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Publié le jeudi 12 octobre 2017
En direct de l’institutionnel

Les Assises de la mobilité, c’est répondre aux besoins de transport pour la CGT



Le gouvernement a lancé les assises le 19 septembre. Les présentations faites ont été « hors-sol » par rapport à la situation réelle des transports et infrastructures. Les préconisations apportées ne répondent en rien aux défis auxquels nous sommes confrontés en matière de réponses aux besoins, accessibilité aux transports collectifs, saturation routière, aménagement du territoire, développement industriel, environnement et réchauffement climatique…

Transport et mobilité ne sont pas synonymes. L’un renvoie à une organisation, une infrastructure, des matériels, une planification, l’autre à un ou des usages mais qui nécessitent qu’organisation et infrastructures existent. Le 19, les deux ont été déconnectés en se focalisant sur la mobilité.
Ainsi, la mobilité des personnes est traitée comme si elle était unique et les solutions identiques alors que les besoins des individus, des salariés sont fort divers et vont nécessiter des réponses variées.

Nulle part ne sont évoqués les usagers, non plus d’ailleurs les salariés du transport, ce qui impliquerait une conception collective des transports et un service public. Il est fait référence à la solidarité (version start-up) mais pas à l’intérêt général. Le renvoi est permanent sur l’individu. Souvent avec de fausses évidences ! Sont beaucoup mises en avant des solutions individuelles de services numériques autour du transport, ce n’est pas ce qui crée un mode de transport, ni l’infrastructure nécessaire. C’est oublier aussi la réalité de la fracture numérique pour une partie des citoyens, notamment les plus âgés, les plus précaires …

Les modes proposés relèvent tous d’une adaptation au routier : covoiturage, auto-partage, véhicule électrique, véhicule autonome… mais aussi scooter, vélo y compris électrique, trottinette… Or là il n’est pas question des coûts, de la sécurité… comme si cela allait de soi. Rien sur un véritable report modal vers des modes alternatifs.

Pour la ruralité, rien n’est envisagé hors de différentes formes de covoiturage et de l’organisation de services autour. Ceux qui peuvent auront donc des voitures individuelles, les autres organiseront leurs déplacements en fonction des opportunités proposées par leur voisinage.

La question environnementale est juste évoquée mais n’est pas traitée.

Le gouvernement a décidé de traiter à part plusieurs chapitres de la mobilité dans ces assises : transport aérien et maritime, fret et logistique, ferroviaire… Comment réfléchir à une politique globale en séparant le transport des personnes de celui des marchandises ? Comment résoudre les problèmes de financement des infrastructures sans aborder la dette du ferroviaire ?

Ne pas traiter le fret est réducteur, y compris pour le transport de personnes, puisque des solutions peuvent être conjointes ou nécessiter les mêmes investissements. Or les infrastructures ne sont vues que comme des coûts que l’État ne veut plus assurer.

On retrouve la logique présidentielle et gouvernementale en cours : casser le modèle construit, déréglementer, casser les normes, libéraliser, privatiser, mettre en concurrence, individualiser sur le territoire…

Comme pour l’énergie, certains pensent que le prix des transports n’est pas assez cher, l’augmenter permettrait de réduire la demande…

La CGT doit travailler l’ensemble de ces questions dans une démarche cohérente.
-  sortie rapide d’un argumentaire avec les enjeux et surtout les propositions pour les militants des professions et des territoires ;
-  intervention dans les ateliers régionaux et départementaux, les initiatives organisées dans le cadre des assises ;
-  s’adresser aux militants, aux salariés, aux usagers et à la population pour que ce ne soit pas que l’affaire de quelques spécialistes aux ordres du capital ;
-  être à l’initiative de débats publics, « d’états généraux des transports » dans les territoires... travailler concrètement ensemble structures interprofessionnelles et professionnelles dans les territoires ;
-  inciter nos organisations, notamment en territoire, à sortir des expressions locales, voire un cahier d’acteur pour contribuer aux assises.