mis à jour le 21 mai 2012
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  • Archives nationales
    Les fonctionnaires déménagent... et enragent ›››

    A l’appel de leur syndicat CGT, les fonctionnaires des Archives nationales devraient cesser le travail aujourd’hui. Une ultime protestation avant la réorganisation du siècle pour l’institution. A partir de demain, 210 km de dossiers vont progressivement abandonner leur fief historique — le solennel hôtel de Soubise, au cœur du Marais (IIIe) — pour rejoindre un nouveau siège ultramoderne à Pierrefitte (Seine-Saint-Denis). Ce grand chambardement fait (...)
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  • Veninov
    Les salariés ne se sont pas battus pour rien ›››

    Le tribunal de commerce de Nanterre a rendu son verdict définitif le vendredi 11 mai 2012. La reprise est désormais officielle, l’usine Veninov de Vénissieux (Rhône) sera reprise par le groupe autrichien Windhager Garden. En juillet 2011, l’usine VENINOV, leader européen de la toile cirée, a été placée en liquidation judiciaire. Elle comptait alors 87 salariés qui furent licenciés en juillet 2011. Les salaires n’étaient plus versés régulièrement depuis (...)
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  • Plateforme La Poste de Castelnau-d’Estrétefonds
    La grève se prépare pour le 22 mai ›››

    Un préavis de grève a été déposé par les syndicats CGT, Sud et FO de la plateforme industrielle de Castelnau-d’Estrétefonds pour mardi 22 mai. Les syndicats appellent à un rassemblement devant la direction départementale de La Poste le même jour, dès 10 heures, à Toulouse. Ils dénoncent « la situation de souffrance et la dégradation des conditions de travail et de vie des personnels encadrants ». En cause, la baisse des effectifs et des rythmes de travail (...)
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  • Hôpital Jacques Coeur de Bourges
    Préavis de grève sur les moyens humains ›››

    Après un premier débrayage, il y a six jours, les syndicats CGT, CFDT, Sud et FO du centre hospitalier de Bourges ont reconduit leur préavis de grève jusqu’au 25 mai. L’intersyndicale réclame l’embauche de cent quatre-vingts personnes pour combler les manques. Hier mardi 15 mai, le directeur de l’hôpital est venu à la rencontre avec les personnels qui manifestaient dans le hall de l’établissement. Il a confirmé sa volonté de supprimer les horaires de (...)
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  • Caisse d’allocations familiales Bouches-du-Rhône
    Le bras de fer sur les effectifs se durcit ›››

    Depuis le 9 mai 2012, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, UGICT-CGT et SNFOCOS, les agents et cadres de la CAF13 sont en grève reconductible de 55 minutes tous les jours de 10h35 à 11h30. Ils se battent pour obtenir les moyens nécessaires notamment en terme d’effectifs pour améliorer leurs conditions de travail complètement dégradées et le service public dû aux allocataires. Dans un communiqué commun, les syndicats expliquent qu’avec les politiques (...)
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  • Blocs opératoires du CHRU de Brest
    Grève contre la souffrance au travail ›››

    Ce mardi 15 mai, la CGT appele les personnels des blocs opératoires à une journée de grève sur les conditions de travail. Le syndicat évoque ainsi les « difficultés dénoncées depuis un an concernant l’épuisement professionnel et les mauvaises conditions de travail des agents ». Si le syndicat « se félicite de la mise en oeuvre d’un projet de création de 27postes aux blocs, mais aussi dans les services partenaires (stérilisation, brancardiers). Il n’en (...)
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  • Suicide au technocentre de Guyancourt
    La faute inexcusable de Renault reconnue par la justice ›››

