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Culture

Le centre Benoit Frachon va fêter ses 70 ans !

jeudi 16 novembre 2017

4 questions à Lionel Charvin, responsable pédagogique et culturel du Centre de formation Benoit Frachon à l’occasion des 70 ans du centre (2017-2018). Plusieurs événements sont encore à venir.

Quels sont les liens entre formation syndicale et culture au Centre Benoit Frachon ?

Deux courants ont traversé la CGT : le syndicalisme et l’éducation populaire. Au sortir de la guerre, il devenait nécessaire de re-former des cadres à la CGT, un certain nombre d’entre eux ont été déportés, fusillés. La CGT a acheté la propriété de Courcelles-sur-Yvette à cet effet. Les premières expertises du centre datent de 1947, mais c’est le congrès de 1948 qui entérine la création du centre à Courcelles-sur-Yvette. Les questions de culture se sont posées immédiatement. Les stagiaires organisaient des soirées de théâtre, de chansons, pour se détendre. Le programme culturel du centre s’imposera dès les années 70. Marius Bertou, qui était au bureau confédéral, jouera un rôle déterminant. Il pose au niveau confédéral la question de la culture à la CGT. À partir de là, on commence à avoir une programmation culturelle hebdomadaire.
Marius Bertou au 8e congrès de l'UGFF, 29-31 janvier 1959, DR-IHS-CGTLa programmation actuelle, c’est du théâtre, de la chanson française et de la musique, du jazz, de la musique classique. Le lundi : un film. Le jeudi : un café littéraire. Le jeudi soir : un spectacle vivant. On a un budget prévu pour ça. On propose 40 spectacles dans l’année, autant de rendez-vous au café littéraire, cinéma et arts plastiques. Dans le centre, on a une salle de spectacle, une bibliothèque ouverte 24 heures sur 24. Le centre a également une politique d’achat des œuvres. On organise quatre expos d’artistes par an qui durent environ trois mois. On accueille les artistes dans notre galerie.

Quel est le programme pour les 70 ans du centre ?

On propose une pièce de théâtre, « Gif sur Cégète », écrite par Ricardo Montserrat qui est un écrivain, dramaturge. Il est habitué à rencontrer les gens, les écouter et « coucher sur papier » leurs paroles. Il la restitue à travers une pièce de théâtre ou un texte à déclamer. On a fait le choix du théâtre. Il est venu au centre pendant quinze jours, une semaine complète et Ricardo Monserrataprès à des moments différents. Il a conçu le spectacle qui a été joué ici une fois, et une fois à la fête de l’Huma en 2017. On va le jouer à nouveau au centre en 2018 et essayer de le diffuser hors les murs, à la confédération à Montreuil et peut-être, au Festival d’Avignon.
Cela raconte l’histoire d’une cheminote, qui s’appelle Clé. Clé, c’est le diminutif de Clémence mais aussi la clé que l’on donne aux cheminots quand ils sont embauchés à la SNCF. Une clé de travail. Donc, elle s’appelle Clé, elle est militante et elle vient en formation. Au centre, elle rencontre une espèce de « bonhomme » qui n’est autre que Benoit Frachon. Clémentine Pasgrimaud
Ils échangent sur les questions de formation et de luttes à la CGT. C’est une pièce avec deux acteurs : Clémentine Pasgrimaud dans le rôle de Clémentine et Yannick Pasgrimaud dans le rôle de Benoit Frachon, accompagnés de François Hégron à la guitare. Le spectacle intègre le texte « Criminel » (lien) de Ricardo Montserrat, écrit en hommage à un camarade Philippe Crismann, administrateur de la FNSCBA-CGT qui est passé en jugement seul pour des faits de dégradation (confettis) commis dans le cadre d’un mouvement social. Le spectacle dure 1 heure 10. Nous souhaiterions que la CE confédérale le voit pour pouvoir le programmer à Montreuil. La formation syndicale est en train de le négocier. En 2018, on va le proposer
à nouveau au Centre Benoit Frachon. En fonction du planning des stages. Et puis il y a les journées d’été de la CGT au centre où on va le programmer à ce moment-là.

Et le film documentaire, diffusé en 2018 de quoi s’agit-il ?

Un documentaire qui est en cours de montage sera diffusé en janvier sur France Télévision. L’idée vient d’un camarade de la télévision, Yves Gaonach, qui est réalisateur et qui a eu envie de parler du Centre Benoit Frachon. Le documentaire parle du centre et de la formation. Comment on se forme, quelle est la vie du centre, de la formation syndicale CGT, en quoi elle est originale. Il est venu passer trois semaines au centre pour interviewer les stagiaires, formateurs, l’encadrement. Il est produit par la société MFP. On est en train de négocier le titre en ce moment car on n’est pas d’accord avec la production qui propose, comme titre, « À l’école de la CGT ». Il ne nous convient pas du tout car ce n’est pas l’image qu’on veut donner. D’autres événements sont prévus en 2018 : les journées portes-ouvertes, pour les fédérations d’Île-de-France et une visite pour ceux qui ne connaissent pas le centre.

Une exposition est prévue également ?

On est en train de réfléchir à une exposition. Une exposition qui relate les grandes phases de construction du centre, en lien avec les évolutions de notre projet pédagogique. L’idée, c’est de faire des kakemonos sur des moments de la fabrication du centre. Pourquoi à un moment, on a construit tel bâtiment, qu’est-ce qui a motivé du point de vue de la formation, le fait qu’on achète un bâtiment, le fait qu’on en construise un autre, le fait qu’on en transforme un troisième. Quel est l’événement politique ou syndical qui fait que l’on franchit un cap à chaque fois. On va faire émerger ça. On choisit la forme des kakemonos, pour que ce soit plus léger, ce ne sera pas des pages d’écriture. Ce sera facilement transportable, facilement montrable. La matière de cette expo ce sont des photos, des témoignages que l’on puise dans les archives à l’Institut CGT d’histoire sociale.