[1]Nasser Mansouri-Guilani Je vous remercie d’avoir accepté cette invitation. Comme vous le savez, notre revue prend des initiatives à l’occasion de chaque congrès confédéral. Dans la mesure où la démocratie sociale est un thème majeur du 48e congrès, nous avons pensé qu’il pourrait faire l’objet d’une table ronde. Si vous le voulez bien, nous allons, dans un premier temps, examiner les raisons de l’intérêt porté par la Cgt à cette thématique de la démocratie sociale.
Agnès Le Bot Quand la Cgt a commencé à travailler sur le nouveau statut du travail salarié (NSTS), fi n 2001 d’après mes souvenirs, et plus particulièrement sur le thème de la démocratie sociale, nous en sommes restés à l’idée : « Il faut qu’on garantisse le droit à la dé d mocratie sociale. » Si on regarde ce que nous avons vécu au niveau des luttes, sur des enjeux interprofessionnels, il apparaît nettement que ce thème mérite approfondissement : Que veut dire le droit à la démocratie sociale ? Pourquoi est-ce si important pour les salariés, le syndicalisme ? Comment allons-nous le décliner plus précisément ?
Nous nous sommes interrogés sur cette question, surtout dans le cadre de la préparation du 48e congrès. La raison pour laquelle nous en sommes venus à aborder le thème du NSTS, d’une manière peut-être nouvelle, par la porte d’entrée « démocratie sociale », c’est la question de la revalorisation du travail. C’est une question forte autour de laquelle nous avons besoin de structurer notre action et nos propositions. Nous le sentons bien.
Revaloriser le travail, mais aussi penser l’articulation entre droits individuels et droits collectifs. Là-dessus, nous sommes en opposition frontale avec le Medef et le gouvernement, et nous devons mesurer, je pense, la hauteur de cet enjeu.
Démocratie sociale, c’est donc pour nous un élément constitutif du NSTS, sauf qu’il faut que nous le fassions ressentir plus fortement, dans notre démarche revendicative, jusqu’au plus près des lieux de travail. Le rapport de forces demeure à construire avec les salariés pour des conquêtes sociales. Un certain nombre d’obstacles existent qui doivent être levés, que ce soit en termes de représentativité, d’exigences de droits nouveaux, mais aussi, aspect assez présent dans le document d’orientation, en termes de rénovation profonde du paritarisme. (...)
[1] 1145866724.gif:ADE.gif:LEFT