mis à jour le 24 mars 2008

Publié le jeudi 20 mars 2008

La France est paralysée



18 mai
On compte un million de grévistes le matin… le soir, ils sont déjà deux millions ! Le fait marquant de cette journée : l’entrée dans le mouvement des services publics :SNCF, RATP, PTT… "La grève se généralise", affirme la CGT dans un communiqué publié à 10h30. "L’issue victorieuse du mouvement est entre les mains des travailleurs eux mêmes" .

19 mai
Le trafic SNCF et RATP est totalement bloqué. De nouveaux secteurs se mettent en grève : les banques, les assurances, la Sécurité Sociale, les hôpitaux, les mines… Le Comité intersyndical du Livre Parisien, solidaire des salariés en lutte, a décidé « de laisser paraître la presse dans la mesure où celle-ci accomplira avec objectivité le rôle d’informateur qui est sa vocation. »

20 mai
C’est désormais par millions que se comptent les grévistes dans le pays. Des centaines de grandes entreprises sont occupées : à l’ORTF, Peugeot-Sochaux, Alsthom-Belfort, Michelin, Kleber-Colombes… on estime à cent mille le nombre de salariés en grève dans le textile.

21 mai
Extension de la grève, souvent avec occupation du lieu de travail : les grands magasins parisiens sont occupés ou fermés, ainsi que les banques, les entreprises de l’alimentation. Dans les secteurs névralgiques pour la vie de la population, les salariés, avec leurs organisations syndicales, assurent l’approvisionnement en électricité, produits pharmaceutiques et alimentaires, eau potable ; les services d’urgence (hôpitaux, secours…) ou d’information fonctionnent. On dénombre un million et demi de grévistes dans la métallurgie et plus de huit millions sur le territoire.
Selon le Secrétaire général de la CGT, « Le mouvement, placé sous la vigilance des travailleurs, est bien trop puissant pour qu’il puisse être question de le stopper par des formules creuses : autogestion, réforme de structures, plan de réformes sociales et universitaires et autres inventions qui aboutissent toutes à reléguer à l’arrière plan les revendications immédiates. Il faut que l’on sache que la CGT monte la garde autour des revendications ouvrières et elle a ce qu’il faut pour les défendre. […] »

22 mai
C’est le point culminant, le nombre de grévistes atteint les 9 millions. Ils sont deux millions dans la métallurgie, un million dans le bâtiment, 350 000 à la SNCF, 300 000 dans le textile, 250 000 dans les PTT…

24 mai
A l’appel de la seule CGT, manifestations imposantes à Paris (400 000 manifestants) et en province. De leur côté, les paysans accentuent leur pression en dressant des barrages ou en organisant des meetings et des manifestations, parfois avec les organisations ouvrières (Limoges, Mont-de-Marsan…). Proposition du premier ministre d’engager des négociations dès le lendemain. Henri Krazucki, secrétaire de la CGT écrit dans le journal « L’Humanité » : « Ainsi que la CGT n’a cessé de l’affirmer, ils (les négociateurs CGT) rendront compte aux travailleurs en grève, qui seront appelés à prendre eux-mêmes les décisions qui s’imposent. » A Paris, manifestation d’étudiants, organisée par l’UNEF et le SNESUP, en solidarité à Cohn-Bendit, se termine au Quartier Latin par de sérieux affrontements durant toute la nuit. C’est la deuxième « nuit des barricades ». On dénombre prés d’un millier de blessés. Des évènements du même type se produisent dans les villes universitaires, telle Lyon où on compte 300 blessés et un mort.