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Publié le mercredi 20 septembre 2006

Déclaration commune sur la situation au Proche-Orient : CGT, FSU, Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement de la Paix



La guerre du Liban, ses conséquences, et la situation en Palestine ont soulevé légitimement l’indignation et la réprobation.

Ces événements concernent, certes, les peuples, libanais palestiniens et israéliens mais s’inscrivent aussi dans un cadre régional où l’Irak occupé est ravagé par les affrontements et où sévissent des régimes autoritaires. Les peuples du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient subissent ainsi des situations de violence et de déni de démocratie qui ont des répercussions dans le monde entier, et en particulier, en Europe.
Face à l’émotion que chacun peut ressentir, nos organisations, attachées au rétablissement de la paix et de la démocratie et soucieuses du respect et du développement des droits économiques et sociaux des peuples entendent rappeler les principes sur lesquels elles fondent leur solidarité avec tous les habitants de cette région du monde.

Nous voulons, tout d’abord, réaffirmer avec force notre condamnation de toutes les attaques contre les populations civiles. Rien ne peut justifier de telles violations du droit humanitaire international d’où qu’elles viennent et quels qu’en soient les prétexte.

De la même manière que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes exige que le peuple palestinien puisse accéder à son indépendance et à la création d’un Etat, dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité,et du droit à l’existence d’Israel La poursuite de la colonisation en Cisjordanie, le mur qui annexe des territoires palestiniens et le sort que connaissent les habitants de Gaza constituent un déni du droit des peuples à exister. La prise d’otages que représente l’arrestation de députés et ministres palestiniens, tous membres d’institutions démocratiquement élus révèlent une négation de l’expression politique légitime des Palestiniens ainsi qu’une attitude empreinte d’arbitraire. Le sentiment d’injustice que cette situation provoque ne peut que perpétuer le cycle de violences auquel nous assistons.

La guerre menée au Liban a entraîné des destructions considérables dans les infrastructures et plus de mille morts civils. Elle s’assimile à une véritable punition collective infligée au peuple Libanais.

Les bombardements subis par la population civile israélienne, tout aussi condamnables, ne peuvent en aucun cas justifier ce que le peuple Libanais a subi.

Aucune situation de force, aucune action militaire n’est de nature à permettre une résolution de ces conflits. Tout au contraire, c’est par la négociation et le respect des droits des peuples et des droits de l’Homme, que pourront se dégager les moyens d’assurer une paix durable.

Au Liban, nous appelons à la levée immédiate du blocus dont ce pays est l’objet et au respect de ses frontières et de ses institutions. Le Conseil de Sécurité doit faire respecter le cessez-le-feu au besoin sous la menace de sanctions à l’égard de la partie qui le viole. La communauté internationale doit offrir au Liban les moyens de sa reconstruction.
Nous demandons que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies confie à Mme le Haut-Commissaire chargée des droits de l’Homme le soin de mener une enquête internationale sur les crimes de guerre qui ont été commis à l’encontre des populations civiles libanaises et israéliennes, quels qu’en soient les auteurs, ainsi que sur l’utilisations d’armes prohibées (mines, armes à sous munition…). Les auteurs de ces crimes doivent être sanctionnés et les victimes dédommagées.

En Cisjordanie et à Gaza, le gouvernement israélien doit cesser ses actions militaires et mettre un terme au blocus de fait qu’il impose. Une force d’interposition doit permettre d’assurer la sécurité de ces territoires palestiniens et des frontières d’Israël Nous entendons souligner la responsabilité de la communauté internationale dans la mise en œuvre de ces mesures. La politique déséquilibrée qu’elle mène depuis des décennies, l’unilatéralisme des U.S.A., l’alignement de certains membres de l’Union Européenne sur ce pays, dont il résulte une impuissance coupable de l’Europe, ne peuvent qu’alimenter les ferments de révolte et renforcer les régimes les plus autoritaires de la région et les groupes les plus extrémistes. Les autorités israéliennes ne peuvent qu’être confortées dans leur politique de force aveugle.

Nous demandons le rétablissement de l’aide européenne à l’Autorité palestinienne. Nous appuyons la demande réunir une conférence internationale qui prendra en charge l’ensemble de ces problèmes, y compris le désarmement nucléaire de cette région du monde, conformément aux engagements du Traité de non prolifération.
En s’appuyant sur ces principes, nous sommes convaincus que les sociétés civiles, les associations et syndicats de tous les pays concernés,notamment celles de l’Europe, peuvent contribuer efficacement à la construction d’une paix fondée sur la Justice et la démocratie. Nous nous engageons à y contribuer.

C’est sur la base de ce texte que la CGT appelle ses organisations à participer aux manifestations :

Le Samedi 23 septembre 06

Pour la région parisienne, la manifestation se fera sous la banderole :

Palestine, Liban

Non à l’occupation

Pour l’application du droit

Place du Châtelet à 15h 30