposer un autre avenir pour la Douane". Depuis la tenue des États Généraux nationaux de la Douane en septembre 2013 et des journées d’actions nationales unitaires de novembre 2013 (1500 douaniers rassemblés à Paris) et de mars 2014 (3000 (...)
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  • Assurances
    AIG : des milliards de bénéfices et un plan social ›››

    La fédération CGT des syndicats de la banque et de l’assurance (FSPBA) et la fédération FO des employés et cadres (FEC) des assurances interpellent le gouvernement et lui demande d’agir pour s’opposer au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) annoncé chez AIG Limited Europe. Dans un courrier adressé le 12 février 2015 à Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, et à François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi, de la (...)
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  • Transport routier marchandises
    Première victoire des chauffeurs contre le dumping social ›››

    Parmi les professions inquiètes et mécontentes du projet de loi Macron, les chauffeurs routiers marchandises ont remporté une première victoire contre le dumping social qui tire les prix, les salaires, les conditions de travail. En effet, le 14 février, le gouvernement a fait adopter dans le cadre du projet de loi adopté hier un amendement visant à faire appliquer la directive détachement aux salariés en situation de cabotage, c’est à dire la (...)
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  • Administration pénitentiaire
    Menaces sur les retraites des assistants de service social ›››

    L’administration pénitentiaire remet cause le mode de calcul des retraites des assistants de service social en services pénitentiaires : c’est plus de 450 agents qui seraient concernés par une perte pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois dans le calcul de leur pension retraite. Dans une lettre ouverte adressée le 13 février 2015 à la garde des sceaux, le collectif CGT service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et la fédération intérieur (...)
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  • SNCM
    Un enjeu républicain ›››

    La survie de la société nationale Corse Méditerranée (SNCM) est un véritable enjeu social, industriel, écologique, et bien sûr politique. Parmi les offres de reprise déposées au tribunal de commerce de Marseille début février 2015, quatre sont considérées comme sérieuses. Le spectre de la liquidation judiciaire s’éloigne, mais pas celui de la casse sociale. La SNCM est la plus importante compagnie maritime française en mer méditerranée. Sa sauvegarde est un (...)
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  • Démocratie sociale
    La maison des syndicats du Val-d’Oise n’est plus à vendre ›››

    Grâce à une lutte exemplaire et unitaire, depuis le mois d’octobre 2014, le conseil général du Val-d’oise (95) a renoncé à la vente de la maison des syndicats. Le conseil général s’est aussi engagé à continuer de financer les dépenses de fonctionnement, mais sous certaines conditions. Dans un tract du 11 février 2015, l’union départementale CGT du Val-d’Oise se félicite de cette avancée et, signe de bonne volonté, annonce la suspension de l’action du 13 (...)
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  • Groupe Renault
    2 milliards de bénéfices : combien pour les salariés ? ›››

    Le groupe Renault vient de publier ses résultats 2014 : 2 milliards d’euros de bénéfices, près de 15 milliards d’euros de trésorerie. Pour faire quoi ? Pour verser 560 millions d’euros de dividendes aux actionnaires et, probablement, pour augmenter le PDG. Et pour les salariés ? La direction parle de l’embauche de 1 000 CDI, alors qu’elle a supprimé 3 860 emplois depuis 2013 et qu’elle a recours à 4 000 intérimaires. La CGT Renault appelle donc les (...)
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  • Carrefour Market
    Week-ends de la colère pour les salaires ›››

    Il va y avoir de l’animation dans les magasins Carrefour Market les vendredis, samedis et dimanches de ces prochaines semaines. Pas tant sur les prix que sur les salaires du personnel de cette enseigne de la grande distribution. En effet, la Fédération CGT Commerce et Services appelle les salariés à des grèves, des débrayages, des opérations de signature de pétitions auprès de la clientèle pour exiger la réouverture des négociations dans tous les (...)
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  • Média
    Philippe Martinez l’invité de RTL ›››

    Mercredi 11 février, Philippe Martinez secrétaire général de la CGT, a répondu à Jean-Michel Aphatie sur des questions d’actualité dans l’émission "L’invité de RTL". Philippe Martinez "L’invité de RTL" IMG/mp3/7776554948_l-invite-de-rtl-du-11-fevrier-2015.mp3
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  • Association Française des Banques (AFB)
    Quatre syndicats opposés au pacte de responsabilité ›››

