Ils ont toute leur place dans la CGT. Mais encore faut-il les convaincre pour qu’ils adhèrent. En commençant par être à l’écoute de leurs attentes.
Un article de Cyrielle Blaire
C’est indiscutable. La CGT, comme les autres centrales syndicales, prend un sérieux coup de vieux. D’ici dix ans, un militant sur deux sera parti en retraite. Et la relève ne suit pas. Seuls 3% des nouveaux syndiqués ayant adhéré depuis le début de l’année à la CGT avaient moins de 26 ans. Les sondages soulignent pourtant que les syndicats ont la cote chez les jeunes : 68% disent avoir une bonne opinion à leur égard (BVA, 2008) ! Et les manifestations anti-CPE ont fait la démonstration que la jeunesse était prête à s’engager massivement dans des combats auxquels elle croit. Pourquoi alors les jeunes salariés ne franchissent-ils pas le pas de la syndicalisation ?
Un premier élément de
réponse tient à la précarité
des jeunes qui arrivent sur
le marché de l’emploi. « Ils se
disent qu’ils adhérero n t
quand ils auront trouvé un emploi
durable », résume la politologue Sophie
Béroud. Sauf qu’entre les stages, les
missions d’intérim et les CDD à répétition,
cette stabilisation peut prend re
des années. Mais cette insécurité n’est pas la seule
explication. Le décalage générationnel
est aussi en cause. « Le jargon des dirigeants
et leur éducation politique, leur
rapport à la communication les éloignent
des jeunes, avance le sociologue
Michel Vakaloulis. À la CGT, on parle
“d’axes revendicatifs centraux”, mais les
jeunes préfèrent se mobiliser sur un
“ projet” ! ».
Le syndicat ne parle à l’évidence
pas le même langage que la jeunesse.
« Quand ils lisent nos tracts, ils
nous disent : ça nous intéresse mais on
ne comprend rien », pointe Yucel
Basarslan, secrétaire de la Fédération
du commerce.
L’intérêt est bel et bien là. Sous conditions.
Car la nouvelle génération n’est
pas disposée à entrer en « religion » . « Ils
ont peur d’être formatés et se méfient de
la “ligne” ou de l’idéologie. S’ils adhèrent,
ce n’est pas non plus pour se sacrifier
ou faire de la figuration mais dans
une visée d’autoréalisation ! » a ffirme
Michel Vakaloulis.
Les syndicats doivent aussi être
audibles sur des sujets sociétaux qui
interpellent ou concernent
directement la jeunesse.
Comme le racisme, la guerre
ou l’écologie… « Nous ne
devons pas hésiter à nous
attaquer à des champs en
marge du travail salarié que
sont les stages, le logement et
les modes de garde. Les collectifs
Génération précaire ou
Jeudi noir l’ont fait.Pourquoi
pas nous avec notre force de
mobilisation ? », insiste
Fabrice Hallais du collectif
jeunes diplômés de l’Ugict
(cadres). « Et il faut que nous allions à
la rencontre des jeunes sur les forums
emploi et dans les universités ».
Car les jeunes, sous-informés sur leurs
droits, attendent que l’on aille vers eux,
et pas le contraire. « Des jeunes cadres
nous disent qu’ils aimeraient bien se syndiquer
mais qu’on ne leur a jamais proposé
», note Caroline Blanchot, du collectif
jeunes diplômés de l’Ugict.
Une interview d’Agnès Naton, secrétaire de la CGTPourquoi la
syndicalisation des
jeunes est-elle une
priorité pour la CGT ?
Pourquoi la CGT ne
progresse-t-elle pas
chez les jeunes ?
Comment s’adapter
alors pour répondre
à cet enjeu ?
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Vos droitsSait-on que 49 % des étudiants ont un travail salarié ? Depuis les mobilisations anti-CPE, un partenariat s’est noué entre l’Unef, le syndicat majoritaire chez les étudiants, et la CGT. L’UNEF a édité avec les syndicats CGT, CFTC,FO, Unsa et FSU un guide à l’intention des étudiants pour leur faire connaître leurs droits et les aider à les défendre www.unef.fr. |