    Un arrêt rendu jeudi 10 mai par la Cour d’appel de Versailles reconnaît que le suicide d’Hervé Tizon, technicien informatique au Technocentre de Renault Guyancourt en 2007, est « dû à la faute inexcusable » du constructeur automobile. La 5ème Chambre de la Cour d’appel de Versailles considère que « Renault n’a pas pris les mesures nécessaires pour préserver Hervé Tizon du danger auquel il était exposé en raison de la pénibilité avérée de ses conditions de (...)
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  • Procès Eternit à Turin
    Les accusés connaissaient la nocivité de l’amiante ›››

    Le tribunal de Turin a publié lundi 14 mai le jugement du procès Eternit. Il en ressort que les milliardaires suisse Stephan Schmidheiny et belge Jean-Louis de Cartier connaissaient depuis 1968 la nocivité de l’amiante, mais n’ont rien fait pour y remédier. Les deux hommes ont été condamnés à seize ans de prison en février pour la mort de milliers de personnes dans deux des quatre usines italiennes du groupe Eternit. Dans les 733 pages de considérants, (...)
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  • Rassemblement devant la prison de Grasse
    La CGT souhaite un changement radical de la politique pénitentiaire et pénale ›››

    Grave pénurie de personnel et absence totale de dialogue sont à l’origine du rassemblement devant la maison d’arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Une cinquantaine de surveillants pénitentiaires manifestent leur colère, ce lundi 14 devant l’établissement pénitentiaire de Grasse, à l’appel d’une intersyndicale CGT, Ufap, Fo, USP. Les personnels dénoncent le manque d’effectifs, le mépris de la hiérarchie, le non respect du dialogue social, la (...)
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  • Fralib (Géménos)
    Les salariés en appellent au nouveau Président de la République ›››

    Les 103 salariés de Fralib et leur syndicat CGT qui réoccupent leur entreprise depuis vendredi 11 mai en appellent à François Hollande pour un "geste fort" empêchant "Unilever de vider l’usine". "On a rencontré François Hollande cinq fois pendant la campagne et à chaque fois il a pris l’engagement d’être à nos côtés. Il y a urgence maintenant", insiste le délégué du syndicat CGT, Olivier Leberquier. Il souligne que ces engagements ont été confortés à (...)
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  • Cinémas MK2
    Grève des projectionnistes ›››

    Des projectionnistes du réseau de cinémas parisiens MK2 sont en grève depuis samedi 12 mai 2012 pour dénoncer la modification de leurs contrats de travail dans le cadre du passage à la production numérique. Dans un tract commun, les syndicats CGT, SUD-Culture et CNT accusent la direction de MK2 de tenter depuis six mois "de profiter du passage au cinéma numérique pour proposer, sous menace de licenciement, un avenant au contrat des opérateurs (...)
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  • Cahors
    Les aides à domicile en grève ›››

    « Nous ne lâcherons rien ». Les aides à domicile du Lot évoluant sous l’égide de Lot Aide à Domicile (LAD), observent ce vendredi 11 mai 2012, à l’appel du syndicat CGT, une nouvelle journée de grève et de mobilisation. Le syndicat CGT des aides à domicile du Lot dénonce l’accord d’entreprise et notamment « le remboursement des kilomètres-trajets pour toutes des salariées de LAD ». Celles-ci aimeraient être fixées sur l’avenir que l’on dit « incertain » de (...)
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  • Evaluation des enseignants
    Promesse officielle d’abrogation du décret Chatel ›››

    Passé in-extremis la veille de la démission du gouvernement Fillon, le décret réformant l’évaluation des enseignants va battre tous les records de brièveté dans les pages du Bulletin Officiel de l’Education nationale. A la plus grande satisfaction des syndicats d’enseignants qui ont puissamment mobilisé les 15 décembre et 31 janvier derniers contre cette réforme visant à introduire une gestion managériale de l’Education nationale. En effet, "dès la prise (...)
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  • Transports urbains réseaux Kéolis
    Les conflits se multiplient ›››

