Pour la CGT, la crise s’explique avant tout par une rémunération du capital disproportionnée et une rémunération du travail toujours plus faible. Il est donc urgent d’augmenter les salaires, reconnaître les qualifications et en finir avec les formes aléatoires de rémunrétaion.
Le chantage à l’emploi est un moyen de pression du patronat pour s’opposer aux demandes légitimes des salariés lors des négociations salariales. Aujourd’hui quatre chômeurs sur dix sont indemnisés, la moyenne d’indemnisation des privés d’emploi est d’environ 950 euros en Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) et 460 euros en Allocation de Solidarité Spécifique (ASS).
Le patronat profite du chômage massif pour peser sur les salaires. C’est aussi vrai pour ce qui est du recours à la précarité dans les entreprises. Aujourd’hui 60 % des embauches sont des CDD de moins d’un mois. Le temps partiel imposé, les contrats aidés, le Revenu de Solidarité Active (RSA), tirent les salaires vers le bas. La CGT revendique une augmentation significative du SMIC (3,4 millions de salariés concernés) et des indemnités chômage permettant ainsi de tirer les salaires vers le haut.
Cadres et techniciens : La CGT proposeUn salaire minimal à l’embauche, égal au plafond de la Sécurité sociale, soit 2 946 € en 2011, base de cotisation cadre. Le plafond de la Sécurité sociale pour les cadres est une référence commune et interprofessionnelle qui parle aux intéressés, qui peut aider à contester la faiblesse des revalorisations salariales ainsi que l’individualisation des politiques salariales. |
La situation des retraités en terme de pouvoir d’achat traduit les inégalités dont ils ont été l’objet durant toute leur vie active et les accentue. La moyenne des pensions aux environs de 1 200 € pour les hommes, 900 € pour les femmes, met en évidence tout à la fois la faiblesse des revenus des retraités et les inégalités liées au sexe. Au-delà de la perte de pouvoir d’achat due au faible niveau du salaire de remplacement lors de la liquidation de la pension, la désindexation des pensions sur le salaire depuis la réforme Balladur de 1993 et leur indexation sur l’Insee se chiffre aujourd’hui par un retard de plus de 20 % par rapport au salaire moyen. Les lois Fillon allongeant la durée de cotisations requises pour une retraite pleine et entière ont encore accentué cette perte de pouvoir d’achat.
Il n’est pas acceptable que les retraités, sous prétexte qu’ils représenteront bientôt un tiers de la population globale soient désignés comme un fléau pour notre société. Durant toute leur activité, ils ont contribué à créer des richesses et ont financé les retraites de leurs aînés ; il n’y a donc aucune raison qu’ils fassent les frais d’une crise dont ils ne sont nullement responsables.
Les retraités contribuent aussi largement à la vie sociale et associative et ne peuvent en aucune façon être considérés comme une charge. C’est en ce sens que les intentions gouvernementales et patronales d’exclure le financement de la perte d’autonomie de la couverture solidaire de la sécurité sociale et de la faire financer par les malades (dont beaucoup de retraités) et leurs familles sont purement inadmissibles. Les conséquences des conditions de vie et de travail apparaissent aussi à la retraite et les entreprises ne peuvent donc se soustraire à leurs obligations de prise en charge. Les retraités sont aussi des consommateurs et de ce fait, le niveau des pensions est un élément important pour la croissance du pays.
Il n’y a donc pas de clivage entre les revendications des salariés, qu’ils soient actifs, privés d’emploi ou retraités. Les retraités partagent l’idée que l’avenir de notre société passe par le plein emploi, des salaires de haut niveau et une autre répartition des richesses produites. C’est la seule voie crédible pour financer les retraites et plus largement la protection sociale.