    Les quatre fédérations syndicales CFTC, CGT, FO et SNB/CFE­‐CGC vont demander très rapidement un rendez­‐vous au Ministre du Travail, François REBSAMEN, pour lui exposer en détails les raisons et motivations de leur ferme opposition aux projets, accord comme relevé de conclusions, de l’AFB sur le « Pacte de Responsabilités ». Depuis le mois de mai 2014, ces organisations syndicales se sont engagées dans une « démarche volontariste » pour essayer (...)
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Sondage Ugict-CGT/Opinionway

Dans la tête des enseignants

mercredi 26 septembre 2012 , par F. Dayan

La CGT des ingénieurs, cadres, techniciens a rendu public ce 26 septembre une enquête sur l’état d’esprit des enseignants en cette rentrée.

Les enseignants sont motivés. C’est ce que révèle ce sondage, dont les résultats cassent les idées reçues. Le sacrifice budgétaire de l’école, associé à la suppression de la formation et à la réforme du recrutement n’ont pas ébranlé le désir des enseignants et leur ambition d’éducation, même s’ils sont confrontés à une forte dégradation des conditions d’exercice du métier et de son sens. Souvent proches des cadres dans leurs critiques et leurs aspirations, ils expriment haut et fort leur volonté de travail bien fait.

Être enseignant reste une véritable vocation

Les chiffres
80 % des enseignants ont choisi le métier par vocation. La première raison du choix du métier est, pour 42 %, des enseignants le goût de la transmission des connaissances, pour 19 % par goût du relationnel avec les élèves.
89 % des enseignants ont le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la société.
86 % des enseignants sont motivés par leur travail.
81 % des enseignants sont fiers de leur travail.

Le métier d’enseignant est très majoritairement un choix. Comme tous les agents de la fonction publique, ils ont le sens de l’exercice d’une mission de service public.

C’est d’abord pour transmettre des connaissances que l’on se décide à exercer ce métier, alors que le relationnel avec les élèves, au quotidien, reste le premier motif de satisfaction. Un écart qui met le doigt sur la dimension éducative du métier. Les enseignants, que l’on a parfois décrits « sans rêve ni moteur », apparaissent ici mobilisés et attachés à leur métier à un niveau qu’envieraient beaucoup d’entreprises privées. L’écart entre la vocation et la satisfaction au quotidien indique que, pour 32 % des enseignants, les conditions de travail sont telles qu’elles conduisent à une insatisfaction vis-à-vis d’un métier qui a pourtant été choisi.

Un investissement important et un temps de travail élevé

En moyenne, les enseignants réalisent un nombre d’heures d’enseignement supérieur au temps de service (15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés et PLP, 26 heures pour les professeurs des écoles) avec donc un temps de travail personnel très élevé.

Le temps de travail hebdomadaire moyen s’établit entre 40 et 44 heures, mais dissimule de profondes disparités. Cela rejoint les conclusions de différentes enquêtes sur le temps de travail des enseignants qui se situe bien au-delà des 35 heures.

Des heures supplémentaires imposées

Depuis 2007, avec la RGPP et les suppressions massives de postes, les heures supplémentaires se sont généralisées, 52 % des enseignants interrogés disent qu’il leur arrive de faire des heures supplémentaires imposées.

Une profession sacrifiée souffrant d’un mal de reconnaissance profond

Les chiffres
Seuls 8 % des enseignants estiment que le ministère de l’Éducation nationale est un employeur valorisant et qui défend ses salariés.
94 % des enseignants estiment que le métier d’enseignant n’est pas assez valorisé dans le système éducatif français.
76 % des enseignants s’estiment insatisfaits de leur rémunération. C’est le premier motif d’insatisfaction.
72 % des enseignants sont stressés au quotidien dans le cadre de leur travail.
64 % ne sont pas satisfaits de la reconnaissance de leur travail par la hiérarchie.
63 % des enseignants se sentent isolés dans l’exercice de leur métier.
58 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leur charge de travail.
56 % des enseignants ne sont pas satisfaits de leurs conditions matérielles de travail.

