mis à jour le 19 décembre 2014

Condamnation du Docteur Canarelli

Au nom de la logique sécuritaire

mercredi 19 décembre 2012 , par F. Dayan

La condamnation, à un an de prison avec sursis du docteur Danièle Canarelli, psychiatre à Marseille pour n’avoir pas pu prévoir et donc empêcher un acte commis par un de ses patients soulève l’indignation et l’inquiétude parmi les professionnels de santé.

Ainsi, dans un communiqué, la fédération CGT de la Santé et de l’action sociale interroge : Au nom de la logique sécuritaire, peut-on reprocher aux soignants de ne pas employer la force ?
Peut-on condamner des décisions diagnostiques et thérapeutiques sans criminaliser le choix de telle ou telle pratique professionnelle ?
La responsabilité des soignants, comme de tout justiciable, ne peut être engagée que si la conséquence de ses actes est prévisible. Reprocher le manque de prévisibilité d’une évaluation clinique relève donc de la pensée prélogique, selon laquelle toute décision doit être prise en connaissant à l’avance le futur !"
La fédération rappelle qu’en psychiatrie, "aucune certitude scientifique ne peut justifier le renoncement à la préservation du lien thérapeutique et à la recherche de l’adhésion du patient." Et la CGT Santé Action sociale s’inquiète de ce qu’il faille "encore se battre contre la tendance démagogique qui a besoin de trouver des boucs émissaires dans tout drame humain."

"Il est important de dire que ce jugement, au delà de toute défense corporatiste, concerne tous les soignants et porte atteinte à notre conception de la psychiatrie, qui doit être avant tout humaniste.
C’est en conformité avec cette conception que la CGT se déclare totalement solidaire du docteur Canarelli"
, conclut la CGT Santé et Action sociale.