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Air France

Grève pour l’emploi et contre le Plan B

vendredi 2 octobre 2015 , par Sabine Ferry

Le verdict tombera le 5 octobre, au cours d’un Comité central d’entreprise. La direction d’Air France donnera aux représentants syndicaux les détails de son « Plan B », qui vient d’être annoncé au conseil d’administration Air France-KLM. Ce même jour, les personnels seront en grève, à l’appel de la CGT, de FO et de l’Unsa.

Le « plan B » consiste à réduire la flotte de 10% ainsi que les effectifs, en 2016 et 2017.

Après avoir subi les conséquences du plan Transform 2015, notamment la surpression de 5500 emplois, le gel des salaires, la perte de jours de repos, les personnels de la compagnie aérienne sont donc confrontés à de nouvelles annonces moroses.

Jeudi 24 septembre, les syndicats avaient voté le principe d’un droit d’alerte économique, afin de protéger les salariés face à ce projet d’attrition qui prévoit donc 2900 licenciement mais aussi des redéploiements, des mutations, qu’elles soient volontaires ou non, ainsi que des efforts de productivité demandés aux salariés.

Une stratégie d’attrition dont, « on peut craindre la disparition d’Air France », prévient Mehdi Kémoune, de la CGT Air France. La flotte tricolore « deviendrait une compagnie de seconde zone et à terme mourrait à petit feu », ajoute-t-il.

Une grève est donc prévue le 5 octobre dont le but est de mettre un coup de pression et de lancer un avertissement à la direction : « pas question, insiste le syndicaliste, qu’il y ait le moindre licenciement. L’entreprise a toutes les capacités de se développer ».

La logique d’attrition engendrerait la coupe des rotations, la suppression de vols sur certaines destinations, ce qui générera de fait un sureffectif et l’abandon de lignes qui seront reprises pas les concurrents.

Or, affirme Mehdi Kemoune, si on met en place les nouveaux avions qu’on demande depuis un certain temps, c’est à dire les Boeing 787 et les A350, 20% d’économie pourraient être réalisés par ligne.

Les organisations syndicales appelant à la grève lundi réclament qu’une stratégie de développement soit déterminée avec l’ensemble des acteurs gouvernement-direction-organisations syndicales, que des mesures de productivité soient prises et qu’il y ait un engagement sur le maintien de l’emploi.