mis à jour le 16 mars 2012

Publié le lundi 16 janvier 2012
Emplois industriels et réindustrialisation

La CGT lance une campagne



La CGT lance une nouvelle campagne pour l’emploi industriel et la réindustrialisation qui va se traduire concrètement par un diagnostic de la situation de désindustrialisation sans précédent que connait le pays.

Mohamed Oussedik, dirigeant national de la CGT a présenté cette nouvelle campagne lors d’une conférence de presse le 16 janvier 2012.

Conférence de presse Introduction de Mohamed Oussedik

Un bilan assez catastrophique :
- En cinq ans, l’emploi industriel a reculé de 300 000 emplois en induit,
- L’emploi industriel représentait 30% en 1960 et il représente plus que 11% aujourd’hui,
- Le niveau de la production industrielle en 2011 n’a toujours pas atteint celui de 1997,
- L’industrie manufacturière ne représente plus que 10% de l’économie totale,
- La balance commerciale du secteur industriel manufacturière est déficitaire de 50 milliards d’euros alors qu’elle va dépasser les 150 milliards d’excédents en Allemagne.

Par nos propositions, en rupture avec les mesures prises ces dernières années et qui ont conduit à creuser les déficits, à l’explosion du chômage total et à celui des séniors et des jeunes, à l’appauvrissement des ménages et des territoires, à la déqualification de l’économie française.

Par des mobilisations avec déjà le 18 janvier et ses suites dans les entreprises bien sûr comme ARCELOR, GOOD YEAR, PETROPLUS, M’REAL, FONDERIE DU POITOU, FRALIB mais aussi dans les régions et nationalement en mars prochain.

Nous publierons dès le mois de février notre livre CGT pour l’emploi industriel et la réindustrialisation. Les faux débats autour du label "Made in France", du prétendu coût du travail trop élevé, des salariés qui ne travaillent pas assez en comparaison de leurs homologues européens et allemands, d’un code du travail trop rigide rendent indispensable que les salariés avec la CGT s’expriment pour rétablir la vérité, arrêter la spirale infernale, austérité, chômage et porter nos propositions, seules alternatives à la réindustrialisation, à l’emploi et à la croissance.

Nos propositions reprennent les 5 axes que nous avions proposés lors des états généraux de l’industrie et que nous avons tenté de concrétiser à la Conférence Nationale de l’Industrie et dans les 12 Comités Stratégiques de Filières.

Force est de constater que le rapport qui sortira des travaux de la CNI ne font que reprendre les revendications patronales notamment celle du MEDEF. Si c’était le cas, alors la CNI n’aurait plus de raison d’être car elle se détournerait de ses principales missions : Un rapport annuel objectif sur l’état de l’industrie et les préconisations pour développer l’industrie et l’emploi industriel.

Nos propositions vont du financement de l’industrie à une meilleure évaluation des fonds publics, de nouveaux droits d’intervention sur les choix stratégiques d’entreprises pour les salariés.

Dans une période de crise comme celle que nous traversons, il est urgent de rompre avec les politiques qui nous y ont menés : baisse des salaires, attaques contre les services publics, la protection sociale, dérégulation et encouragement à la spéculation financière.

Standard & Poors dans son argumentation explique les dégradations des notes des pays de la zone euro, dont la France, par les dangers des mesures d’austérité prises en Europe. Alors que tout justifie une relance de la croissance par plus de salaire et de pouvoir d’achat, le pouvoir actuel prépare de nouvelles taxes et de nouvelles mesures d’austérité. Alors que tout justifie plus de sécurité pour les salariés, le patronat plaide pour un contrat emploi contre baisse des salaires, emploi contre temps de travail.

La CGT loin de nier la crise actuelle a fait des propositions concernant le chômage partiel, propositions rejetées par le patronat. L’irresponsabilité du MEDEF dans cette période est lourde de conséquences pour les millions de salariés, de chômeurs et leurs familles, pour des milliers d’entreprises également.

Alors que le MEDEF et le pouvoir portent largement la responsabilité des crises successives, ce sont les salariés, les chômeurs et les retraités qui sont appelés une fois de plus à payer l’addition sociale.

Dès le 18 janvier 2012, nous les appelons à s’inviter dans cette campagne par la mobilisation.

Le 18 janvier, c’est aussi le jour du sommet anticrise, social, etc. Les mesures annoncées et les pistes laissent entrevoir un sommet accélérateur de la crise.

Les mesures préconisées sont loin de répondre aux attentes des salariés de l’industrie et les autres. Les salariés qui vivent mal la stigmatisation dont ils sont l’objet en permanence, le mal au travail.

C’est pourquoi la CGT revendique que le travail soit au cœur des politiques publiques, que les investissements soient orientés vers l’amélioration des conditions de travail, et la reconnaissance de la pénibilité par la prévention et par les départs anticipés en retraite.