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Publié le jeudi 24 mars 2011

La vérité sur les financements nécessaires



Selon Bercy, les sommes affectées à la perte d’autonomie ont représenté, en 2010, 24 milliards d’euros toutes aides publiques confondues. Cela représente 1,3 % du PIB. D’ici 2015, le besoin de financement s’élèverait à un peu moins d’un point de PIB.

D’autre part, il faut considérer que l’aide à l’autonomie est facteur de création d’établissements de santé, de services et d’emplois. Elle contribue à l’essor de la recherche et participe au développement de l’économie. Ce n’est pas une « charge. Collectivement les coûts sont très supportables, individuellement, ils sont souvent insoutenables.

Il n’est pas juste que les personnes qui ont perdu leur autonomie doivent, en plus, financer individuellement leur prise en charge. Une personne ayant la maladie d’Alzheimer devra financer l’aide qu’on lui apporte, alors qu’une personne qui a un cancer relèvera de l’hôpital, financé par l’assurance maladie, en dehors du forfait hospitalier de 18 euros par jour.
- La CGT propose que le financement de l’aide à l’autonomie relève de celui de la Sécurité sociale de ses principes et de ses fondements  : faire face aux aléas de la vie de la naissance à la mort. Elle se situe dans le cadre des propositions de la CGT en la matière. Nous écartons tout recours sur succession ou assurance individuelle privée, qui serait facteur d’inégalités et d’injustice.

Des besoins de financement très supportables

Gouvernement et patronat dramatisent la situation et mettent en avant la situation économique de notre pays pour justifier l’introduction des assurances privées dans le dispositif de prise en charge de la perte d’autonomie pour les personnes âgées. Or, ces besoins ne sont pas insurmontables ! Selon Bercy, les sommes affectées à la perte d’autonomie ont représenté, en 2010, 24 milliards d’euros pour l’ensemble des aides publiques. Cela représente 1,3 % du PIB. D’ici 2015, le besoin de financement s’élèverait à un peu moins d’un point de PIB. En avril 2010, le Haut Conseil de l’assurance maladie a estimé que les dépenses de santé liées à l’augmentation de la durée de vie, représenteront 1/10e de la croissance des dépenses de chaque année d’ici quarante ans et conclut : « Il n’y a rien là qui ressemble à un raz de marée insurmontable pour les dépenses publiques ».

L’aide à l’autonomie fait partie de nouveaux besoins, liés aux progrès de la société. Elle nécessite la mise en place de réponses adaptées et évolutives. Si on peut considérer qu’elle ne relève pas directement de la « maladie », en revanche, elle relève de la santé.

Il s’agit d’un choix de société

Quelle part du PIB voulons-nous consacrer à nos « vieux » et aux personnes en situation de handicap afin de construire « une société pour tous les âges et toutes les situations ».

La prise en charge de la perte d’autonomie s’intègre totalement dans les principes fondateurs de la Sécurité sociale : « Faire face aux aléas de la vie de la naissance à la mort ». À ce titre, elle doit relever de la solidarité nationale et non de la solidarité familiale. La Cgt propose de créer un nouveau droit dans le cadre de la branche maladie aux côtés de la maladie, la maternité, l’invalidité et le décès.

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Les faits

Le coût d’une maison de retraite médicalisée se situe entre 1 800 et 3 000 euros mensuel, à la charge de la personne âgée.

Selon la Drees, 75 % des allocataires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (Apa) sont aidés par leur famille avec un investissement horaire deux fois supérieur à celui des intervenants professionnels. Ce sont surtout les femmes qui assurent cette aide 9 h 45 pour les conjointes en moyenne journalière  ; 4 h 30 les filles en moyenne journalière. On peut se demander si un tel investissement est propice à la prévention du mauvais vieillissement chez ces personnes et à l’égalité homme/ femme.