Les agences de notation ne sont pas une nouveauté. Elles existent bien depuis plus d’un siècle.
Les premières agences de notation sont nées au XIXe siècle. A l’origine, leur action consiste à fournir des informations sur la situation financière des entreprises. Leur champ d’action s’élargit par la suite, pour concerner les entreprises de services publics travaillant pour les collectivités (public utilities), puis les Etats (« dettes souveraines »).
Dans les années 1970, au fur et à mesure que le libéralisme économique gagne du terrain, les économies sont libéralisées, déréglementées. En particulier, la déréglementation du système bancaire et la baisse de la part des crédits bancaires dans le financement des économies en général, et des entreprises en particulier, faciliteront le développement des marchés financiers.
En France, dès 1973, une réforme du statut de la Banque de France encadre les possibilités de financement de l’État par la Banque de France. Puis, en 1992, l’article 104 du traité de Maastricht (aujourd’hui devenu l’article 123 du Traité de Lisbonne) interdira tout financement de l’État ou de toute autre collectivité publique par la banque centrale. Entre-temps, les réformes néolibérales des années quatre-vingt auront réorganisé le marché de la dette publique pour y faciliter les opérations spéculatives.
La crise de la dette du tiers monde et le « plan Brady », du nom du ministre américain de l’Economie et des finances, ouvrent un nouvel espace pour les agences de notation : elles sont sollicitées pour soutenir le FMI dans l’évaluation des pays endettés, éligibles à la réduction de leur dette contre l’application des programmes dits « d’ajustement structurel » dictés par le FMI.