    Après Tours et Blois, Orléans est également touché par un conflit social des chauffeurs de bus. Si certaines revendications sont propres à chaque réseau, les syndicats s’accordent sur deux points dans ces trois villes : la dégradation des conditions de travail et la revalorisation des salaires. A Orléans, salariés de Keolis réclament 4% d’augmentation sur un an au lieu du 1,5% proposé par la (...)
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  • Fonction publique territoriale
    La CGT Services publics réitère ses revendications ›››

    La fédération CGT des services publics n’a pas attendu pour faire part au futur gouvernement des revendications prioritaires défendues par le premier syndicat de ce secteur. Dans un communiqué, la fédération CGT des Services publics énonce des revendications prioritaires qui doivent être "urgemment satisfaites". la Fédération CGT des Services publics estime que les revendications suivantes sont prioritaires et doivent être urgemment satisfaites : (...)
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  • Fonction publique du Royaume Uni
    Forte mobilisation pour les retraites et l’emploi ›››

    Quelques 400 000 salariés de la fonction publique de tous secteurs étaient en grève jeudi au Royaume-Uni pour protester contre le projet de réforme des retraites combattu depuis dix-huit mois. Cette grève est le troisième mouvement d’ampleur contre la réforme des retraites organisé depuis juin 2011 au Royaume-Uni. On a aussi vu 30 000 policiers britanniques manifester à Londres contre les suppressions d’effectifs. Reste que face à cette mobilisation, (...)
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  • Transports urbains de Blois
    Le conflit se durcit ›››

    Entamée le 16 avril, la grève aux TUB (Transports urbains du Blaisois gérés par Kéolis) a repris de plus belle le 7 mai au matin. Soutenus par la CGT et la CFDT, les conducteurs des TUB revendiquent une hausse des salaires, sur deux ans, de 10,8 %. Kéolis l’exploitant des TUB, a proposé 2,5 % d’augmentation pour 2012 au début des négociations, a fait une proposition à 5 % sur deux ans ou 7,30 % en cas de passage du temps de travail hebdomadaire à (...)
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  • Bus de Besançon
    Grève pour les salaires et les conditions de travail ›››

    Les transports urbains de Besançon risquent d’être perturbés durant la Foire comtoise (du 12 au 20 mai) en raison d’un appel à la grève lancé par les syndicats CGT et CFDT pour samedi 12 mai et peut-être les jours suivants. Les syndicats demandent de meilleures conditions de travail et une hausse des salaires de 7%.
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  • Métallurgie allemande
    Les grèves s’amplifient ›››

    Quelque 115 000 salariés ont pris part jeudi 3 mai 2012 à des débrayages et à des rassemblements organisés pour appuyer les revendications salariales dans l’industrie allemande, a annoncé le syndicat IG Metall. Syndicat et patronat en sont au troisième round de négociations à propos de la convention collective de l’énorme secteur de la métallurgie, qui comprend les machines-outils, la mécanique, l’automobile, l’électro-ménager ou encore les (...)
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  • Bourse du travail de Nice
    Estrosi "expulse" la CGT ›››

    Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, a annoncé jeudi 3 mai 2012 qu’il ne souhaitait plus que l’union départementale de la CGT réintègre la Bourse du travail de la place Saint-François, dans le Vieux-Nice. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse improvisée au cours de laquelle il a annoncé ses projets de restauration des bâtiments de la Bourse du travail, dont certains datent du moyen-âge. Un (...)
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Bernard Thibault dans Le Monde

" La France aussi est dans l’austérité "

lundi 25 juillet 2011

Dans une interview publiée par Le Monde du 23 juillet, le secrétaire général de la CGT appelle à la mobilisation et juge que le pouvoir piétine la démocratie sociale.

