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Publié le mardi 13 mars 2018
En direct de l’institutionnel

La Commission européenne attend de voir comment l’évaluation du soutien français à l’innovation se traduira en actes



"Les progrès pour améliorer l’efficacité des systèmes de soutien public à l’innovation ont été limités : ceux-ci ont été évalués mais la façon de traduire ces résultats en actes reste à déterminer."
Telle est l’analyse formulée par la Commission européenne dans le rapport dédié à la France dans le cadre du Semestre européen, l’outil de coordination des politiques économiques des États membres, paru le 7 mars 2018.
En mai dernier, elle avait en effet demandé à la France de "simplifier son système de soutien public à l’innovation" et de "le rendre plus efficace". Pour la Commission, le transfert de connaissance entre le domaine public et les entreprises en France "reste un défi" et "peut encore être promu".
Le capital humain et l’attractivité du système de recherche figurent parmi les "forces relatives" de la France, "même si les collaborations entre les acteurs de l’innovation restent faibles".
Si la France a augmenté sa part du PIB investi dans la R&D depuis 2007, celle-ci "n’est toujours pas au niveau des meilleurs acteurs de l’UE et stagne depuis 2012". En conséquence, sa performance d’innovation "reste en dessous de celle des leaders européens", note la Commission européenne dans son rapport paru le 7 mars 2018.
Aussi attend-elle de voir si les résultats de l’évaluation des schémas de soutien public à l’innovation "conduiront à une réponse politique suffisante pour améliorer la performance globale du système".

La Commission pointe en outre la nécessité de renforcer les liens entre la recherche publique et les entreprises. "Des structures existent pour permettre le transfert des idées du monde académique vers de nouvelles entreprises et pour aider les sociétés à sous-traiter leur recherche à des institutions de recherche publiques. Cependant, l’efficacité de ces structures pourrait être améliorée." Cette faiblesse des coopérations entre les secteurs académique et industriel "est particulièrement visible dans le faible niveau de R&D publique financée par les entreprises", lequel "représente seulement 67 % de la moyenne européenne".

Pour les auteurs, une augmentation du financement sur projets via l’ANR "peut contribuer à promouvoir les thématiques de recherche publique plus proches des besoins des industriels et donc plus susceptibles d’être utilisés par les entreprises". Ils relèvent par ailleurs que l’incitation en direction des chercheurs à passer vers le secteur privé "reste un défi".
En outre, "la part de valeur ajoutée produite par les entreprises de moyenne-haute technologie est de façon significative en dessous de la moyenne européenne", relève la Commission qui constate en outre une baisse depuis 2007. "Cette tendance affecte la capacité d’innovation de la France en particulier dans la mesure où l’intensité de R&D dans ces secteurs est très élevée. L’intensité de la R&D française se classe troisième dans la production de moyenne-haute technologie et première dans la production de haute technologie."

La situation des start-up "s’améliore mais la montée en échelle reste un défi". "Plusieurs initiatives publiques et privées ont été prises pour renforcer les start-up", notent les auteurs qui citent la French Tech et la Station F. "La part des nouvelles entreprises dans les secteurs à haute intensité de connaissance augmente mais il n’y a toujours pas assez de capital-risque pour permettre aux entreprises à croissance rapide de croître et de rester en France. Le montant de capital-risque reçu par les sociétés françaises, rapporté au PIB, place la France en 4e position en Europe devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le financement public (principalement via Bpifrance) "joue un grand rôle dans le marché français et il n’y a pas beaucoup de fonds qui ont une capacité suffisante pour investir dans de gros projets".

Source : AEF.