Malgré tout, pour celles et ceux qui ont quitté de manière précoce le milieu scolaire, souvent sans diplôme, ce sont des années de galère qui les attendent à la frontière du salariat, avant d’accéder au premier emploi. Ils vont ainsi le plus souvent de contrat précaire en contrat précaire. Les jeunes ouvriers et employés subissent une précarité intense avec de très bas salaires, des conditions de travail et de vie indécentes.
La CGT propose de mettre en place un système de garanties afin que les salariés, jeunes et moins jeunes, puissent s’épanouir et s’émanciper par le travail en déroulant sereinement une véritable carrière professionnelle.
Cette série de propositions vise à
créer un « nouveau statut du travail
salarié ».
À l’identique du statut social de
l’étudiant, nous proposons donc
que chaque salarié bénéficie d’un
statut du travail salarié : un socle
de droits individuels garantis
collectivement, opposable à tout
employeur et transférable d’une
entreprise à l’autre, d’une branche
à l’autre. Ces droits garantiraient la
continuité et la progressivité des
droits au salaire, à la formation, à
la protection sociale... en clair, une
sécurité sociale professionnelle.
Ces droits universels permettraient des passerelles de la formation initiale à l’entreprise, en intégrant le droit à la formation tout au long de la vie, levier indispensable au projet de la personne, à la réussite de son parcours, au choix de mobilité, au changement d’orientation professionnelle, à une vraie égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes. L’idée est de conserver son ancienneté, ses droits à la protection sociale et ne pas repartir à « zéro » comme aujourd’hui lorsque vous changez d’employeur, de contrat de travail, quels que soient les aléas de la carrière professionnelle.
La jeunesse au travail est trop souvent victime de situations de travail dégradée. La fréquence des accidents du travail grave voir mortel reste à des niveaux très élevés. Ces constants imposent des transformations profondes dans l’organisation du système de santé au travail avec une mise en priorité absolue : la prévention des risques professionnelles de la jeunesse.
C’est ce renversement que la
CGT porte avec ces propositions
de réforme de la médecine du
travail et de l’activité des services
prévention de la sécurité sociale.
La sécurité sociale ayant vocation
et mission de tenir fermement les fils qui relient santé au travail
et santé publique, gage d’une
prise en compte globale du jeune
travailleur.
À ce stade, d’autres partenaires
de la prévention sont appelés à
relever les défis de la santé : les
complémentaires maladie. En
premier lieu, les mutuelles qui
en priorité absolue doivent se
tourner vers les jeunes avec des
contrat accessibles bien sûr, mais
aussi par des engagements sur
le terrain de la prévention des
risques et de l’éducation à la santé.
Cette dynamique du positif peut et doit se déployer dans les entreprises où, là encore, c’est dans et par une approche globale des besoins qu’un saut significatif dans la réduction des inégalités sociale et de santé sera enfin amorcé.
Les jeunes femmes, comme leurs aînées, souffrent de nombreuses discriminations. Généralement, elles ont de meilleures performances dans leur scolarité. Mais au moment de l’embauche, elles sont discriminées notamment en ce qui concerne le salaire. Le salaire moyen des femmes est 20 % plus bas que celui des hommes.
L’ensemble des jeunes, femmes et hommes, se trouve dans des situations discriminatoires qu’il s’agisse des conditions du contrat de travail (embauches plus fréquentes en CDD) ou du salaire. Généralement mieux formés, les jeunes souffrent souvent d’un déclassement, leur salaire ne correspondant pas à leur formation.
Les jeunes issus de l’immigration, notamment maghrébine et subsaharienne, souffrent de surcroit des inégalités d’accès à l’emploi : un accès à l’emploi plus lent, un accès à l’emploi à durée indéterminée moins fréquent, davantage de passages par des contrats aidés.
Les jeunes sont aussi discriminés en fonction de leur origine sociale. Ils sont davantage orientés vers les filières courtes et professionnelles ; ils sont plus fréquemment non diplômés ; ils échouent plus souvent dans l’enseignement supérieur.
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