Propos recueillis par Claire Guélaud, journaliste

Bernard Thibault regrette que l’Europe n’ait " plus d’objectifs de développement social " et invite les politiques à " reprendre le pouvoir aux institutions financières ", car " l’Europe est malade ", et pas seulement sur le plan économique. Le secrétaire général de la CGT confirme l’appel à la mobilisation à la rentrée mais n’attend pas grand-chose de l’intersyndicale du 18 août. Il est possible, dit-il, que le syndicalisme traverse une " séquence de divisions " .

- Que révèle la crise grecque ?

Nous vivons dans un monde dominé par des logiques économiques et financières sur lesquelles de moins en moins de personnes ont de prise. La Grèce est sous les feux de l’actualité mais la Confédération européenne des syndicats l’a constaté à la mi-mai : c’est toute l’Europe qui est malade sur le plan économique, social et politique.

-  Le sommet de jeudi répond-il aux difficultés européennes ?

Une fois de plus, on tente de nous convaincre qu’on a évité le pire... jusqu’à la prochaine secousse naturellement prévisible puisque rien ne change sur le fond. L’Union européenne n’a plus d’objectifs de développement social. Les agences de notation et les banques convoquent les chefs d’Etat en leur fixant leur feuille de route, et l’intérêt des marchés prime sur celui des peuples. Cela ne peut pas durer très longtemps.

Les responsables politiques doivent reprendre le pouvoir aux institutions financières. Ceux qui ne prennent pas la mesure de la situation feront le jeu des partis d’extrême droite. Lesquels rencontrent un certain succès en Europe en proposant des réponses qui n’en sont pas, en désignant des boucs émissaires - l’immigré de service -, ce qui protège le système à l’origine d’un malaise social grandissant. La France aussi est dans l’austérité ; elle l’a même prônée dans le pacte " euro plus ".

-  A quoi pensez-vous ?

Aux injonctions de la Commission européenne pour 2011-2014. Elles nous permettent de mieux comprendre pourquoi le ministre du travail, Xavier Bertrand, a annoncé précipitamment un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites, pourquoi il faut tailler dans les budgets publics et sociaux ou encore instaurer une deuxième journée de travail gratuit pour financer la dépendance. On passerait ainsi du " travailler plus pour gagner plus " au travailler plus mais gratuitement. Ce n’est pas non plus un hasard si le Medef relance sa revendication d’une suppression de la durée légale du travail.

- La CGT a proposé une journée d’action à la rentrée sans consulter l’intersyndicale. Pourquoi ?

La situation est sérieuse et le mouvement syndical doit être au diapason du mécontentement social, comme le sont tous les syndicats en Europe. Nous avons décidé de le dire publiquement, à nos partenaires syndicaux et plus largement aux salariés. La question du pouvoir d’achat et des salaires va revenir en force à la rentrée. L’emploi ne s’est pas amélioré, l’austérité est programmée.

Notre message est simple : soit on prend l’initiative d’organiser des actions collectives pour modifier le cours des choses, soit on laisse faire. Si les salariés veulent de vraies alternatives, ils doivent le dire ensemble et le cadre syndical le permet. Ils auraient tort de rester seuls l’arme aux pieds en considérant que le bulletin de vote est l’unique moyen d’expression.

-  Peut-on échapper au redressement des comptes publics ?

Qui a multiplié les aides financières aux entreprises qui coûtent plusieurs dizaines de milliards d’euros sans contreparties, les avantages fiscaux aux plus fortunés tout en justifiant le blocage du smic et contribuant à la baisse des pensions ? C’est le gouvernement !

Le redressement ne passera pas par le recul des droits sociaux mais par une réappropriation publique des moyens de financement et leur orientation sur les investissements productifs, le développement des qualifications et leur juste rémunération. Nous voulons un autre partage des richesses.

-  Que va donner l’intersyndicale ?

