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Publié le mercredi 7 mars 2018
Négociations sur l’encadrement

En quoi les négociations sur la « notion d’encadrement » sont déterminantes



La suppression de la caisse de retraite complémentaire des cadres, l’Agirc, invite les partenaires sociaux à redéfinir la « notion d’encadrement ». Des négociations se tiennent jusqu’en avril 2018. Alors que le Medef souhaiterait s’en passer, la CGT ne veut pas que ces négociations passent à trappe, car elles représentent tant un enjeu individuel que collectif.

Marie José Kotlicki, secrétaire générale de l’Ugict, nous explique dans la vidéo ci-dessous pourquoi il y a des négociations du statut de l’encadrement :


Pour une définition de l’encadrement au sens large
Le Medef souhaiterait cantonner la définition de l’encadrement aux seuls cadres de commandement, alors qu’au contraire, la CGT considère qu’il faut y inclure toute la diversité actuelle de l’encadrement au sens large (cadres sup, managers de proximité, cadres technico-commerciaux, ingénieurs, personnels de haute technicité, experts...).

Pour un périmètre d’application national
Afin d’éviter les inégalités de traitement et le risque de dumping social sur le dos des salariés qualifiés, il faut que la définition de l’encadrement et les protections qui en découlent s’appliquent quels que soit l’entreprise, la branche ou le territoire où exercent les personnels concernés.

Avec des droits, protections et garanties spécifiques
Mobilités professionnelles et géographiques, prévoyance, classifications, salaires, temps de travail effectif, marges de manœuvre, autonomie, exercice des responsabilités... Les conditions de travail et de déroulement de carrière de l’encadrement pourraient changer du tout au tout selon la définition retenue : les droits de l’encadrement seront soit valables de manière interprofessionnelle, soit à géométrie variable, branche par branche.

Ainsi, ces négociations auront pour but de délimiter un statut qui reconnait l’expertise et la technicité, en relégitimant le rôle de l’encadrement au sein du collectif de travail et en tirant vers le haut les grilles de salaire. Marie-José Kotlicki nous expose les enjeux et les objectifs de ces négociations dans la vidéo ci-dessous :


Pour des droits individuels et des garanties collectives
La CGT porte le projet d’un nouveau statut du travail salarié qui couvrirait l’ensemble des composantes du salariat. Avec l’Ugict, les ingés cadres techs CGT conçoivent le statut de l’encadrement comme un chapitre de cet ensemble de protections, notamment pour briser l’isolement de ces catégories, modifier les rapports sociaux dans l’entreprise et la conception de la hiérarchie.

Pour être professionnellement engagés et socialement responsables
Les employeurs nourrissent souvent la division entre les composantes du salariat, notamment pour occulter la domination des stratégies financières. L’encadrement est directement mis sous pression, sans pouvoir intervenir sur ces orientations. Dans le même temps, sur le champ de la santé, de la qualité de vie au travail, les entreprises ne se privent pas d’organiser leur impunité juridique en déléguant leur responsabilités, y compris pénales, sur les personnels d’encadrement.
Il s’agit de changer les rapports sociaux dans l’entreprise, de définir de nouveaux objectifs, en particulier en matière de satisfaction des besoins économiques, environnementaux et sociaux, et de rompre avec les logiques de rentabilité maximale et immédiate.

Pour une protection sociale solidaire
Ni catégoriel, ni corporatiste, ce statut permettrait d’arrimer l’encadrement au salariat en lui garantissant en outre une protection sociale d’un niveau identique à celui dont bénéficient les non-cadres. Supposer au contraire que les personnels d’encadrement devraient souscrire des garanties auprès des assurances privées reviendrait à exclure cette population du champ de la Sécurité sociale, mettre en péril son financement, et donc son efficacité.

Les négociations sur la notion d’encadrement sont déterminantes : les qualifications doivent être reconnues et payées !