Une absence de reconnaissance salariale

Près de 8 enseignants sur 10 estiment que leur rémunération est insuffisante. Notons que dans le sondage la principale motivation des enseignants qui font des heures supplémentaires est d’augmenter le niveau du salaire (64 %).

Si l’on fouille la double dimension satisfaction-insatisfaction, on constate que l’item provoquant le plus de satisfaction est la relation aux élèves (86 % satisfaits ou très satisfaits) et celui qui suscite la plus grande insatisfaction est le niveau salarial (76 % de pas du tout satisfaits et pas vraiment satisfaits).

Le précédent sondage de l’Ugict-CGT concernant les cadres fait apparaître la même insatisfaction croissante concernant leur rémunération. (Sondage Ugict-CGT-OpinionWay janvier 2012) ou la question salariale devient première avec près de 50 % à être satisfaits.

Un manque de reconnaissance de la hiérarchie et de l’opinion. La hiérarchie directe (le N+1) est mieux perçue que la hiérarchie plus éloignée. Les enseignants sont extrêmement critiques à l’égard de leur ministère comme employeur.

Ils sont 69 % à estimer que leur établissement est bien géré contre 30 % qui le jugent mal géré. Le sentiment d’être bien accompagnés par la direction de l’établissement est plus mitigé 54 %, contre 45 % qui estiment le contraire. Les enseignants attendent donc une hiérarchie proche de leurs problèmes quotidiens, capable d’apporter des réponses concrètes à leurs difficultés.

Un rapport très critique à l’employeur.

L’insatisfaction se situe ici à des niveaux allant de 89 % à 94 %.

Les enseignants sont très critiques par rapport à leur employeur et sont seulement 11 % à juger que l’éducation nationale donne des moyens suffisants à ses salariés pour travailler dans de bonnes conditions, seuls 8 % considèrent que l’éducation nationale valorise et défend ses salariés. Ils ne sont que 6 % à juger que l’Education nationale forme bien ses salariés.

Sur ce dernier point, la suppression de la formation initiale décidée par le précédent gouvernement est évidement à l’origine de ce chiffre, mais ne suffit pas à l’expliquer. En effet, plus l’ancienneté augmente, plus les enseignants sont critiques sur la formation.

C’est donc aussi l’absence de formation continue qui est pointée. Alors que les enseignants ont très majoritairement choisi leur métier, ils reprochent à leur employeur de ne pas leur donner les moyens pour accomplir la mission à laquelle ils adhèrent. Une insatisfaction du système d’évaluation des enseignants. L’insatisfaction exprimée à l’égard de l’employeur se ressent dans l’appréciation portée sur le système d’évaluation. Les enseignants jugent négativement leur système d’évaluation par la direction de leur établissement, ils sont 54 % à en être insatisfaits.

Les inspections sont très largement critiquées : 66 % des enseignants estiment qu’elles sont stressantes, 39 % qu’elles sont inefficaces, 37 % qu’elles sont dépassées et 24 % qu’elles sont injustes.

Le sondage Ugict - OpinionWay de janvier 2012 démontrait que 53 % des cadres estimaient les évaluations fondées sur de mauvais critères.

Le stress marque le quotidien des enseignants

Quand on leur demande de caractériser leur travail au quotidien à partir d’un certain nombre de termes (enthousiasme, stress, autonomie…, ils sont 63 % à choisir en premier des termes positifs. Néanmoins, au quotidien, 72 % des enseignants sont stressés dans le cadre de leur travail.
Les quatre causes de stress les plus citées sont le manque de reconnaissance (55 %), la charge globale de travail (53 %), le comportement des élèves (52 %) et le sureffectif des classes (52 %). _ Les motifs correspondent à un panorama assez complet d’éléments de dégradation du métier.

Le sondage Ugict - CSA, de février 2010, faisait apparaître que 84 % des cadres se disaient victimes de stress souvent ou de temps en temps.

L’appartenance à la catégorie socioprofessionnelle

Ils sont 98 % à se reconnaître cadre ou profession intermédiaire. Lorsqu’on leur demande dans quelle catégorie socioprofessionnelle ils situent leur métier, les enseignants choisissent massivement la catégorie cadres (47 %) et la catégorie profession intermédiaire (51 %). Ce chiffre cache de fortes disparités entre le 1er et le 2nd degré et l’ancienneté.