Nous avons bien noté que notre proposition de préparer dès maintenant une mobilisation interprofessionnelle unitaire n’avait pas reçu un accueil d’un enthousiasme débordant. On va continuer de discuter de la situation et faire le point le 18 août. Je crains qu’un désaccord n’apparaisse sur l’opportunité d’en appeler à la mobilisation. Chacun prendra ses responsabilités. Les relations syndicales sont faites de hauts et de bas. Il est possible que nous traversions une séquence de divisions. Pour nous, il n’est pas question d’accompagner les politiques actuelles sans réagir de manière plus offensive.

- Mais, en 2010, il y a eu des mobilisations exceptionnelles, souvent unitaires, mais sans effet...

La loi sur les retraites est passée, c’est vrai. Mais si le président de la République perd l’élection présidentielle, il aura là un des motifs d’explication, quoi qu’il en pense. On ne peut pas piétiner la démocratie sociale à ce point.

- La CGT a été un des syndicats les plus actifs contre le FN. Qu’a donné cette action ?

Il était normal et évident que nous réagissions fermement : pour la première fois, un parti intente une action en justice contre la CGT pour discrimination politique. Ce n’est pas banal ! J’attends avec impatience les suites, s’il y en a, de cette procédure. Il faut répondre à la démagogie du FN, qui se dit proche des ouvriers sans jamais soutenir une seule de leurs grèves.

L’extrême droite cherche à surfer sur le mécontentement social et sur la déception politique ; elle prétend jouer le jeu de la démocratie et, parvenue à ses fins, applique des politiques contraires aux valeurs historiques du syndicalisme. Aucun progrès social ne se construit sur la discrimination.

- Votre action est-elle efficace ?

N’oublions pas, même si certains s’y efforcent, ce qui s’est passé en 2010. La France est un des pays européens où la mobilisation sociale a été la plus imposante avec des millions de manifestants. Cela a laissé des traces. De nombreux électeurs se détermineront en 2012 en fonction du bilan et des propositions sur le terrain économique et social.

Pourquoi croyez-vous que le gouvernement a dégainé sa prime indexée sur les dividendes ? Pour essayer de remonter le terrain perdu en matière sociale, avant une rentrée placée sous le signe de l’austérité avec les restrictions budgétaires, les 2 milliards d’économies sur la Sécurité sociale, l’autre journée de solidarité, etc.

Et je ne vois rien du côté du dialogue social avec le patronat qui puisse compenser un tant soit peu cette politique ! La négociation nationale interprofessionnelle nous semble de plus en plus artificielle : il n’y a qu’à voir le sort fait aux jeunes. L’accord du 7 juin ne comporte aucun engagement supplémentaire des entreprises.

- Que pensez-vous de l’idée de M. Luca d’interdire les grèves pendant les départs en congés ?

Il devrait interdire aussi les licenciements, les restructurations et les mauvaises lois pendant les congés !

- Qu’est-ce qui marquerait une rupture avec le sarkozysme ?

La manière d’exercer le pouvoir. J’ai tout de suite compris qu’il y aurait un problème récurrent avec le chef de l’Etat dès qu’il a expliqué que c’était un job, autrement dit qu’il avait les pleins pouvoirs. Une élection ne confère pas les pleins pouvoirs. Il faut gouverner autrement, notamment en instaurant d’autres rapports avec les représentants des salariés. Une majorité de gauche peut être plus sensible à cette nécessité. Même si je sais par expérience que les partis de gauche pensent intégrer le point de vue syndical, alors que cela n’a rien d’automatique.

Les élus politiques devraient aussi faire respecter le droit constitutionnel qui protège la liberté syndicale dans les entreprises. Les atteintes à ce droit restent un fléau récurrent.

-  La CGT va-t-elle donner des consignes de vote pour la présidentielle ?

Nous n’avons pas décidé ce que nous ferons. Mais il est peu probable que M. Sarkozy trouve la masse de ses voix parmi nos adhérents.

- Irez-vous jusqu’au congrès de Toulouse au printemps 2013 ?

Le mandat de la direction confédérale continue jusqu’à cette date. Pour la suite, nous en discuterons en interne le moment venu.