Ce sont des enseignants cumulant une expérience professionnelle, les professeurs de lycée plus que les professeurs d’écoles, et ceux qui enseignent dans les centres-villes plutôt que dans les banlieues et quartiers difficiles, qui se sentent le plus cadre. Le sentiment d’être cadre est donc lié à la valorisation du métier, à ses conditions d’exercice.

Les conditions de recrutement et la qualification initiale jouent aussi sur cette appréciation.

Un net décrochage se situe dans le 1er degré où seuls 29 % des enseignants se considèrent comme cadres, contre 65 % des enseignants de lycée. Ce chiffre s’explique notamment par des raisons historiques qui marquent encore la profession : ce n’est qu’en 1989 que les instituteurs sont devenus professeurs des écoles et sont passés en catégorie A.

Des inquiétudes très fortes sur l’avenir

Les enseignants émettent un jugement très critique du système éducatif français

Les chiffres
71 % des enseignants disent avoir parfois le sentiment de perte de sens de leur travail.
86 % considèrent que le métier d’enseignant est moins bien considéré par les Français qu’auparavant.
Seuls 48 % pensent que le système éducatif permet l’élévation du niveau de connaissance des élèves.
Seuls 22 % pensent que le système éducatif français permet de lutter contre les inégalités sociales.
Seuls 14 % considèrent que le système éducatif français permet la réussite de tous les élèves.

La perte de sens du travail s’explique donc par le sentiment que le système éducatif français n’est pas capable de remplir ses missions républicaines. Ce jugement explique la critique très forte de l’employeur, qui a dévoyé ses objectifs (égalité, réussite de tous…) sans outils concrets pour les mettre en œuvre. Cette critique du système contraste avec la satisfaction individuelle des enseignants qui sont fiers de leur métier et le jugent utile socialement. Cela va de pair avec la déconsidération croissante de leur métier.

Un pessimisme pour l’avenir

Les chiffres
79 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir de l’éducation nationale.
84 % des enseignants sont pessimistes sur l’avenir du système éducatif français.
88 % des enseignants sont pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de travail.

Spectateurs de multiples réformes qui n’ont pas permis de progrès concret du système éducatif ou de leurs conditions de travail, les enseignants sont très pessimistes pour l’avenir du système éducatif.

Comment améliorer la condition enseignante ?

Des réponses, se dégagent trois priorités :
- La réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

Conclusion

Revaloriser la profession enseignante pour changer l’École

Cette enquête montre que les enseignants, motivés, impliqués et animés par une vocation sont le premier atout de l’éducation nationale. Confrontés à une décennie de réduction budgétaire, de sacrifice de l’ambition éducative et de remise en cause des objectifs républicains, les enseignants sont très critiques vis-à-vis de l’éducation nationale. Leur pessimisme s’explique en partie par l’empilement de réformes et de directives, parfois contradictoires, jamais évaluées, qui ont toujours été en décalage complet avec les objectifs affichés.

Concrétiser une ambition pour l’éducation nationale passe par une revalorisation du métier des enseignants, la reconnaissance de leur rôle, de leur utilité sociale qui doit se traduire par une revalorisation salariale.

Les sujets prioritaires pour améliorer le travail des enseignants sont les suivants :
- la réduction du nombre d’élèves par classe (77 %).
- La revalorisation de la rémunération (70 %).
- La formation des enseignants (69 %).

L’attachement des enseignants à leurs missions ressort à nouveau. Au lieu de privilégier une amélioration étroite de leurs conditions de travail, ils lient amélioration de leurs conditions de travail avec l’amélioration du système éducatif.

On observe le même paradoxe chez les enseignants comme pour l’ensemble de l’encadrement, c’est-à-dire chez les cadres et les professions intermédiaires : une profession très motivée par son travail, malgré des conditions d’exercice très dégradées, une profession qui porte des valeurs fortes sur le sens du travail, attachée à des questions d’éthiques professionnelles. Les enseignants veulent être professionnellement engagés et socialement responsables.

Dans le même temps, ils manifestent un très haut taux d’insatisfaction, d’une part sur la reconnaissance de leur qualification, sur la dévalorisation de leur métier, d’autre part leur désillusion profonde par rapport à l’employeur et le nouveau mode de management qui entre au forceps dans l’éducation nationale.